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Ne pleure pas, on se reverra, Géraldine Barbe

, le Mardi, 16 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, La rentrée littéraire, Léo Scheer

Ne pleure pas, on se reverra, 10 octobre 2012, 150 p. 15 € . Ecrivain(s): Géraldine Barbe Edition: Léo Scheer

 

« Elle a dit :

– Ne pleure pas ma petite sœur, on se reverra.

Et elle m’a serrée très fort et très gentiment dans ses bras. C’est drôle qu’elle ait dit ça parce que bien sûr on se serait revues si elle n’était pas morte mais elle est morte vingt jours après et on ne s’est pas revues » (page 65).

 

Marianne, aînée d’une fratrie de trois sœurs, meurt une nuit. La narratrice, benjamine de la famille, revient sur leur relation. Car Marianne a occupé longtemps la place du bourreau, et la narratrice, bénéficiant parfois de la protection du « bouclier » (la sœur du milieu) s’est retrouvée bien malgré elle dans le rôle de la victime.

Syndrome de Stockholm ou configuration familiale finalement classique ? A la mort de Marianne, la narratrice cherche dans le passé toutes les excuses au comportement de son aînée.

Romancero Gitano, Federico Garcia Lorca (traduit par Michel Host)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Lundi, 15 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Poésie, La rentrée littéraire, Atlantique

Romancero Gitano, Romances gitanes suivies de complainte funèbre pour Ignacio Sanchez Mejias, Trad. espagnol Michel Host, 60 pages, 16 € . Ecrivain(s): Federico Garcia Lorca Edition: Atlantique

 

En cette période de rentrée littéraire, où l’assez bon côtoie trop souvent le médiocre voire l’affligeant, avoir ce petit livre dans les mains est comme un cadeau : le cadeau de la beauté absolue, de l’intelligence, de la langue. De la littérature enfin, en un mot. De la littérature dans son expression originelle, la poésie.

Retrouver Lorca après trop longtemps d’absence ressemble à un retour aux racines, au bercail, au territoire qu’on ne devrait jamais quitter, ne jamais oublier de revisiter. Tout y est suffocant de beauté et d’une familiarité profonde. Parce qu’on sait par cœur certains poèmes de ce recueil mais aussi, et surtout, parce qu’on prend en pleine face le souffle du « duende » lorcien, cette musique sombre, cette âme profonde et saisissante qui émane non seulement des mots de Lorca mais aussi d’un au-delà des mots, d’un point suspendu hors du temps et qu’on sait être l’Espagne, l’Andalousie dans ses gammes les plus graves. « Les sons noirs » dont parlait Lorca.

Lisez la préface de Michel Host. Elle est lumineuse dans son propos. Le duende c’est ce qui a mené Michel Host à cette traduction. A ce miracle de traduction. A la fin de cette préface, Michel Host s’inquiète :

Les oeuvres de miséricorde, Mathieu Riboulet

Ecrit par Jean-Guy Soumy , le Lundi, 15 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, La rentrée littéraire, Verdier

Les Œuvres de miséricorde, août 2012, 154 pages, 14 € . Ecrivain(s): Mathieu Riboulet Edition: Verdier

On écrit avec son corps. Mathieu Riboulet le sait bien, lui qui dissèque l’objet de ses interrogations avec une application de chirurgien ou d’entomologiste. Lui qui, tel saint Thomas peint dans son incrédulité par Le Caravage, glissant son doigt dans la sainte plaie, cherche à franchir la barrière des muscles. A atteindre l’os. Y parvient.

Il y a, chez Riboulet, une manière vertigineuse de lier les mots et la chair. De ne rien construire qui tienne en l’air par la seule légèreté d’idées nullement expérimentées. Désincarnées. Et même la mémoire, insaisissable, Riboulet l’interroge en cherchant sa projection sur la géographie d’une peau ou le relief d’une ossature. Archéologue du vivant, il traque la source. Dans tous les cas, son écho.

« Je suis resté longtemps prisonnier du sentiment flottant, informulé selon lequel l’Allemagne était infréquentable. Je n’étais pas guidé par une idée, un ressentiment moins encore, mais, de fait, chez moi on n’allait pas en Allemagne (…) ». Cette gêne vis-à-vis de l’Allemagne, on peut concevoir que tous ceux qui ont dépassé la cinquantaine l’éprouvent aussi de manière diffuse. « Je n’avais jamais pu, avant cela, penser aux Allemands, à l’Allemagne, à la langue allemande, sans voir se profiler à l’horizon de ces pensées la trace du conflit qui par trois fois nous opposa, d’autant plus pernicieuse, persistante, qu’elle était héritée, non pas vécue ».

Génie toi-même !, Philippe Brasseur

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 15 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Jeunesse, Casterman

Génie toi-même !, Philippe Brasseur (textes et dessins nb), illustrations couleurs de Virginie Berthemet, octobre 2012, 80 p. 14,50 € . Ecrivain(s): Philippe Brasseur Edition: Casterman

 

Génie toi-même est un livre d’activités, destiné aux enfants à partir de 9 ans, mais aussi aux adolescents et adultes qui auraient la curiosité d’y jeter un œil. En marchant sur les traces de grands génies connus, toutes époques confondues, que ce soit dans les sciences ou les arts, sont proposés à foison idées, pistes, suggestions, jeux et défis pour développer son propre génie, unique comme il se doit. Un peu fouillis, et du coup peut-être un peu difficile d’accès pour les plus jeunes, il est cependant possible à ces derniers de glaner ci et là ce qui résonne et d’apprendre au passage pas mal de choses à propos des faits et gestes de grands créateurs ou chercheurs, tels Fleming, Dali, Edison, Copernic, Picasso, Proust, Gaudi, Duchamp, Darwin, Lennon, Freud ou Einstein et beaucoup d’autres encore. Connaître leurs façons d’aborder leur travail, leurs recherches, découvrir leurs manies, trucs et astuces, qui ouvrent le champ à bien d’autres possibles.

La vie, Régis de Sá Moreira

Ecrit par Victoire NGuyen , le Dimanche, 14 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Au Diable Vauvert, La rentrée littéraire

La vie, 22 août 2012, 123 p. 15 € . Ecrivain(s): Régis de Sá Moreira Edition: Au Diable Vauvert

La vie ou une course de relais

 

C’est un récit intéressant car la trame romanesque et la structure narrative de ce roman procèdent d’une conception originale de la balle bondissante. En effet, La vie s’ouvre sur un « je » qui rit de la posture d’un passant « Je suis sorti de chez moi à huit heures, j’ai marché au lieu de prendre le métro, je me suis marré en croisant un homme qui portait une télé… ». Et c’est l’ouverture. Le rideau se lève.

Comme une course de relais, les trois points de suspension permettent à cette « victime » de prendre sa revanche, de rebondir sur cette opportunité offerte par le personnage, et par ricochet par l’auteur lui-même, de poursuivre le flux de sa pensée et d’ouvrir la voie à un autre passant pris au piège au hasard des rencontres et des tribulations de la vie. D’ailleurs, ce roman n’a t-il pas pour titre La vie ? Ces deux mots résument toute une dimension philosophique et métaphysique. Car qui peut définir ce qu’est la vie ? Depuis Platon jusqu’à Aristote en passant par Descartes, pour ne pas inviter Lao Tseu ou Averroès à la fête, aucun de ces philosophes ne peut donner une approche au plus près de la vérité de ce concept qu’est la vie.