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La Une Livres

41, Rogelio Guedea

Ecrit par Yan Lespoux , le Lundi, 07 Janvier 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Polars, Amérique Latine, Roman

41, Editions Ombres Noires, octobre 2012, traduit de l’espagnol (Mexique) par Florence Olivier, 224 p. 18,90 € . Ecrivain(s): Rogelio Guedea

 

 

Le corps de Ramiro Hernández Montes, frère d’un candidat au poste de gouverneur de l’État de Colima soutenu entre autres par les chefs de la police, est retrouvé dans le coffre d’une voiture, tué d’une balle de calibre 41 tirée dans l’oreille. Un modus operandi qui correspond à plusieurs meurtres commis dans la région et dont les victimes sont toutes des homosexuels. Les quatre policiers chargés de cette enquête sensible ne se font pas d’illusions : il convient d’étouffer l’affaire. Parallèlement à cette enquête, on suit les tribulations du Japonais, gamin livré à lui-même et initié par un adulte, le Métallo, au sexe et à la drogue en participant à des parties fines organisées dans la haute société de Colima.

En s’attaquant à ce genre de sujet glauque, Rogelio Guedea n’a choisi ni l’originalité ni la facilité. C’est que le thème de la corruption et des dérives sexuelles est rebattu et qu’il convient dès lors de vraiment l’aborder avec finesse pour offrir au lecteur une œuvre qui se démarque.

La politique du tumulte, François Médéline

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 04 Janvier 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Polars, Roman, La Manufacture de livres

La politique du tumulte, septembre 2012, 336 pages, 20,90 € . Ecrivain(s): François Médéline Edition: La Manufacture de livres

 

La politique du tumulte, c’est l’histoire, en 1993, du début de la fin d’une amitié de trente ans, dont on se souvient tous, qui va servir de toile de fond à la naissance d’une histoire d’amour. Une histoire condamnée, avant d’avoir même commencé, par un barbouze chargé d’étouffer un scandale sexuel susceptible de faire ressurgir toute une série de manipulations plus anciennes qui pourraient gêner les desseins d’hommes lancés à la poursuite d’un pouvoir en vacance.

De cette intrigue complexe mêlant à l’arrière-fond des luttes intestines de la droite française de l’époque, les barbouzeries facilitées par le ministre de l’intérieur corse de l’époque, des faits-divers librement inspirés de l’affaire Ranucci et de l’affaire Alègre, émerge une impressionnante galerie de personnages. Si chacun d’entre eux détient une partie de la vérité, le travail de Secondi, barbouze omniscient, froid et calculateur, sera de faire en sorte que le puzzle ne soit pas assemblé tant qu’il ne servira pas les intérêts de ceux pour qui il travaille ou les siens propres.

Lettres de 1897 à 1949, Robert Walser

Ecrit par Olivier Bleuez , le Jeudi, 03 Janvier 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Langue allemande, Zoe, Correspondance

Lettres de 1897 à 1949, (lettres choisies et présentées par Marion Graf et Peter Utz) trad. Allemand Marion Graf. 28 € . Ecrivain(s): Robert Walser Edition: Zoe

 

Robert Walser fait partie des écrivains qui ont, à un moment de leur vie, décidé de cesser de publier. Et ce que Robert Walser a publié avant 1933, date à laquelle il s’est à peu près retiré du monde littéraire, est simplement puissant. Romans, poèmes, feuilletons et surtout « proses courtes » avec ce mélange brillant d’originalité dans la langue et de naïveté qui se densifie subtilement, cristallise et donne une beauté extraordinaire. On en trouve de sublimes traces dans ces lettres ; par exemple dans la lettre 25, adressée au poète Christian Morgenstern :

« Comme si, lorsqu’on travaille, la vie et l’art ne se tenaient pas perfidement ensemble aux aguets, comme sur la pointe d’une aiguille ».

Un choix a été fait dans la correspondance disponible. Les six parties du livre résument géographiquement la vie de Robert Walser et chaque partie commence par un texte de Marion Graf permettant une compréhension détaillée des différentes lettres.

Black Rain S01//E1-2, Chris Debien

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Jeudi, 03 Janvier 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Flammarion, Jeunesse

Black Rain, S01/ E3-4, octobre 2012, illustrations Pascal Quidault, 310 p. 15 € . Ecrivain(s): Chris Debien Edition: Flammarion

 

Chris Debien nous propose la suite des aventures d’Adam et de Rachel dans l’Inside, la réalité virtuelle à but thérapeutique créée par Le Centre, unité de soins psychiatriques pour adolescents. Doté de moyens financiers colossaux, cet hôpital ressemble plus à une prison de haute sécurité tant le personnel y est inquiétant, les lieux labyrinthiques et la direction ouvertement corrompue.

Black Rain, S01/ E3-4 ou « Saison 1, épisodes 3 et 4 » adopte un format déroutant, à mi-chemin entre le thriller, le roman graphique et la série télévision (« previously on » nous informe la première page du livre). L’auteur nous fait pénétrer, via la nanotechnologie et les implants cérébraux de nos héros, dans un monde fabriqué de toutes pièces par le docteur Grüber, psychiatre au passé tortueux et directeur du Centre. Il s’occupe plus particulièrement de certains patients, isolés des autres pour leurs aptitudes exceptionnelles à naviguer dans l’Inside. Le voyage n’est cependant pas de tout repos, puisque chacun d’eux souffre d’une pathologie lourde : Adam est schizophrène depuis l’étrange l’accident automobile qui a coûté la vie à ses parents, Rachel est « borderline » (une histoire d’abus sexuel se dessine au fil des pages) et le troisième larron, Alex, souffre du syndrome d’Asperger.

Le poète de Gaza, Yishaï Sarid

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 02 Janvier 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Moyen Orient, Babel (Actes Sud)

Le poète de Gaza, titre original Limassol, traduit de l’hébreu Laurence Sendrowicz, 224 p. 20,30 € (Babel janvier 2013) . Ecrivain(s): Yishaï Sarid Edition: Babel (Actes Sud)

Thème sobre et essentiel, qu’on attendrait d’une tragédie antique : la vie, le risque, la loyauté, la mort, éclairés par la lumière méditerranéenne, celle qui arrose tout, même la peur des hommes.

C’est un livre écrit en Hébreu – on se plaît à penser que cette langue si forte lui va bien. Action située en Israël, de nos jours, mais on peut sans difficulté l’imaginer en Amérique Latine, dans les pays de l’écriture d’un Alejo Carpentier, et, tiens, pourquoi pas en Espagne ; parfums de la Guerre Civile, parfois… un film comme La guerre est finie, et ses lassitudes d’anciens baroudeurs, passe quand on lit.

« La rue baignait dans ce calme qui gagne les villes pendant les grandes vacances, les chats escaladaient les bennes à ordures pour en tirer leur pitance, deux jeunes garçons marchaient sur l’avenue bordée de tamaris, en direction de la plage, avec aux lèvres des rires légers … au téléphone, elle m’avait dit qu’elle habitait au troisième étage ». Lui – on ne sait pas son nom – c’est un membre actif, un technicien, de ces réseaux de renseignement – ceux qui « interrogent », au service de l’État d’Israël ; elle, la belle Dafna, est l’amie d’un poète de Gaza, qu’il faut exfiltrer, car, son fils « se baladait du Yemen au Soudan, là où des gens comme lui allaient chercher leurs directives, lever des fonds, s’entraîner ».