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Marcher. Eloge des chemins et de la lenteur, David Le Breton

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 05 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Essais, Récits, Métailié

Marcher. Eloge des chemins et de la lenteur, avril 2012, 176 p. 9 € . Ecrivain(s): David Le Breton Edition: Métailié

 

Que vous aimiez partir du côté de Guermantes ou randonner sur les crêtes montagneuses, contempler un lac ou arpenter les ruelles d’un centre-ville, amis marcheurs, ce livre est pour vous. Avec la finesse et la rigueur qu’on lui connaît, David Le Breton reprend la réflexion sur la marche qu’il avait entamée il y a dix ans. Si cet ouvrage ne renouvelle pas fondamentalement la question, il apporte une vision synthétique et une profusion de références qui témoignent de la vivacité et de l’évolution du phénomène. Etrangement, cet Eloge des chemins et de la lenteur donne l’impression d’une profondeur, marquée pas après pas. L’écriture fluide et précise figure ce chemin sur lequel l’auteur nous entraîne, à la suite de ces nombreux marcheurs, témoins, écrivains ou philosophes qui apportent leurs éclairages divers à l’ouvrage : « un chemin est une proposition, bien entendu une orientation ou une direction », une « tension vers un au-delà que chaque pas repousse plus loin ». Explication d’aspects surprenants et micro-récits se succèdent en parallèle à l’analyse d’ensemble menée par David Le Breton.

Grand-père avait un éléphant, Vaikom Muhammad Basheer

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 04 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Asie, Roman, Zulma

Grand-père avait un éléphant, trad. du malayalam par Dominique Vitalyos, 2005, 136 p. . Ecrivain(s): Vaikom Muhammad Basheer Edition: Zulma

Comment est le monde selon Kounnioupattouma, la fille de la fille chérie d’Anamakkar ?

Kounnioupattouma voit tout en rose, y compris les éléphants, surtout celui de son grand-père.

En effet, lui répète-t-on à longueur de jour, son grand-père avait un éléphant ! Et pas un petit, un maigre, un efflanqué ! Non, le plus grand, le plus fort et le plus beau des éléphants : un mâle gigantesque avec de grandes défenses, qui avait tué pas moins de quatre de ses cornacs, des kafir, évidemment.

Kounnioupattouma, enfant de sucre, ornée des plus précieux bijoux, grandit sur un piédestal, symbole vivant de la réussite sociale de ses parents, au milieu de sa maison, qu’elle ne quitte quasiment jamais, parée dans l’attente du mariage que ses parents arrangeront pour elle avec un jeune homme de son rang et de sa communauté avant d’accomplir leur pèlerinage du Hadj.

Toutes les femmes qui étaient déjà venues l’examiner croulaient sous l’or. Toutes des maîtresses de grandes maisons… Certaines lui avaient ouvert la bouche pour regarder à l’intérieur si elle avait toutes ses dents…

Kounnioupattouma n’avait pas une seule dent gâtée…

Homer & Langley, Edgar Laurence Doctorow

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 03 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, USA, Roman, Actes Sud

Homer & Langley. Trad USA Christine Le Bœuf 2012. 229 p. 22 €. . Ecrivain(s): Edgar Laurence Doctorow Edition: Actes Sud

Ce livre nous offre une épopée picaresque. Déjantée, stupéfiante, drôle et terrible ! Quand on lit cette introduction, on s’attend naturellement à la recension d’un grand roman d’aventure, parsemé d’événements étonnants voire fabuleux, qui nous mènerait à travers des contrées lointaines et improbables, en compagnie de personnages plus colorés les uns que les autres. Point du tout.

Les héros de ce roman sont deux frères, Homer et Langley Collyer. Fils d’une famille de la moyenne bourgeoisie new-yorkaise, ils ont perdu leurs parents très tôt, morts de la grippe espagnole qui ravagea le monde occidental en 1918. Ils ont reçu en héritage de leurs parents un beau compte en banque et, surtout, un beau et grand appartement en plein cœur de la 5ème avenue à New York ! Et c’est là, dans ce fabuleux terrain d’aventure de quelques centaines de mètres carrés, avec un tout petit bout de jardin, que Doctorow va déployer une véritable saga du XXème siècle, déroulée du tout début du siècle jusqu’à pratiquement sa fin. Là et pas ailleurs. Avec deux héros pathologiquement casaniers et pour qui le tour du bloc d’immeubles est déjà une expédition.

Homer est le narrateur.  La chose en soi est peu commune car Homer est … aveugle. Ordonner une narration minutieuse à partir d’un narrateur aveugle produit un récit époustouflant de proximité des choses et des gens.

La bibliothèque idéale de Mary-Luce Pla

Ecrit par Mary-Luce Pla , le Mardi, 03 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, La bibliothèque idéale

 

1. Stefan Zweig, Lettre d’une Inconnue : une redoutable acuité descriptive dans la destruction d’un cœur passionné.

 

2. Karen Blixen, La Ferme africaine : le romantisme absolu, l’aventure et la passion amoureuse, chavirée dès les premières lignes.

3. L’Odyssée : mon plus beau roman d’aventure jamais conté

 

4. Molière, Œuvres complètes en deux volumes : parce que c’est Le Maître du jeu théâtral, voilà tout !

 

5. Antonin Artaud, Le théâtre et son double : ma première rencontre avec l’auteur et la scène et depuis une véritable fulgurance à chaque lecture !

Ils ne sont pour rien dans mes larmes, Olivia Rosenthal

Ecrit par Marianne Desroziers , le Lundi, 02 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais, Verticales

Ils ne sont pour rien dans mes larmes, février 2012, 115 p. 11,50 € . Ecrivain(s): Olivia Rosenthal Edition: Verticales

Quel film a changé votre vie ? Telle est la question que l’écrivain Olivia Rosenthal a posé à des individus très différents, issus de milieux divers. Olivia Rosenthal, auteur du remarqué et remarquable Que font les rennes après Noël ? où elle mêlait les résultats de son enquête auprès des professionnels travaillant avec les animaux à une fiction beaucoup plus personnelle, fait ici œuvre de sociologue en donnant la parole aux spectateurs de films sans se départir du style qui est le sien. Il ne s’agit pas pour autant d’un livre sur la cinéphilie : Eraserhead de David Lynch y côtoie Thelma et Louise de Ridley Scott ou encore L’arbre aux sabots d’Ermanno Olmi. C’est le rapport entre fiction et réalité qui intéresse Olivia Rosenthal. Cependant, on appréciera d’autant plus ce livre qu’on aura vu (et aimé) les films cités.

« La nuit américaine, je l’ai vu à douze ans avec mon père, et à la fin j’ai su que je serai comme Nathalie Baye, je serai scripte » (Angélique).

« Quand j’ai vu Thelma et Louise, j’avais une trentaine d’années, un boulot d’avocate, une grande maison, un mari, des enfants, le chemin était tracé, j’avais planté mon drapeau mais ce qui me manquait, c’était le mouvement, la possibilité du changement, une liberté qui était en train de disparaître » (Annick).