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La Une Livres

Thérèse d'Avila et Jean de la Croix, Oeuvres (Pléiade)

, le Mardi, 30 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais, Poésie, Gallimard

Thérèse d’Avila, Jean de la Croix, Œuvres, sous la direction de Jean Canavaggio, collaboration de Claude Allaigre, Jacques Ancet et Joseph Pérez, Gallimard, Pléiade, 11 octobre 2012, 1184 pages, 45 € jusqu’au 28 février 2013 Edition: Gallimard

Sainte Thérèse, brûlez pour nous. Il y a peut-être quelque chose de dérangeant à apostropher ainsi un docteur de l’Eglise. N’allons pas trop vite, et pas trop loin. Teresa Sánchez de Cepeda Dávila y Ahumada (1515-1582), réformatrice du Carmel, est entrée dans l’imaginaire collectif, entre autres, grâce à la statue du Bernin, que l’on peut voir à Rome, à Santa Maria della Vittoria. Elle y est extatiquement torturée par une jouissance physique et mystique. L’amour brûle, embrase. Ainsi, Thérèse.

Saint Jean de la Croix – Juan de Yepes Álvarez (1542-1591) – brûlez pour nous. Là encore, n’allons pas si vite. De La Nuit obscure à La Vive flamme de l’amour, l’éros et l’agapè se confondent parfois, mais nous ne pouvons rien comprendre avec nos réflexes modernes. En fin de compte, nous les lisons, Thérèse et Jean, avec ce que nous rassemblons de notre culture, et avec ce que nous sommes, des êtres du XXe et du XXIe siècles, petits lecteurs de petite transcendance. Les temps ont passé. Fui. Tourné, qui sait. C’est à Vladimir Jankélévitch que l’on doit la diffusion du « je ne sais quoi » – le « no sé qué » – qui nous a fait vibrer, dans une émission de Pivot. On entendait parler – reparler – de Jean de la Croix. Pour des raisons – sur des fondements – philosophiques.

Charles, prisonnier du Cyclope, Alex Cousseau

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Mardi, 30 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Jeunesse, Seuil Jeunesse

Charles, prisonnier du cyclope, 20 septembre 2012, illustré par Philippe-Henri Turin, 40 p. 19,90 € . Ecrivain(s): Alex Cousseau Edition: Seuil Jeunesse

Ouf, deux ans plus tard arrive enfin le deuxième tome des aventures de Charles le petit dragon, qui, après avoir appris à voler et cracher du feu (Charles à l’école des dragons, ibid.), poursuit son apprentissage du vaste monde. Tout comme le jeune lecteur d’ailleurs, abasourdi par des mots aussi iconoclastes que « Balbuzard » ou « troglodytes ».

C’est dire que l’imagination de notre tandem d’auteur/illustrateur va loin. Dès la première page, nous sommes transportés dans un spectaculaire univers aux couleurs chamarrées et envahissantes (ouvert, l’album se déploie quand même sur 60 cm x 40 cm… De quoi muscler les bras des plus petits !).

Comme hypnotisés par l’iris vert et mordoré du jeune dragon, nous partons pour un long périple initiatique du Nord au Sud de l’Europe ; car c’est bien connu, « les voyages forment la jeunesse » ! A l’instar d’Ulysse, qui ne désirait qu’Ithaque, Charles cherche désespérément des amis dans tous les cieux. Il parcourt les nuées gelées des pôles et les mers de glaces hostiles, où il tente vainement sa chance auprès de morses mafflus et d’Inuits rageurs qui font fi d’un si encombrant compagnon. Notre ami, pas découragé pour deux sous, poursuit sa quête tout en égrenant ses vers de mirliton sous les étoiles. Car Charles est le dragon « aux semelles de vent » de la littérature enfantine. Tout est prétexte à rimer, même les déconvenues, et c’est en déclamant qu’il quitte cet ingrat et glacial pays pour se réchauffer le cœur en Sicile.

Le tireur, Glendon Swarthout

Ecrit par Alexandre Muller , le Lundi, 29 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, USA, Roman, Gallmeister

Le tireur, trad. USALaura Derajinski, parution 2 Novembre 2012, 208 p., 9,30 € . Ecrivain(s): Glendon Swarthout Edition: Gallmeister

Parution en libraire jeudi 2 novembre 2012

 

Il faut bien s’imaginer un vieux cow-boy éreinté…

« Il pensa quand j’arriverai là-bas, personne ne croira jamais que j’ai réussi un tel voyage à cheval et, Dieu m’en est témoin, je n’y croirai pas non plus ».

« Il arborait un Stetson gris, une redingote noire, un gilet et un pantalon gris, une chemise blanche, une cravate grise et des bottes en lézard noires.

Entre le cuir de la selle et son arrière-train, il avait calé un coussin moelleux en velours écarlate orné de glands dorés. Il n’aurait pas supporté le voyage sans ce coussin. Il l’avait volé dans un bordel de Creede, au Colorado ».

… arrivant anonyme dans une ville, à dos de cheval.

« Il entra dans El Paso par l’Ouest, évitant comme la peste Santa Fe Street et la grande-place. Il ne fallait pas qu’on le reconnaisse déjà, pas avant que Hostetler ne lui ait annoncé la bonne nouvelle ».

Chez les fous, Albert Londres

Ecrit par Sophie Galabru , le Lundi, 29 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais, Editions de Londres

Chez les fous, 78 p. 0,99 € (téléchargeable) . Ecrivain(s): Albert Londres Edition: Editions de Londres

 

« Loi de 38 secret professionnel vous ne verrez pas la vie des fous (…) alors j’ai cru qu’il serait plus commode d’être fou que journaliste ».

 

Voici résumés le ton, la forme, la démarche journalistique et poétique d’Albert Londres. Nous pourrions dire que ce livre se veut être l’investigation d’un journaliste sur le milieu psychiatrique et asilaire du début du XXe siècle, où l’on trouve quelques données statistiques, quels constats effarants sur la cruauté des conditions et des traitements – camisoles, ceintures de force, cordes coûtant moins cher que des baignoires, on ligote au lieu de baigner –, des observations philosophiques sur la place sociale du fou, un certain point de vue politique lui-même sur ce que le traitement de la folie révèle d’une civilisation. Mais après tout ce n’est pas seulement pour cela que vous lirez ce livre, il y a tout ceci et plus que ceci. Albert Londres exerce un journalisme tout particulier où se mélangent l’observation personnelle, voire affective, une ironie et beaucoup d’humour, un récit oscillant entre l’observation et la narration romanesque, toujours porté par la poésie des fous dont il relate la parole.

Inséparables, Alessandro Piperno (2ème recension)

Ecrit par Etienne Orsini , le Lundi, 29 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Italie, Editions Liana Levi

Inséparables, trad. italien Fanchita Gonzalez-Batlle 2012, 394 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Alessandro Piperno Edition: Editions Liana Levi

Deuxième volet de la trilogie Le feu ami des souvenirs, Inséparables nous replonge dans l'univers familial des Pontecorvo.

Quelque trente années après la damnation de Leo, leur père, persécuté et diffamé par une fillette de 12 ans (voir Persécution), Filippo et Samuel tentent de tracer leurs routes.

L'aîné, marié à la fille d'un homme richissime, mène une existence plutôt indolente, jusqu'au jour où il est repéré pour son talent de dessinateur de B.D. L'adaptation de son œuvre au cinéma connaît alors un vif succès et se voit nominée pour le Festival de Cannes.

Semi, quant à lui, a été embauché par le père d'Eric, un magnat du commerce de coton, qui a placé en lui tous ses espoirs (de fait, que pourrait  attendre celui-ci de son toxicomane de fils ?). Semi mène donc une carrière internationale de brillant négociant entre Rome, Milan, New-York et l'Asie Centrale.

D'un point de vue sentimental, tout semble opposer également les deux frères : Filippo fuit son épouse névrosée et ouvre grand son lit à ses admiratrices. Le second, atteint d'impuissance, mène une vie des plus chastes avec sa fiancée Silvia... lorsqu'une groupie de Filippo, Ludovica, fait irruption dans son quotidien.