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Ma captivité chez les Sioux, Fanny Kelly

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 04 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, USA, Récits, Petite bibliothèque Payot

Ma captivité chez les Sioux, trad. (USA) par Danièle Momont, Petite Bibliothèque Payot, mai 2012, 266 p. 8,65 € . Ecrivain(s): Fanny Kelly Edition: Petite bibliothèque Payot

Fanny Kelly sera l’auteur d’un seul livre, mais de quel livre ! Dans Ma captivité chez les Sioux, récit encore inédit en français, elle relate une expérience unique en son genre et témoigne à sa façon particulière de la culture d’un peuple, les Sioux Oglalas. Ma captivité chez les Sioux est une lecture originale, où l’aventure le dispute au documentaire, qui vaut surtout pour le regard de la narratrice, une jeune femme courageuse et observatrice, une Blanche parmi les Peaux-Rouges.

En 1864, Fanny Kelly est une jeune femme de 19 ans lorsqu’elle se lance dans ce périlleux voyage qu’est la conquête de l’Ouest, aux côtés de son mari et de leur petite fille adoptive. Leur convoi est attaqué par des guerriers Sioux qui ne laissent aucune chance aux colons. Seules Fanny et sa fille échappent au massacre et au pillage et se retrouvent prisonnières.

Durant cinq mois, Fanny va vivre au rythme de la tribu, partageant le quotidien rude, les fêtes rituelles, les souffrances de ce peuple pour lequel elle éprouve à la fois respect et crainte. Elle va vivre dans l’angoisse d’avoir perdu son mari et sa fille qu’elle a tenté de faire s’échapper dès leur première nuit de captivité. Fanny ne se résigne jamais et tentera, de multiples façons, de contacter les siens afin d’échapper au joug de la tribu.

Inséparables, Alessandro Piperno

Ecrit par Alexandre Muller , le Lundi, 03 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, La rentrée littéraire, Italie, Editions Liana Levi

Inséparables, 30 août 2012, trad. italien Fanchita Gonzalez-Batlle, 394 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Alessandro Piperno Edition: Editions Liana Levi

 

Lire Piperno ? On peut imaginer être sur une terrasse à Rome face à un ami volubile qui raconte une histoire prenante, disgressant du regard sur les fesses rebondies de passantes romaines, sans pour autant dériver de son propre raisonnement.

Lire Piperno ? Cela ressemble à un rêve où enfermé dans une voiture tombée à l’eau on observe la montée des eaux dans l’habitacle. C’est un rêve, rien ne peut nous arriver, mais cela reste très oppressant.

Lire Piperno est une expérience, que l’on apprécie ou pas, parfois éprouvante, mais qui incontestablement ne laisse pas indifférent.

Alors Alessandro qu’as-tu à nous en dire de tes inséparables ? Sans doute préciserais-tu au préalable que ton nouveau roman possède un frère jumeau. L’ainé s’appelle Persécution. Il est paru en Septembre 2011 aux éditions Liana Levi. Il a obtenu le prix du meilleur livre étranger et des commentaires de presse dithyrambiques. Accordons-lui un ou deux paragraphes.

Le tombeau du guerrier, Marie Eve Sténuit

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 03 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Serge Safran éditeur

Le tombeau du guerrier, Mars 2012, 189 p. 17 € . Ecrivain(s): Marie Eve Sténuit Edition: Serge Safran éditeur

 

Petit opus élégant, agréable en mains, comme Serge Safran sait en faire : sujet hors des sentiers battus, écriture sans failles, climat de surprises si rare en littérature.

Archéologie ! Mot, s’il en est, qui fait rêver l’enfant qu’on a été, l’adulte qu’on est. Qui n’est pas sûr d’avoir dit, à la fin d’un repas entre copains, quand traînent les confidences : « moi, j’aurais tant aimé être archéologue ! », et passe dans nos mémoires le regard – unique – échangé, un jour, entre Carter et un certain Toutankhamon…

Mine de rien, ce Tombeau du guerrier est le parfait documentaire sur une « vraie » campagne de fouilles, de nos jours, en Syrie. Le but étant de vérifier que « le niveau IV de la ville III de Tell Charri est exactement contemporain du niveau du temple A de Beylan », en chronologie « longue ou courte », dilemme non tranché, s’entend. Vous saurez donc tout d’une campagne archéologique ; ses préliminaires valant arcanes diplomatiques, ses  membres – qui fait quoi ? Le site, en surplomb d’une décharge, sous un cagnard  constant, palpable à la lecture :

Une sainte fille, Franz Bartelt

Ecrit par Patryck Froissart , le Lundi, 03 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Nouvelles, Folio (Gallimard)

Une sainte fille, Collection Folio 2€, 93 p. . Ecrivain(s): Franz Bartelt Edition: Folio (Gallimard)

 

Quelle bonne initiative que la publication chez Gallimard de petits ouvrages dans cette série répertoriée « Folio2€ » !

Une sainte fille est le titre d’une des trois nouvelles de ce recueil, extraites de La Mort d’Edgar, œuvre plus conséquente publiée dans la collection Blanche du même éditeur.

Les personnages principaux de ces trois récits ont un trait commun : ils se caractérisent par leur relation avec autrui.

L’une, bien qu’étant, de nature, l’inverse de ce que le monde croit qu’elle est, passe, durant toute sa vie, pour ce qu’elle n’est pas, et subit de ce fait une célébrité aussi universelle que non voulue. C’est là à la fois une illustration terrible de ce que peut avoir pour conséquence la rumeur publique, et une dénonciation pleine de grinçant humour de l’un des travers les plus fondamentaux de notre société : l’hypocrisie collective.

Infidèles, Abdellah Taïa

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 01 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Bassin méditerranéen, Roman, Pays arabes, Seuil, La rentrée littéraire

Infidèles, août 2012, 188 p. 16,50 € . Ecrivain(s): Abdellah Taïa Edition: Seuil

 

Un fils raconte sa mère. Elle s’appelle Slima, elle est prostituée. Jallal accompagne son quotidien, la protège, attire les clients. A travers ce chant d’amour, cette proclamation cent fois répétée, Jallal se dévoile, se dessine, se découvre, quitte l’enfance pour l’âge d’homme, il a dix ans. La voix de la grand-mère se fait entendre : dernières recommandations à sa fille, bribes du passé, invocations à la Kahina. « Notre passé n’existera pas, à Hay Salam. On l’écrira comme on voudra. Une autre fiction ». Mère et fils quittent un quartier pour un autre, recommencent leur pas de deux jusqu’à s’attirer à nouveau les foudres du voisinage. Comme une rengaine, les insultes tombent, pendant que tourne en boucle le film chéri et les paroles de sa chanson, River of No Return.

Mère et fils se partagent l’amour d’un soldat. Ce dernier devient l’amant, le père, le modèle. « Deux ans pour connaître de l’intérieur un homme, un être humain, un sexe masculin ». « Deux ans pour m’inspirer d’un homme, le copier, marcher comme lui, me tenir comme lui, tomber comme lui, inventer dans ce monde une place près de la sienne, un chemin parallèle au sien ». Les amants de Slima passent sans s’arrêter, Marilyn chante, autour d’elle, des hommes attablés. Au saloon comme dans la chambre. Une immense solitude, le rejet, l’errance, une immense sollicitude. C’est le fils qui sauve, c’est lui qui rééquilibre la balance d’un destin tragique, c’est lui qui réécrit l’histoire.