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Critiques

Un verre de pluie, Martine Rodmanski

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 31 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, La Grande Ourse

Un verre de pluie, octobre 2014, 155 pages , 15 € . Ecrivain(s): Martine Rodmanski Edition: La Grande Ourse

 

 

Paris, de nos jours. Un couple, Claire et Marc. A l’aube de leur premier emménagement, un loft sans portes ni cloisons, lieu d’habitation et de travail ; reflet de leur symbiose, une proximité visuelle et verbale en continu ; puis, leur communion d’âme se dissout peu à peu, absorbée par l’écran de leur ordinateur. Le mouvement a cédé la place au statisme, la parole au silence, un moine trappiste n’y trouverait rien à redire.

« Marc n’éprouve plus le besoin de me maintenir dans son champ de vision et l’écran de son ordinateur suffit à éclairer son existence. Moi-même, je m’immerge dans Internet, et nos journées s’achèvent dans cette absence de relation, ce face-à-face avec un monde virtuel, ce silence qui n’est ponctué que de clics et autres effets sonores synthétiques ».

101 bonnes raisons de se réjouir d’être un garçon, Béatrice Masini et Guillaume Long

Ecrit par Pauline Fouillet , le Vendredi, 31 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse, La Joie de lire

101 bonnes raisons de se réjouir d’être un garçon, septembre 2014, 60 pages, 10 € Edition: La Joie de lire

 

Garçons et filles. Depuis toujours, on cherche à expliquer quelles différences existent entre ces deux sexes. Pourtant, la femme recherche à imposer la parité avec l’homme et montrer que de différences, il n’y en a pas.

C’est d’ailleurs dans un souci de parité que Béatrice Masini a écrit ce quatrième tome de 101 bonnes raisons de se réjouir ; ayant déjà fait paraître il y a 3 ans la même version pour fille.

Cet ouvrage est une espèce non-conformiste qui oscille entre album et bande-dessinée.

Les 101 raisons étant exposées sous forme de vignettes indépendantes accompagnées de petites légendes.

Tout en noir et blanc, dans un style d’illustration journalistique, Guillaume Long offre un humour tout en légèreté et pertinence.

François Villon, Oeuvres complètes en la Pléiade

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 30 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie, La Pléiade Gallimard

François Villon, Œuvres complètes. Edition établie par Jacqueline Carquiglini-Toulet, avec Laetitia Tabard. 910 p. 49,50 € (prix de lancement jusqu’au 31 janvier 2015 42 €) . Ecrivain(s): François Villon Edition: La Pléiade Gallimard

 

Villon à la Pléiade. Peut-on oser dire – tout en saluant hautement cet événement -  qu’on pensait que c’était le cas depuis le premier volume de cette prestigieuse collection ? Hors la boutade, il est vrai que c’est avec François Villon que commence la littérature française moderne. Par sa langue – le français francilien qui est la source principale de notre langue nationale. Par ses thèmes, radicalement modernes : la Mort, la Douleur, la Justice, la Pauvreté, la Jouissance. Par sa sensibilité enfin, à fleur de peau, exaltée, rugueuse. Il y a chez Villon quelque chose de pur, de total, de brut  - avant le polissage – on pourrait l’écrire « poliçage » - du XVIème siècle. Et c’est cet état originel qui en fait le poète le plus moderne qui soit, le frère en Lettres de Baudelaire par exemple.

La préface passionnante de Jacqueline Cerquiglini-Toulet condense tous les mystères qui entourent Villon – et Dieu sait s’il en est ! Jusqu’à son nom, sa naissance, son enfance, ses méfaits, ses condamnations, sa disparition en 1463 et, bien sûr, sa mort, à jamais d’une opacité parfaite (sauf stupéfiante découverte). Rien n’est sûr autour de Villon quant à sa biographie. Sauf l’essentiel : notre « escholier » fut un jeune homme peu recommandable, probablement assez dangereux à fréquenter.

Le mystère des nombres, Marcus du Sautoy

Ecrit par Olivier Bleuez , le Jeudi, 30 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Iles britanniques, Héloïse D'Ormesson

Le mystère des nombres, traduction de l’anglais par Hélène Borraz, septembre 2014, 352 pages, 23 € . Ecrivain(s): Marcus du Sautoy Edition: Héloïse D'Ormesson

 

À partir de quand peut-on parler de vulgarisation scientifique ? Telle est la question qui n’est pas abordée dans ce livre. Il est difficile de faire de la bonne vulgarisation scientifique (en particulier mathématique) : il faut se placer entre deux extrêmes : celui de ne rien dire sur un sujet complexe et celui de tout dire sur un sujet simple. Pour le premier extrême, on peut prendre l’exemple suivant : « Sans les mathématiques, il n’y aurait pas de téléphone cellulaire ». Une fois que l’on a dit cela, on sent vaguement qu’il y a une bonne dose de vérité dans cette phrase, mais rien n’a été dit sur le lien réel qui existe entre mathématique et smart phone… Pour le deuxième extrême, on peut prendre l’exemple suivant : « quand j’ai compté cinq moutons le matin dans mon pré, je pourrais les recompter le soir pour m’assurer qu’il n’en manque pas ». Une fois que l’on a dit cela, tout est dit, mais alors on ne comprend pas l’accumulation de livres sur le thème « les maths sont partout, les maths sont sympathiques, les maths sont nos amis ».

Cherchez la femme, Alice Ferney

Ecrit par Sophie Galabru , le Jeudi, 30 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Babel (Actes Sud)

Cherchez la femme. Réédition 10/2014. 702 p. 11 € . Ecrivain(s): Alice Ferney Edition: Babel (Actes Sud)

 

A travers un récit transgénérationnel décliné selon deux grandes histoires d’amour, Alice Ferney entreprend un vaste roman et une analyse psychologique du couple, de ses débuts à son délitement. Racontant l’histoire de Serge Korol à partir de la seconde moitié du livre, l’auteur déploie d’abord patiemment celle de ses parents, de leur rencontre, des motivations secrètes, sous-tendu par un principe psychanalytique bien connu : le passé de nos aïeux, et de nos parents pèse de toute sa force sur notre éducation, notre enfance, nos projets, nos désirs, et nos choix.

Dès lors, Alice Ferney revient sur cette première intrigue amoureuse, celle des parents de Serge : Nina Javorsky, fille et petite-fille de mineurs polonais et Vladimir Korol ingénieur de la mine. A travers les lignes, l’auteur entend moins décrire le présent des protagonistes pour ce qu’il est que pour le résultat de facteurs conjugués dont il résulte : nulle vérité romanesque à l’œuvre, mais le décryptage du mensonge romantique à partir du passé des êtres et des désirs qu’il sécrète. La rencontre tend donc vers sa décomposition en éléments simples : désir de s’élever socialement pour Nina Javorsky, désir de transformer un simple désir charnel en un coup de foudre pour Vladimir Korol. L’amour et le couple naissent plus souvent qu’on ne veut bien le dire de ces ingrédients dont on souhaite se cacher la simplicité :