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Si l'argent m'était conté, Jean-Philippe Bidault

Ecrit par Elisa Amaru , le Jeudi, 03 Mai 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais

Si l'argent m'était conté. Ed. du Palio (mars 2012). 206 p. 19 € . Ecrivain(s): Jean-Philippe Bidault

 

Argent et Secrets d’Histoire : les Hommes qui n’étaient pas là.


Les banquiers, on ne peut plus les encadrer en peinture ! Voilà pour l’argument des grands médias, entretenu depuis des mois, eux-mêmes soutenus par de vastes holdings, consortiums tentaculaires investissant dans les trois pôles de nos sociétés modernes : éducation, information, politique. De Wall Street à la City, de Paris à Berlin, de déboires capitalistiques en trinquades utopistes, c’est encore la même antienne qui nous est rabâchée à chaque tour de page ! Habile manipulation ou crampe du scénariste ? C’est qu’il n’en fut pas toujours ainsi, figurez-vous ! A une époque pas si lointaine de la nôtre et dans une galaxie proche, les « faiseurs de monnaie » étaient une action sacrément à la hausse !! Expliquons. Le banquier, pièce fusible d’une machinerie génératrice d’obligations, n’incarna pas, au commencement des lois de marché, ce prédateur avide que nous nous plaisons à blâmer en rond aujourd’hui.

La solitude des mourants, suivi de vieillir et mourir, Norbert Elias

Ecrit par Christophe Gueppe , le Mercredi, 02 Mai 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais, Titres (Christian Bourgois)

La solitude des mourants, suivi de Vieillir et mourir, quelques problèmes sociologiques, avril 2012, traduit de l’allemand par Sybille Muller, et de l’anglais par Claire Nancy, 2012, 119 p. 7 € . Ecrivain(s): Norbert Elias Edition: Titres (Christian Bourgois)

 

En quoi la mort constitue-t-elle un problème sociologique ? Nous mourrons seuls, dit-on, de même que nous vieillissons et que nous souffrons en nous-mêmes, sans que personne ne puisse éprouver à notre place ce qui nous touche. Si cela est partiellement vrai, cela n’empêche pas l’auteur de vouloir montrer en quoi la mort, notamment, rentre dans ce qu’il appelle un processus de civilisation, dont il prolonge l’étude ici.

Dans les sociétés modernes, nous pouvons en effet assister à ces scènes où des personnes âgées sont découvertes de nombreux jours après leur mort, dans un état de décomposition avancé, comme à la suite de la canicule de 2003 en France. Cette solitude des mourants, et des personnes âgées, est du même ordre que cette souffrance que la thérapie médicale cherche à atténuer au niveau technique, mais en ne s’intéressant qu’à nos organes. Or, ce n’est pas seulement un corps qui souffre, mais également la personne dans son ensemble, et dont la souffrance s’accroît, au niveau subjectif, de manquer de relations affectives pour l’accompagner dans cette souffrance.

Wiggins et la nuit de l'éclipse, Béatrice Nicodème

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Mercredi, 02 Mai 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Jeunesse, Gulf Stream Editeur

Wiggins et la nuit de l’éclipse, Gulf Stream Editeur, Courants Noirs, mars 2012, 258 p. 13,90 € . Ecrivain(s): Béatrice Nicodème Edition: Gulf Stream Editeur

 

Il en va de même des héros que des chats, ils semblent parfois avoir sept vies et resurgir aux moments les plus inattendus. C’est ainsi que dans ce très bon roman à énigmes de Béatrice Nicodème, nous découvrons que Sherlock Holmes n’est pas mort dans les cascades du Reichenbach, entraînant dans sa chute l’infâme Moriarty, mais qu’il a survécu au travers de son plus fervent disciple, le jeune Wiggins.

Désabusé et éteint par le décès de son ami, le docteur Watson se décharge d’une délicate affaire de chantage auprès de Wiggins, simple garçon des rues malfamées de Whitechapel et employé à l’occasion par le détective comme garçon de courses. Aussi quand le directeur d’un collège huppé fait appel à Watson pour résoudre diplomatiquement une crise au sein de ses jeunes pensionnaires, celui-ci envoie à sa place le jeune homme, bien décidé à faire ses preuves et à honorer la mémoire de son maître. Il s’agit de veiller sur la sécurité de Lowell Summerfield : son père, le juge le plus aristocratique et le plus despotique de la capitale se voit victime d’un maître-chanteur dans un procès médiatique : de son verdict dépend la survie de son fils.

L'urgence et la patience, Jean-Philippe Toussaint

, le Mardi, 01 Mai 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais, Récits, Les éditions de Minuit

L’urgence et la patience, Éditions de Minuit 2012, 107 p. 11 € . Ecrivain(s): Jean-Philippe Toussaint Edition: Les éditions de Minuit

« D’ordinaire, l’urgence préside à l’écriture d’un livre et la patience n’est que son complément indispensable, qui permet de corriger ultérieurement les premières versions du manuscrit ».

Au travers de différents petits récits, Jean-Philippe Toussaint nous fait voyager dans son univers, dans son parcours d’écrivain, mais peut-être et surtout dans sa vie tout simplement.

« J’ai oublié l’heure exacte du jour précis où j’ai pris la décision de commencer à écrire, mais cette heure existe, et ce jour existe… »

Dans la première partie de cet essai, il nous fait partager l’urgence et patience qu’il éprouve dans son travail d’auteur.

« L’urgence, qui appelle l’impulsion, la fougue, la vitesse ; et la patience, qui requiert la lenteur, la constance et l’effort. Mais elles sont pourtant indispensables l’une et l’autre à l’écriture d’un livre, dans des proportions variables, à des dosages distincts, chaque écrivain composant sa propre alchimie, un des deux caractères pouvant être dominant et l’autre récessif, comme les allèles qui déterminent la couleur des yeux ».

Mélancolique, moi ? Lettres à Malesherbes, Jean-Jacques Rousseau

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 01 Mai 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais, Zoe

Mélancolique, moi ? Lettres à Malesherbes, Zoé Editions, Collection « mini », 2012, 64 p. 4,50 € . Ecrivain(s): Jean-Jacques Rousseau Edition: Zoe

« Ô que le sort dont j’ai joui n’est-il connu de tout l’univers ? »

J.-J. Rousseau

 

Jean-Jacques Rousseau a écrit quatre lettres adressées à Malesherbes, rédigées entre le 4 et le 28 janvier 1762, aux travers desquelles il dépeint le bonheur qu’il a eu de savourer son exil à la campagne alors que la « société » le croyait malade. Rousseau s’est rapproché de son ami académicien qui n’a eu de cesse de le défendre avec « une droiture à toute épreuve ».

Après le Discours sur les sciences et les arts en 1750 et le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes en 1755, Voltaire ne s’est nullement privé en déclarant : « On n’a jamais employé tant d’esprit à vouloir nous rendre bêtes » et Diderot, plus lâche, s’est exprimé sur le sujet, par personnage interposé de l’une de ses pièces de théâtre : « L’homme de bien est dans la société, et il n’y a que le méchant qui soit seul ». Rousseau, quant à lui, tente de s’expliquer davantage sur les fondements de sa retraite dans La Lettre à l’Alembert sur les spectacles en 1758. Mais en vain. Il reste incompris.