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La Une Livres

Clandestin, Philip Caputo

Ecrit par Yann Suty , le Mercredi, 25 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, USA, Roman, Le Cherche-Midi

Clandestin (Crossers), traduit USA par Fabrice Pointeau, 736 p. 22 € . Ecrivain(s): Philip Caputo Edition: Le Cherche-Midi

 

Une épopée américaine. Avec Clandestin, Philip Caputo se plonge dans un siècle d’histoire américaine, de l’avant-veille de la première guerre mondiale au lendemain des attentats du 11 septembre. Attentats au cours desquels est décédée la femme du personnage principal du livre, Gil Castle. Elle a été « atomisée ». Son corps n’a jamais été retrouvé.

Castle ne parvient pas à se remettre de cette disparition. Il entre dans une longue phase de dépression, est à deux doigts de se suicider, mais se ravise au dernier moment, le fusil en main, pour ne pas imposer cette nouvelle épreuve à ses filles.

Finalement, il plaque son boulot de grand ponte de Wall Street (mais garde quelques millions de dollars sur son compte, ce qui sera très pratique pour la suite du roman, mais qui s’avère également une facilité scénaristique certaine…) et part s’installer en Arizona, près de la frontière mexicaine, dans une cabane située sur les terres de ses cousins.

Une nouvelle vie débute, qu’il passe entre parties de chasse avec son chien et lecture de Sénèque. Petit à petit, il retrouve goût à la vie.

Langue française et poésie, Robert Notenboom

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 25 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais, Poésie, Le puits de Roulle

Langue française et poésie, 2012, 102 p. 10 € . Ecrivain(s): Robert Notenboom Edition: Le puits de Roulle

 

Robert Notenboom a donné une conférence au SIEL de Paris le 27 novembre 2011. Le verbatim de celle-ci figure en première partie de son ouvrage et le rappel des règles de la prosodie classique constitue la seconde.

L’auteur n’a, selon ses propos, pas hérité de la langue française, il a dû la conquérir, ce qui explique, sans doute, le profond attachement qu’il lui porte. Dans cet essai, il dépeint la langue de Molière, son histoire, sa nature, son vocabulaire, son orthographe, sa richesse vocalique, son rythme, son statut actuel entre « classicisme rassurant et verlibrisme délirant ». Il présente, avec bonheur et un souci marqué du détail, la langue française sous toutes ses facettes. Un peu à l’image d’un artisan travaillant la matière. Sa démarche, il l’explique en quelques lignes : « De même qu’un maçon doit connaître le sable et la chaux, ainsi que le maniement de la truelle, un ébéniste doit distinguer les différents bois, en connaître la dureté et la densité, maîtriser l’usage de la gouge et du maillet ; de même le poète doit-il connaître la langue qu’il a choisi de servir, être à l’aise avec sa grammaire, sa syntaxe et ce que l’on nomme communément la prosodie, à laquelle je préfèrerais donner le nom de rythmique ».

Super triste histoire d'amour, Gary Shteyngart

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 24 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Science-fiction, USA, Roman, L'Olivier (Seuil)

Super triste histoire d’amour (Super sad true love story. Trad. de Stéphane Roques) Mars 2012. 408 p. 24 € . Ecrivain(s): Gary Shteyngart Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Il y a maldonne. En septembre dernier on nous annonçait à sons de trompe « le grand livre sur l’Amérique d’aujourd’hui » avec le « Freedom » de Franzen. Livre laborieux, long, finalement assez insignifiant. Eh bien il est là ce livre « de » et « sur » l’Amérique, avec ce tonitruant roman « de SF » de Shteyngart.

De SF  dit-on ? Science-Fiction ? Il fut un temps, naguère, où on disait « anticipation » et dans le cas de ce roman le terme est tellement plus juste ! Anticipation, à peine … Et la puissance tellurique de ce livre c’est ça : l’à-peine décalage dans le temps. Oui, c’est de la fiction, mais une fiction tellement ancrée dans les fondements aveuglants du présent, qu’elle en extrait la quintessence. A la manière d’une fable philosophique, ce roman d’anticipation dresse un tableau saisissant de ce qui nous attend ou, plus exactement, de ce qui nous arrive.

Lenny Abramov, Juif américain presque quadra est tombé amoureux, lors d’une année sabbatique à Rome en l’An … , d’une très jeune coréenne, Eunice Park. Lui qui travaille pour  « les services post-humains » de la Staatling-Wapachung, entreprise US qui a pour objet la production de … l’immortalité, rien moins. Belle injection de jouvence que cette fille, menue, drôle et prototype tonique de son temps.

Plupk, Olivier Douzou, Natali Fortier

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Mardi, 24 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Jeunesse, Le Rouergue

Plupk, mars 2012, 40 p. 15 € . Ecrivain(s): Olivier Douzou et Natali Fortier Edition: Le Rouergue

 

« Plupk aime bien l’histoire de ce petit enfant perdu dans les bois qui retrouve sa maison en suivant les cailloux qu’il a semés ».

– Oh la la, ce qu’il est malin ce petit !

Plupk referme son livre. Soudain, il a peur.

– Et si mes parents décidaient de me perdre dans la forêt ? Et pourquoi vivons-nous dans une maison perdue au milieu de la forêt ? Mes parents sont-ils pauvres ? »

Logiquement donc, Plupk prend sa besace et sort ramasser des cailloux, juste au cas où ses parents auraient eux aussi de drôles d’idées…

Plupk comme tous les enfants aime les histoires, surtout celles qui font peur. Et Plupk aime se raconter des histoires, qui invariablement confondent réalité et imaginaire, et l’entraînent dans les territoires enténébrés des forêts légendaires.

Le vent d'Anatolie, Zyrànna Zatèli

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 23 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Bassin méditerranéen, Récits, Quidam Editeur

Le vent d’Anatolie, Quidam éditeur, collection Poche, 2012, traduit du grec par Michel Volkovitch, 56 p. 5 € . Ecrivain(s): Zyrànna Zatèli Edition: Quidam Editeur

Sympathiques petits livres pour un prix plus qu’abordable, la collection Poche de Quidam séduit d’emblée. Un beau chat bleu en couverture de celui-ci. Le Vent d’Anatolie est une nouvelle de Zyrànna Zatèli, tirée du recueil Gracieuse dans ce désert.

C’est un texte qui se lit d’un trait, d’une grande beauté, troublant, qui raconte dans une langue simple, très fortement empreinte de poésie, une étrange histoire d’amitié. Celle d’une jeune fille et d’une vieille tuberculeuse un peu folle. Mais est-elle réellement folle ou plutôt désespérément seule ? Isolée par la communauté qui craint sa maladie, mais la nourrit quand même par acquis, sans doute, de bonne conscience, elle meurt à petit feu dans sa maison, comme une pestiférée, brassant souvenirs et délires.

Un jour, la jeune fille qui est la narratrice de l’histoire, est chargée d’apporter à manger à Anatolie, c’est le nom de la vieille malade. La nouvelle débute ainsi par le trajet qui mène à sa maison, un bref portrait de quelques personnages de ce coin perdu au nord de la Grèce : Naoum le bijoutier qui met des pompons aux oreilles des chats et qui vend aussi bien des bijoux que des fusils de chasse, le souvenir d’une jeune fille morte à 17 ans dans un sanatorium, un boucher cynique, pétomane, coureur de jeunes jupons et ainsi, on arrive chez Anatolie.