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La Une Livres

Une étrange histoire d'amour, Luigi Guarnieri

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 12 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Actes Sud, Italie

Une étrange histoire d’amour. trad. italien Marguerite Pozzoli. mai 2012. 220 p. 21,80 € . Ecrivain(s): Luigi Guarnieri Edition: Actes Sud

Si vous aimez les vents et marées du grand romantisme, voici un roman, de haute tenue, qui va vous embarquer loin des bonaces !

Le thème pourrait tromper cependant. Les trois héros de cette histoire forment un très classique trio amoureux. Un couple marié, un jeune amant éperdu d’amour pour l’épouse. Mais quand vous saurez les noms des protagonistes vous commencerez à vous douter de la vague tumultueuse qui va s’écraser. Le jeune homme s’appelle Johannes Brahms. Le couple c’est Robert et Clara Schumann !

Le jeune « Hannes », éperdu – tout d’abord – d’admiration pour son maître spirituel, se présente un jour de septembre 1853 au domicile des Schumann. S’en suivra une relation passionnelle incandescente et – nous sommes en pleine époque romantique – destructrice. Maître/élève d’abord, avec les oscillations consubstantielles inscrites dans ce couple de forces : admiration, respect, amour « paternel » et « filial », jalousies, haine. Un déferlement ravageur, qui va emmener les deux hommes dans ses eaux tumultueuses. Et puis, bien sûr, l’amour foudroyant du jeune Johannes pour la belle, l’intelligente, la « royale » Clara Schumann. Elle est alors la pianiste la plus connue dans le monde, adulée, ovationnée, demandée partout et par tous !

Le dernier roi des juifs, Jean-Claude Lattès

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 11 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais, Roman, Julliard

Le dernier roi des juifs, Editions Nil, mars 2012, 305 p. avec les annexes (historique, chronologie, carte), 20 € . Ecrivain(s): Jean-Claude Lattès Edition: Julliard

Le livre ne s’annonce, ni comme un essai, ni comme une recherche historique, ni comme un roman. Au lecteur de décider, ou – c’est probable – de ne pas trancher ; les 3 facettes conviennent parfaitement et font l’originalité et la richesse de cet ouvrage.

Le dernier roi des juifs est tout à la fois ; chacun y puisera des savoirs, un dépaysement, une réflexion sur le monde, à travers la vie classiquement déroulée dans son champ chronologique, de ce Marcus Julius Agrippa, élevé dans les ors romains, proche des plus puissants, descendant d’Hérode, devenu, sur le tard, roi de Palestine et des Juifs de la Diaspora.

Un voyage imaginaire, d’abord, plein de sons, de visions – « au pays de… » ; magnifique film (pas un mauvais péplum) d’où l’on sort, réjoui, réchauffé de la lumière du Palatin, éclaboussé de traversées en galère, avec en bouche, des goûts (« fin du fin, le loir et les tétons de truie nappés de garum »), fasciné par l’arrivée devant Tibériade, frissonnant de  peur dans Alexandrie en proie au pogrom – le premier de toute l’Histoire… émotions, affects, déchaînement des passions dignes des Atrides (et, pas moins de Racine ; on croise Bérénice) ; personnages forts, tous historiques, mais que JC Lattès façonne, manipule, construit en toute liberté ; pas de doutes, on a avec ce livre le « la » du bon roman ; trame, conventions, rythme !

Dénommé Gospodin, Philipp Löhle

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 11 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Langue allemande, Théâtre

Dénommé Gospodin, (traduction All. Ruth Orthman), bilingue Presses Universitaires du Mirail, 2010, 151 p. 13 € . Ecrivain(s): Philipp Löhle

Pièce présentée au festival d’Avignon en 2011 et reprise au théâtre des Ateliers à Lyon en avril 2013. Mise en scène de Benoît Lambert.

 

La pièce de Löhle, aux accents beckettiens, créée à Bochum en 2007 au théâtre unter Tage/ Schauspielhaus, est bel et bien un texte de théâtre. Au seuil du texte, Sie (elle) parle d’un homme à l’abandon du monde : Tja, seine… Welt stand Kopf / Ouais son… monde est sens dessus dessous. Succession de monologues à la manière du chœur antique, portés tantôt par une voix féminine, tantôt par une voix masculine ; dialogues-scènes au nombre de treize que les noirs séparent. Tout se construit autour du drôle de gars qu’est Gospodin (Monsieur en russe) et à qui Greenpeace (« une organisation merdique ») a enlevé son cher lama. Il croise tour à tour des amis, des gens de sa famille qui ne le comprennent pas, et qui eux, s’inscrivent dans la logique sociale de notre époque : Anette, sa petite amie, Andi, le pilote, Norbert l’artiste, Sylvia la bobo… Aux yeux de Gospodin, ils incarnent ce qu’il appelle les petits-bourgeois « die Spiesser ». Ils cherchent à persuader Gospodin à rentrer dans le rang, parfois avec des arrière-pensées cupides mais en vain. Gospodin alors se réfugie dans le sommeil ou le silence.

ETE 2012 : les conseils de lectures de La Cause Littéraire !!

Ecrit par La Rédaction , le Mardi, 10 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres

 

- Karen BLIXEN : La ferme africaine (Folio) (Laurence Pythoud Grimaldi)

- Françoise BONARDEL : Tryptique pour Albrecht Dürer. La conversation sacrée (Ed. La Transparence) (Yannis Constantinides)

- Pierre BOULEZ : Jalons (Bourgois) (Didier Ayres)

- Charlotte BOUSQUET : Venenum (Gulfstream) (Myriam Bendhif-Syllas)

- Serge BRAMLY : Léonard de Vinci (Livre de poche) (Nadia Agsous)

- Philip CAPUTO : Clandestins (Cherche Midi) (Stéphane Vinckel)

- Georges-Olivier CHÂTEAUREYNAUD : L’autre rive (Livre de poche) (Martin Carayol)

- François CHENG : Cinq méditations sur la beauté (Albin Michel) (Robert Notenboom)

- Jean-Loup CHIFFLET : Oxymore mon amour (Chifflet & Cie) (Christian Massé)

- COLLECTIF : Les échanges intellectuels Béjaia-Tlemcen (Djamil Aïssani et Mohammed Djehiche éditeurs) (Nadia Agsous)

J'ai déserté le pays de l'enfance, Sigolène Vinson

Ecrit par Sophie Adriansen , le Mardi, 10 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Plon

J’ai déserté le pays de l’enfance, août 2011, 200 p. 18 € . Ecrivain(s): Sigolène Vinson Edition: Plon

Le pays de l’enfance, pour Sigolène Vinson, c’est Djibouti, terre du premier homme, refuge d’Arthur Rimbaud Une enfance au soleil, à courir sur le sable et la terre sèche, une enfance en noir et or. Une enfance terreau de rêves nobles : quand elle sera grande, Sigolène servira la justice et prendra la défense des plus faibles. Son existence ainsi deviendra destin.

« Je serai quelqu’un de bien, j’assisterai les victimes d’une société marchande, je me bagarrerai pour la défense du service public, je m’attacherai toujours plus au principe d’égalité qu’à n’importe quel autre […] J’aurai une robe d’avocat et je permettrai à des travailleurs précaires de voir leur contrat de travail à durée déterminée requalifié en CDI, j’obtiendrai des rappels de salaire, des rappels d’heures supplémentaires et même des rappels de panier-repas » (pages 47-48).

Quelques années plus tard, voici Sigolène en robe d’avocat. Si l’objectif est atteint en théorie, le rêve est-il pour autant accompli ? « Si la robe est large, pourquoi en-dessous porter un corset ? » Sigolène défend des puissants pour gagner sa vie, et représente gracieusement les nécessiteux pour sauver son âme.

Un jour, au tribunal où elle vient plaider, la narratrice s’évanouit. C’est l’audience de trop. Cette fuite, qui s’accompagnera de quelques jours en hôpital psychiatrique, s’avèrera salvatrice.