Identification

Critiques

Quand les anges tombent, Jacques-Olivier Bosco

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Jeudi, 20 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, Polars, La Une Livres, Roman, Jigal

Quand les anges tombent, Jigal Polar, septembre 2014, 328 pages, 19,00 € . Ecrivain(s): Jacques-Olivier Bosco Edition: Jigal

 

Jacques-Olivier Bosco, dans une interview début 2014 au salon du polar de Drap, après la sortie de son roman Loupo, avait déclaré, en parlant de ses projets littéraires : Et puis je travaille sur un beau roman noir, dans un style plus calme, avec des personnages forts, des enfants et des ados, rien d’extraordinaire pour eux, si ce n’est des déceptions, de la rage et l’envie de vivre « différemment ».

Si l’on compare cette déclaration avec la quatrième de couverture de Quand les anges tombent, on sourit en pensant à ce que l’auteur aurait pu écrire dans un style « plus calme » et sur une intrigue plus banale. À n’en point douter, pour JOB, le « rien d’extraordinaire » se vit dans l’extrême.

« Cinq enfants kidnappés…

Un truand impitoyable, Vigo, dit le Noir, condamné à perpet’ pour le meurtre de gamins qu’il nie farouchement avoir commis…

Un avion en provenance de Russie qui par malheur s’écrase sur une prison…

Lettres à Sade, Collectif

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 19 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Nouvelles, Correspondance, Thierry Marchaisse

Lettres à Sade, Collectif, Lettres réunies et présentées par Catriona Seth, novembre 2014, 139 pages, 14,90 € Edition: Thierry Marchaisse

 

La collection mise en place par les Éditions Thierry Marchaisse est d’un intérêt réjouissant : faire écrire des lettres par des auteurs contemporains à une sommité littéraire, défunte. Ici, Sade. Choisis – ce n’est toutefois précisé nulle part – sur des critères de goût des auteurs eux-mêmes, pour le destinataire, et, pour leur connaissance du sujet, puisque plusieurs d’entre eux ont à leur actif des recherches universitaires ou des livres consacrés à ce « marquis » si particulier. On fait de l’esprit, mais on connaît parfaitement Sade, dans ce petit livre !

Faut-il le dire ; c’est passionnant, et ça se lit d’un trait. Cela donne – en sus – l’envie de revenir à ces livres sulfureux du XVIIIème siècle, le plus libertin, de les découvrir autrement, et, surtout, de voyager dans ce qui est – malgré débats et colloques, de ci de là – un produit littéraire. Peut-être avant tout. Ce qui fait écho, résonance, aussi ; ce qui – hier, et différemment, aujourd’hui – « sourd » de ces écrits, de cette vie, de cette légende. En un mot, « de quoi Sade est-il le nom ? », comme dit l’un de nos auteurs.

Dark Lord, un démon au collège, Jamie Thomson

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 19 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Iles britanniques, Jeunesse, Seuil Jeunesse

Dark Lord, un démon au collège, traduit de l’anglais par Yves Sarda, octobre 2014, 304 pages, 13,50 € . Ecrivain(s): Jamie Thomson Edition: Seuil Jeunesse

 

Une chute sans fin, la douleur puis le choc. Une vérité insoutenable qu’il faut affronter.

Non, ce n’est pas lui, ce gamin humain de 13 ans, à la peau lisse et rose, faiblard et sans panache. Non, cette absence de cornes impressionnantes ou de « crocs jaunâtres pour inspirer la crainte et la terreur », ce n’est pas lui. Lui, Dark Lord, « le Seigneur des Ténèbres », « l’Incarnation du Mal », le Seigneur des Terres Obscures et Maître de « la Tour de Fer du Désespoir ». Et pourtant, Dark Lord doit bien se résigner, le voilà incarné dans un corps humain, privé de ses pouvoirs magiques et de ses Légions d’Effroy, au cœur d’un monde qui n’est pas le sien, suite à un sortilège de son pire ennemi, Hasdruban le Pur.

Les terres du couchant, Julien Gracq

Ecrit par Anne Morin , le Mardi, 18 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Editions José Corti

Les terres du couchant, octobre 2014, 258 p. 20 € . Ecrivain(s): Julien Gracq Edition: Editions José Corti

 

Œuvre de publication posthume, dans ces Terres du couchant, comme dans toutes les œuvres de Julien Gracq, le personnage principal, la fonction narrative, fait montre d’un singulier détachement. Cette fois-ci, rien n’arrive par lui, c’est le guetteur attentif, sans nom, de l’événement, presque un correspondant de presse, ou de guerre.

Cette œuvre, remisée par Gracq, aurait dû prendre place entre Le Rivage des Syrtes, où Aldo appelle l’événement, le provoque, et le Balcon en forêt, où l’aspirant Grange le voit venir à lui.

Comme toujours encore, la richesse stylistique donne vie à un lexique qui s’anime :

« Un instant les souffles se taisaient pour laisser hésiter le point suprême, le rayon vert de la journée d’embellie – un rai miellé coulé au ras du sol qui engluait d’un fil d’or chaque brin de la fourrure soufflée et respirante – puis la fraîcheur tombait en nappe, les ombres dévalaient des haies submergées, couraient maintenant comme une marée ; la campagne se claquemurait. La nuit soudain était là, assise au bord des mares, la jour immobile contre le reflet louche où les bêtes vont boire » (p.58).

Karina Sokolova, Agnès Clancier

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Mardi, 18 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Arléa

Karina Sokolova, janvier 2014, 227 pages, 20 € . Ecrivain(s): Agnès Clancier Edition: Arléa

 

Histoire d’amour


« – Pourquoi tu m’as adoptée ?

– Parce que tu n’avais pas de maman pour s’occuper de toi et que je n’avais pas de petite fille ».

C’est aussi simple que cela l’histoire fusionnelle d’une fillette et de sa mère adoptive.

Le destin de Karina Sokolova, abandonnée quelques jours après sa naissance dans les rues glacées de Kiev, pourrait être dramatique. Mais non !