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La Une Livres

Tangente vers l'est, Maylis de Kerangal

Ecrit par Claire Teysserre-Orion , le Jeudi, 26 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Récits, Verticales

Tangente vers l’est, janvier 2012, 128 p. 11,50 € . Ecrivain(s): Maylis de Kerangal Edition: Verticales

Avec une quinzaine d’autres écrivains français, Maylis de Kerangal a pris le Transsibérien à l’occasion de l’année France-Russie 2010. Pour ce voyage officiel organisé par l’Institut français, le train avait été rebaptisé Blaise Cendrars. De cette drôle d’entreprise littéraire, la plupart tireront un récit de leur voyage (Dominique Fernandez), des considérations historico-politiques (Danièle Sallenave) ou de simples romans où l’expérience sibérienne ne semble pas transparaître (Nicolas Fargues). Ils sont finalement peu comme Maylis de Kerangal à avoir fait le choix d’un roman ayant pour décor le Transsibérien.

Dans ce court récit, l’auteur du très remarqué Naissance d’un pont (Prix Médicis 2010) dessine avec délicatesse une improbable rencontre entre un très jeune Russe et une femme française. Aliocha prend le train avec ses futurs compagnons de service militaire et sous la surveillance du Sergent Letchov. Comme il a connu une fois la douceur de dormir avec une « jeune fille au manteau rouge », il ne pense qu’à fuir : « Aliocha a peur. Putain, la Sibérie ! ». Il croise alors Hélène, une Française de 35 ans qui vient tout juste de quitter son amant Anton, peut-être pour toujours, elle-même ne semble pas bien le savoir. Aliocha et Hélène, sans pouvoir communiquer faute de langue commune, passeront toute une nuit à fumer ensemble.

Clandestin, Philip Caputo

Ecrit par Yann Suty , le Mercredi, 25 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, USA, Roman, Le Cherche-Midi

Clandestin (Crossers), traduit USA par Fabrice Pointeau, 736 p. 22 € . Ecrivain(s): Philip Caputo Edition: Le Cherche-Midi

 

Une épopée américaine. Avec Clandestin, Philip Caputo se plonge dans un siècle d’histoire américaine, de l’avant-veille de la première guerre mondiale au lendemain des attentats du 11 septembre. Attentats au cours desquels est décédée la femme du personnage principal du livre, Gil Castle. Elle a été « atomisée ». Son corps n’a jamais été retrouvé.

Castle ne parvient pas à se remettre de cette disparition. Il entre dans une longue phase de dépression, est à deux doigts de se suicider, mais se ravise au dernier moment, le fusil en main, pour ne pas imposer cette nouvelle épreuve à ses filles.

Finalement, il plaque son boulot de grand ponte de Wall Street (mais garde quelques millions de dollars sur son compte, ce qui sera très pratique pour la suite du roman, mais qui s’avère également une facilité scénaristique certaine…) et part s’installer en Arizona, près de la frontière mexicaine, dans une cabane située sur les terres de ses cousins.

Une nouvelle vie débute, qu’il passe entre parties de chasse avec son chien et lecture de Sénèque. Petit à petit, il retrouve goût à la vie.

Langue française et poésie, Robert Notenboom

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 25 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais, Poésie, Le puits de Roulle

Langue française et poésie, 2012, 102 p. 10 € . Ecrivain(s): Robert Notenboom Edition: Le puits de Roulle

 

Robert Notenboom a donné une conférence au SIEL de Paris le 27 novembre 2011. Le verbatim de celle-ci figure en première partie de son ouvrage et le rappel des règles de la prosodie classique constitue la seconde.

L’auteur n’a, selon ses propos, pas hérité de la langue française, il a dû la conquérir, ce qui explique, sans doute, le profond attachement qu’il lui porte. Dans cet essai, il dépeint la langue de Molière, son histoire, sa nature, son vocabulaire, son orthographe, sa richesse vocalique, son rythme, son statut actuel entre « classicisme rassurant et verlibrisme délirant ». Il présente, avec bonheur et un souci marqué du détail, la langue française sous toutes ses facettes. Un peu à l’image d’un artisan travaillant la matière. Sa démarche, il l’explique en quelques lignes : « De même qu’un maçon doit connaître le sable et la chaux, ainsi que le maniement de la truelle, un ébéniste doit distinguer les différents bois, en connaître la dureté et la densité, maîtriser l’usage de la gouge et du maillet ; de même le poète doit-il connaître la langue qu’il a choisi de servir, être à l’aise avec sa grammaire, sa syntaxe et ce que l’on nomme communément la prosodie, à laquelle je préfèrerais donner le nom de rythmique ».

Super triste histoire d'amour, Gary Shteyngart

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 24 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Science-fiction, USA, Roman, L'Olivier (Seuil)

Super triste histoire d’amour (Super sad true love story. Trad. de Stéphane Roques) Mars 2012. 408 p. 24 € . Ecrivain(s): Gary Shteyngart Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Il y a maldonne. En septembre dernier on nous annonçait à sons de trompe « le grand livre sur l’Amérique d’aujourd’hui » avec le « Freedom » de Franzen. Livre laborieux, long, finalement assez insignifiant. Eh bien il est là ce livre « de » et « sur » l’Amérique, avec ce tonitruant roman « de SF » de Shteyngart !

De SF  dit-on ? Science-Fiction ? Il fut un temps, naguère, où on disait « anticipation » et dans le cas de ce roman le terme est tellement plus juste ! Anticipation, à peine … Et la puissance tellurique de ce livre c’est ça : l’à-peine décalage dans le temps. Oui, c’est de la fiction, mais une fiction tellement ancrée dans les fondements aveuglants du présent, qu’elle en extrait la quintessence. A la manière d’une fable philosophique, ce roman d’anticipation dresse un tableau saisissant de ce qui nous attend ou, plus exactement, de ce qui nous arrive !

Lenny Abramov, Juif américain presque quadra est tombé amoureux, lors d’une année sabbatique à Rome en l’An … , d’une très jeune coréenne, Eunice Park. Lui qui travaille pour  « les services post-humains » de la Staatling-Wapachung, entreprise US qui a pour objet la production de … l’immortalité, rien moins ! Belle injection de jouvence que cette fille, menue, drôle et prototype tonique de son temps.

Plupk, Olivier Douzou, Natali Fortier

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Mardi, 24 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Jeunesse, Le Rouergue

Plupk, mars 2012, 40 p. 15 € . Ecrivain(s): Olivier Douzou et Natali Fortier Edition: Le Rouergue

 

« Plupk aime bien l’histoire de ce petit enfant perdu dans les bois qui retrouve sa maison en suivant les cailloux qu’il a semés ».

– Oh la la, ce qu’il est malin ce petit !

Plupk referme son livre. Soudain, il a peur.

– Et si mes parents décidaient de me perdre dans la forêt ? Et pourquoi vivons-nous dans une maison perdue au milieu de la forêt ? Mes parents sont-ils pauvres ? »

Logiquement donc, Plupk prend sa besace et sort ramasser des cailloux, juste au cas où ses parents auraient eux aussi de drôles d’idées…

Plupk comme tous les enfants aime les histoires, surtout celles qui font peur. Et Plupk aime se raconter des histoires, qui invariablement confondent réalité et imaginaire, et l’entraînent dans les territoires enténébrés des forêts légendaires.