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La Une Livres

Génie toi-même !, Philippe Brasseur

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 15 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Jeunesse, Casterman

Génie toi-même !, Philippe Brasseur (textes et dessins nb), illustrations couleurs de Virginie Berthemet, octobre 2012, 80 p. 14,50 € . Ecrivain(s): Philippe Brasseur Edition: Casterman

 

Génie toi-même est un livre d’activités, destiné aux enfants à partir de 9 ans, mais aussi aux adolescents et adultes qui auraient la curiosité d’y jeter un œil. En marchant sur les traces de grands génies connus, toutes époques confondues, que ce soit dans les sciences ou les arts, sont proposés à foison idées, pistes, suggestions, jeux et défis pour développer son propre génie, unique comme il se doit. Un peu fouillis, et du coup peut-être un peu difficile d’accès pour les plus jeunes, il est cependant possible à ces derniers de glaner ci et là ce qui résonne et d’apprendre au passage pas mal de choses à propos des faits et gestes de grands créateurs ou chercheurs, tels Fleming, Dali, Edison, Copernic, Picasso, Proust, Gaudi, Duchamp, Darwin, Lennon, Freud ou Einstein et beaucoup d’autres encore. Connaître leurs façons d’aborder leur travail, leurs recherches, découvrir leurs manies, trucs et astuces, qui ouvrent le champ à bien d’autres possibles.

La vie, Régis de Sá Moreira

Ecrit par Victoire NGuyen , le Dimanche, 14 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Au Diable Vauvert, La rentrée littéraire

La vie, 22 août 2012, 123 p. 15 € . Ecrivain(s): Régis de Sá Moreira Edition: Au Diable Vauvert

La vie ou une course de relais

 

C’est un récit intéressant car la trame romanesque et la structure narrative de ce roman procèdent d’une conception originale de la balle bondissante. En effet, La vie s’ouvre sur un « je » qui rit de la posture d’un passant « Je suis sorti de chez moi à huit heures, j’ai marché au lieu de prendre le métro, je me suis marré en croisant un homme qui portait une télé… ». Et c’est l’ouverture. Le rideau se lève.

Comme une course de relais, les trois points de suspension permettent à cette « victime » de prendre sa revanche, de rebondir sur cette opportunité offerte par le personnage, et par ricochet par l’auteur lui-même, de poursuivre le flux de sa pensée et d’ouvrir la voie à un autre passant pris au piège au hasard des rencontres et des tribulations de la vie. D’ailleurs, ce roman n’a t-il pas pour titre La vie ? Ces deux mots résument toute une dimension philosophique et métaphysique. Car qui peut définir ce qu’est la vie ? Depuis Platon jusqu’à Aristote en passant par Descartes, pour ne pas inviter Lao Tseu ou Averroès à la fête, aucun de ces philosophes ne peut donner une approche au plus près de la vérité de ce concept qu’est la vie.

La théorie de l'information, Aurélien Bellanger (2 recensions)

Ecrit par Olivier Bleuez, Marie du Crest , le Vendredi, 12 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Gallimard, La rentrée littéraire

La Théorie de l’information, Août 2012, 487 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Aurélien Bellanger Edition: Gallimard

 

Recension 1

 

Il s’agit du récit de la vie d’un entrepreneur français (Pascal Ertanger) qui va, de succès en succès, traverser l’époque du minitel, de l’émergence de l’internet grand public et s’enfoncer dans le numérique jusqu’à la folie. L’auteur s’est inspiré de la vie de Xavier Niel, fondateur de la société Iliad et connu principalement pour avoir créé l’offre d’accès à internet Free. Cette source d’inspiration n’est qu’un prétexte pour camper notre époque et la passer au filtre de la technique froide qui la caractérise : le traitement des données. Tout le livre d’Aurélien Bellanger tourne autour de cette tâche centrale aujourd’hui, envisagée comme grille de lecture de notre monde technique, avec ces afflux de données stockées dans des centres de plus en plus imposants dont on doit extraire de l’information. Le récit est jalonné de longs résumés sur l’histoire de l’informatique grand public, du minitel et de l’extension du domaine de l’information numérique.

Ce que le jour doit à la nuit, Yasmina Khadra

Ecrit par Stéphane Bret , le Vendredi, 12 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Bassin méditerranéen, Roman, Pays arabes, Pocket

Ce que le jour doit à la nuit, 2009, 441 p. 7,60 € . Ecrivain(s): Yasmina Khadra Edition: Pocket

 

Qu’est-ce qui détermine la vie d’un homme ? Sa condition sociale, ses origines, ses antécédents culturels, son enfance ? Sans céder jamais à un schématisme facile, Yasmina Khadra nous invite dans ce roman à une double traversée : celle du destin de Younes Mahieddine, jeune algérien vivant dans un village, misérable, nommé Jenane Jato, dans les années trente, et celui de son pays : l’Algérie.

Ce personnage, dont la maison familiale a brûlé, et dont le père s’éloigne de sa famille pour des raisons tant matérielles que morales, est confié à son oncle, un musulman éclairé, progressiste vivant avec une européenne, Germaine, gérante d’une pharmacie à Rio Salado, dans les environs d’Oran. Après avoir découvert la misère dans son village d’origine, l’analphabétisme, la discrimination sociale, toujours présente en filigrane dans le roman, il se frotte au milieu des colons européens ; y découvre l’amitié de certains personnages, André, Fabrice, Jean-Christophe, tous épris du désir de vivre follement leur jeunesse et de profiter de la vie, malgré les nuages qui s’amoncellent sur l’Algérie coloniale.

Max, Sarah Cohen-Scali

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Jeudi, 11 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Jeunesse, Gallimard Jeunesse

Max, 7 juin 2012, 480 p. 15,90 € . Ecrivain(s): Sarah Cohen-Scali Edition: Gallimard Jeunesse

 

« Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier né de la race suprême. La race aryenne (…). Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans dieu. Sans loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. (…) Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! »

Le ton est donné : glacial, chirurgical, oppressant ; plein de hargne et de fureur. D’autant plus embarrassant que c’est un enfant qui s’exprime dans ces mots pleins de colère. Sarah Cohen-Scali aborde ici un sujet rare, celui des « Lebensborn », de vastes centres de reproduction et d’élevage de la race aryenne. Ces pouponnières, réparties sur l’ensemble du Reich, ont pour but d’éradiquer toute trace de non-conformité aux standards germaniques et de promouvoir les idéaux néo-nazis en formatant les jeunes enfants. Minutieusement documenté, le roman nous transporte dans cette aberration intellectuelle à travers le parcours d’un de ces enfants, Max, rebaptisé  Konrad. Né d’une mère blonde aux yeux bleus, saillie par un officier dans une chambre noire, il est le parfait rejeton d’une société qui se veut être celle des nouveaux Seigneurs, ces servants du Führer, conçus et éduqués sans amour et sans attaches.