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En attendant que les beaux jours arrivent, Cécile Harel

Ecrit par Sophie Adriansen , le Vendredi, 21 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, La rentrée littéraire, Les Escales

En attendant que les beaux jours reviennent, 23 août 2012, 288 pages, 20,50 € . Ecrivain(s): Cécile Harel Edition: Les Escales

 

« C’est nul de faire des gosses quand on a du talent. Il faut laisser ça aux gens qui n’ont rien d’autre pour remplir leur vie » (page 89).

A quelques semaines de Noël, Marie, quarantenaire vivant à Paris, fait comme chaque année le vœu de passer le réveillon sur la tombe de sa mère. Elle demande à son époux de l’accompagner. Leur dialogue sera l’occasion pour la narratrice de remonter le temps et de plonger dans son complexe passé familial.

« J’aurais adoré épater mon père en abordant de grands sujets comme il les aimait, mais je n’en avais ni les mots, ni la connaissance. Je me sentais idiote à ses côtés, en tous les cas pas aussi intelligente que je pensais qu’il aurait souhaité que je sois » (page 86).

Alternant le présent, et l’histoire d’amour fusionnelle qui lie Marie à son mari, et le passé, et le cheminement douloureux d’une femme qui se débat pour exister, En attendant que les beaux jours reviennent dresse le portrait d’une femme peu banale.

Les oubliés de la lande, Fabienne Juhel

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 20 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, La rentrée littéraire, La Brune (Le Rouergue)

Les oubliés de la lande, Août 2012 283 p. 21 € . Ecrivain(s): Fabienne Juhel Edition: La Brune (Le Rouergue)

«  Il avait cherché en vain un début de sentier, un cairn édifié par un randonneur ou l'empreinte d'un pas de braconnier. Mais aucun chemin carrossable ne traversait ces arpents de bruyère... ».

D'où vient que les premières pages de ce livre, en dehors de tous les sentiers battus, nous amènent  au début de « L'homme qui rit » de Victor Hugo... quel parrainage prometteur !

Livre mosaïque, patchwork compliqué, millefeuille aux multiples niveaux de lecture, sous la surface en apparence si calme d'un étang aux couleurs du « Grand Meaulnes »...  étonnante ballade, prenante, déconcertante. Chemin sinueux, qu'on suit pourtant de bout en bout, sans rebrousser, sans regretter.

Le cadre est ce qui est le plus tangible : lande bretonne ou irlandaise, à tout le moins celto-gaëlique ; on croit même, parfois, en tendant l'oreille,  entendre  les binious. Mais le vert est d'ailleurs, la forêt d'émeraude, le marécage froid, «  même en plein cagnard ». Il y a du Brocéliande dans cet étrange livre, et de l'Alice et ses merveilles, dans ce livre étrange... des animaux comme autant de totems ; ragondin albinos, vieux chat antique qui «  adorait les pommes de terre cuites, le maïs trempé dans du lait ». De l'autre côté des portes, on a un village, où – voyez vous ça ! On ne meurt pas ! «  Une terre si improbable que même la mort ne s'aventurait pas jusque là ». Mais comment tournera l'histoire, si d'aventure, un homme y meurt ?

Le jardin du mendiant, Michael Christie

Ecrit par Yann Suty , le Jeudi, 20 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Nouvelles, Albin Michel, La rentrée littéraire, Canada anglophone

Le jardin du mendiant (The Beggar’s Garden), trad. de l’anglais (Canada) par Nathalie Bru, 6 septembre 2012, 312 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Michael Christie Edition: Albin Michel

Numéro d’urgence

Une vieille dame ne cesse d’appeler les urgences dans l’espoir que le secouriste pour lequel elle a eu un coup de cœur vienne à nouveau à son chevet. Mais le nouvel envoyé n’étant pas celui qu’elle espérait, elle menace de se suicider… en retenant sa respiration.

 

Rebut

En regardant à la télé un reportage sur les SDF, Earl reconnaît son petit-fils Kyle. Il décide de le retrouver. Mais quand il le voit, il ne peut se décider à l’aborder et décide de le suivre…

 

Goodbye porkpie hat

Un accro au crack dialogue avec le fantôme de Robert Oppenheimer, l’inventeur de la bombe atomique.

L'Ouragan, Daniel Martinange

, le Jeudi, 20 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Stéphane Million éditeur

L’ouragan, Mai 2012, 15 € . Ecrivain(s): Daniel Martinange Edition: Stéphane Million éditeur

 

Un livre, un style, une révélation. Trois qualificatifs qui résument à eux seuls le premier livre de Daniel Martinange.

Dans L’Ouragan (livre qui porte magnifiquement son nom aussi bien dans la forme, que dans le style), l’auteur nous fait son road book/movie à lui.

Une histoire d’amour passionnelle, écrite à la façon des nouvellistes américains.

Pour Antoine, la cinquantaine, tout commence par la découverte de celle qui sera la perle de sa vie, j’ai nommé : Bahia.

 

« Il l’avait rencontrée aux Baléares lors d’un voyage organisé, après le décès accidentel de ses parents… ».

« Depuis sa rencontre avec Bahia il n’avait plus ni cerveau ni sexe. Mais dans sa tête et son entrejambe un organe unique, indéfinissable, tout à elle dévolu. Se liquéfiant en elle il recevait en retour un torrent d’énergie, il se rechargeait. Erectile jusqu’au ciel il décrochait les étoiles. Elles tombaient sur la Terre, il se vautrait dans un tapis d’étincelles ».

Murtoriu, Marc Biancarelli (2 recensions)

Ecrit par Emmanuelle Caminade, Etienne Orsini , le Mercredi, 19 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Bassin méditerranéen, Roman, Actes Sud, La rentrée littéraire

Murtoriu (Le glas), trad. du corse par Jérôme Ferrari, Marc-Olivier Ferrari et Jean-François Rosecchi, 5 septembre 2012, 270 p. 22 € . Ecrivain(s): Marc Biancarelli Edition: Actes Sud

Recension 1

Murtoriu (Le glas) est le dernier roman de Marc Biancarelli. Ecrit en corse, comme pratiquement tous ses livres, il vient d'être publié dans sa traduction française. Au titre original, riche de connotations, a été ajouté un sous-titre intérieur, Ballade des innocents (une oraison funèbre au sens corse), soulignant l'hommage rendu par l'auteur à ces anciens Corses qu'il a connus dans son enfance et plus largement à toute cette société rurale mise à l'agonie par la guerre de 1914, comme celle de nombreuses zones montagneuses isolées dans le pays de Giono : un monde disparu dont l'inoffensif berger Mansuetu pour qui sonne le glas est le dernier témoin.

Marc-Antoine, libraire atypique et écrivain raté dont la vie sentimentale s'est avérée un fiasco, est incapable de trouver sa place dans cette société moderne pervertie par l'argent et l'égoïsme asservissant les hommes dans un rapport de domination et de soumission. Il a du mal à accorder ses mondes tant il est partagé entre sa vie présente, la réalité de ses désirs et de ses révoltes, et ses rêveries habitées par les fantômes du passé ou les créations de son imagination. Parvenu à mi-parcours, il se livre à un bilan dénué de toute complaisance, résolu à se battre pour franchir une nouvelle étape dans sa vie d'homme et d'écrivain.