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La Une Livres

Prise directe, Eoin Colfer

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 17 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Iles britanniques, Roman, Série Noire (Gallimard)

Prise directe, (Plugged, 2011), Avril 2012, trad. de l’anglais par Antoine Chainas, 309 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Eoin Colfer Edition: Série Noire (Gallimard)

« Jason est le meilleur portier avec qui j’aie jamais travaillé : un mélange rare de puissance, de rapidité, et avec ça, bien plus futé qu’il ne le laisse croire. Il lui arrive d’être distrait et de citer un film de Fellini, avant de donner le change en éclatant un type sur le seuil. Il a ses secrets, comme tout le monde ».

Voilà qui donne le ton de Prise directe. Daniel McEvoy est le collègue de Jason au Slotz, le casino le plus miteux de Cloisters, New Jersey, et c’est lui qui nous raconte la drôle de semaine qu’il vient de vivre. Comme Jason, Daniel a ses secrets : une calvitie qu’il tente de traiter grâce à des implants posés par un médecin exerçant clandestinement, et une brouettée de mauvais souvenirs ramenés de ses années de casque bleu irlandais au Liban. Et pourtant, il n’est pas préparé à voir la serveuse dont il commence à être épris se prendre une balle dans la tête, ni à devoir tuer un mafieux irlandais avec une clé et encore moins à faire équipe avec une inspectrice qui a tenté de tuer sa collègue.

Eoin Colfer nous livre donc un roman noir mâtiné de cet humour à froid qui est devenu la marque de fabrique des auteurs irlandais, de Colin Bateman à Adrian McKinty, en passant par Gene Kerrigan ou Ken Bruen. Il choisit par ailleurs de miser avant tout sur une action sans temps mort et un personnage principal clairement borderline qui entend des voix et a une étonnante tendance à l’introspection jusque dans les moments les plus difficiles.

Contes d'ailleurs et d'autre part, Pierre Gripari

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 17 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Grasset, Jeunesse

Contes d’ailleurs et d’autre part, Illustrations de Guillaume Long, 2012. 190 p. 9 € . Ecrivain(s): Pierre Gripari Edition: Grasset

 

Publiés une première fois en 1990, voici la réédition de huit contes d’ailleurs et d’autre part, à la sauce Gripari, huit bijoux de drôlerie fantastique, inspirés des folklores russes, français, italien et d’Afrique du Nord. Un véritable régal, avec ce verbe franc, truculent et tellement poétique de Pierre Gripari, s’adressant à ses lectrices et lecteurs d’une façon si familière, qu’elles et ils pourraient croire qu’il est assis tout près d’elles et eux. Le conteur de la Rue Broca est véritablement talentueux, c’est évident, mais outre son imagination pétulante, il est doté également d’une grande liberté de pensée. Ils nous emmènent donc ici dans un monde peuplé comme il se doit de magie, d’amour et de courage. Dans Mademoiselle Scarabée, on comprend que l’apparence importe peu, mais qu’il importe de trouver bonne boulette à son pied quand on veut se marier. « Quand un cheval trottine et crottine, quand une vache lâche sa bouse en marchant, je fais une petite boule de la chose en question, puis je la pousse à reculons jusqu’à ma maison ! » Dans Madame-la-Terre-Est-Basse, les objets ont une âme, ils parlent, ils bougent, ils peuvent être tristes mais savent aussi se venger.

La bibliothèque idéale d'Odile Alleguede

Ecrit par Odile Alleguede , le Mardi, 17 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, La bibliothèque idéale

1- Pearl Buck, « Pavillon de femmes » : Toutes les émotions de la Vie, en plus fort, en plus intense.

 

2- Théodore Sturgeon, « Cristal qui songe » : Une interrogation fantastique.

 

3- Anatole France, « Le crime de Sylvestre Bonnard » : Parce qu’il fallait bien en choisir un d’Anatole.

 

4- Ferdynand Ossendowski, « Bêtes, Hommes et Dieux » : Un témoignage unique et un périple hors-norme !

 

5- Aldous Huxley, « Le meilleur des mondes » : Pour son anticipation ironique toujours d’actualité.

 

6-  Somerset Maugham, « Le fil du rasoir » : L’élégance d’un infatigable voyageur.

 

7-  Kahlil Gibran, « Le prophète » : Un incessant questionnement, à hauteur d’âme.

La Fin des jours, Alessandro de Roma

Ecrit par Benoit Laureau , le Lundi, 16 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Gallimard, Italie

La Fin des jours, trad. de l’italien par Pascal Leclercq, avril 2012, 305 p. 22 € . Ecrivain(s): Alessandro de Roma Edition: Gallimard

L’amour de l’apocalypse

La Fin des jours est le deuxième roman du professeur de philosophie italien Alessandro De Roma. Sous la forme d’une dystopie (1) proche de l’univers de 1984 de Georges Orwell, il met en scène la lente dégradation d’une société affectée par une disparition collective de la mémoire individuelle. À travers le journal d’un « résistant », Giovanni Ceresa, un professeur de lycée turinois, Alessandro De Roma semble interroger notre rapport à la « fin » et le lien possible entre la mémoire et l’attraction de la décadence.

Turin, dans un futur proche. On se débarrasse des personnes âgées et leur entourage semble avoir oublié leur existence avant même de se rendre compte de leur disparition, les chauffeurs de bus oublient de marquer l’arrêt, perdent le contrôle de leur véhicule tuant nombre de piétons. La ville est le théâtre d’une étrange épidémie d’amnésie. Elle est telle que les individus oublient d’aller travailler ou se perdent sur le chemin du retour n’osant plus prendre les transports en commun. Dans une ville en état de quasi guerre civile, Giovanni croise des « Barbus », hordes d’individus les plus affectés, vivants à l’état sauvage, du vol et d’agressions, des « conscients » membres des « Apocalyptiques », des « Faucons des ténèbres » ou des « Jaguars », sorte de factions rebelles et résistantes qui s’organisent en prévision d’un lendemain apocalyptique.

Promesse achevée à bras nus, Eric Barbier

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 16 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Poésie

Promesse achevée à bras nus, Editions Rafael de Surtis, Collection Pour une Terre interdite, 2011, 56 p. (tirage limité et numéroté), 15 € . Ecrivain(s): Eric Barbier

« Écrire, effraction dans la voix de l’autre »

 

La poésie d’Eric barbier puise à une source limpide comme celles des montagnes qu’il affectionne. Dans ce recueil, il se livre à un questionnement qui n’attend pas de réponse. Le poète semble même s’être délivré du besoin de réponse, pour être simplement le témoin d’une nature où se concentre l’essentiel de l’Homme.

 

« De quoi témoigner ?

l’esprit se déposant en limon

sur la croyance de l’automne

croit ensemencer ce qui n’attend rien »