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La mort est une nuit sans lune, Renaud Santa Maria

, le Mardi, 11 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, La rentrée littéraire, Stéphane Million éditeur

La Mort est une nuit sans Lune, Stéphane Million Editeur, 23 août 2012, 15 € . Ecrivain(s): Renaud Santa Maria Edition: Stéphane Million éditeur

Après nous avoir étonné et passionné avec son premier livre Le cœur en berne (Recueil de nouvelles) et ses différentes publications dans la très bonne revue Bordel éditée par Stéphane Million. Renaud Santa Maria fait sa rentrée cette année avec son premier roman.

Attention auteur !

Premier roman, première réussite.

Quel amour de la langue, quelle beauté dans le choix des mots, avec en plus une pointe d’humour parfois légèrement décalée.

Au travers des pages, nous traversons la vie d’un homme, Augustin. De l’enfance à l’âge des souffrances. La dépression, l’envie de mort et l’amitié sont présentes tout au long de cette vie. Une forme de bonheur aussi lorsqu’il rencontre enfin Clara qui, un temps du moins, lui fera oublier qu’il n’est pas de ce monde.

C’est après avoir quitté Reims, sa ville natale, pour Paris, qu’il provoquera la rencontre de la femme de sa vie.

Les Belles endormies, Yasunari Kawabata

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mardi, 11 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Le Livre de Poche, Japon

Les Belles endormies, Le dit d’Eguchi, 125 pages, 4 € . Ecrivain(s): Yasunari Kawabata Edition: Le Livre de Poche

 

Les belles endormies est un roman magistral de Kawabata. Il s’agit ici de ces jeunes filles qu’on drogue afin qu’elles puissent être plongées dans un profond sommeil. Elles sont ensuite placées, nues, dans un lit qu’elles partageront avec un vieillard dont elles ignorent tout de l’existence. A leur réveil, le vieil homme ne sera plus là pour les effrayer.

C’est un roman écrit en 1961. Il met en exergue la problématique de la décrépitude liée à l’âge. Mais en même temps, Kawabata s’applique à décrire cette déchéance dans des scènes empreintes de perversion et d’érotisme sans tomber pour autant dans la laideur ou dans le voyeurisme. Et si je puis dire, c’est là que réside son absolu talent. Kawabata suggère, Kawabata laisse parler son personnage. Son écriture recueille les réflexions tortueuses et les souvenirs du vieillard. Kawabata s’attarde pour cela sur les détails sans tomber dans le glauque. Chaque détail relevé est retravaillé. Il est orné par des adjectifs et adverbes afin d’exacerber le tragique de l’existence. Le travail du détail, de la description à partir d’un motif, d’un objet ou d’une sensation, rapproche l’écriture de cet illustre auteur japonais à celle d’une poésie ou encore à la technique d’un peintre impressionniste.

Coupables, Ferdinand von Schirach

Ecrit par Olivier Verdun , le Lundi, 10 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Langue allemande, Nouvelles, Gallimard, La rentrée littéraire

Coupables, traduit de l’allemand par Pierre Malherbet, septembre 2012, 187 p. 17,90 € . Ecrivain(s): Ferdinand Von Schirach Edition: Gallimard

 

Dans son dernier recueil de nouvelles sobrement intitulé Coupables, Ferdinand von Schirach ne ménage guère son lecteur qu’il plonge dans l’opacité sans fond des motivations humaines, au cœur de la mécanique des affaires criminelles.

Avocat de la défense au barreau de Berlin depuis 1994, Ferdinand von Schirach sait de quoi il parle. Les événements qu’il relate, tous aussi sordides les uns que les autres, seraient restés de simples faits divers tout droit sortis des annales judiciaires sans le regard clinique et profondément humain à la fois de l’écrivain.

Au fil de ces quinze nouvelles, dont certaines donnent la nausée tant l’écriture, qui n’est pas sans rappeler celle d’Agota Kristof, du Michel Houellebecq d’Extension du domaine de la lutte ou, au cinéma, de Bruno Dumont, est limée jusqu’à l’extrême concision, l’auteur traque, au-delà des seules questions de justice et de procédure, des vies sur le fil du rasoir, des vies qui se détraquent, des vies qui basculent jusqu’au point de non retour, prises dans l’engrenage de sibyllines nécessités.

Le voyage de Nietzsche à Sorrente, Paolo D'Iorio

Ecrit par Lionel Bedin , le Lundi, 10 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais, Italie

Le voyage de Nietzsche à Sorrente, Genèse de la philosophie de l’esprit libre, CNRS Éditions 2012, 246 p. 20 € . Ecrivain(s): Paolo D'Iorio

 

Nietzsche est alors un jeune professeur de philosophie à Bâle, un poste qui commence à lui peser lorsque, à l’invitation de son amie Malwida von Meysenbug, il part à Sorrente, où il retrouve d’autres amis. Dans cette petite ville du golfe de Naples on y croise des habitués, comme Wagner, dont Nietzsche est alors un fervent propagandiste. Mais ce voyage va tout changer. Car si la première raison du séjour à Sorrente est la santé du philosophe, ce qui va se passer en réalité est d’une importance capitale pour Nietzsche – et du coup pour la philosophie.

« Cheminer par des allées de douce pénombre à l’abri des souffles, tandis que sur nos têtes, agités par des vents violents, les arbres mugissent, dans une lumière plus claire ».

A Sorrente, Nietzsche jouit « de l’état d’âme particulier du voyageur, de celui qui ne cherche pas à être chez soi mais veut être ailleurs, qui apprécie le voyage, le paysage, les beautés de la nature et de l’art avec des yeux de touristes ». Des dispositions bienvenues pour qui veut s’ouvrir au monde. Et pas n’importe quel monde ! « Du balcon de la Villa Rubinacci, Nietzsche voit tous les jours dans le lointain, au milieu de la mer entre le Vésuve et Capri, la silhouette escarpée de l’île d’Ischia ». Il y a pire… Et il y a sans aucun doute un rapport avec les îles bienheureuses de Zarathoustra.

Broum, l'automobile, Eric Battut

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 10 Septembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Jeunesse, Autrement

Broum l’automobile, Editions Autrement Jeunesse, août 2012, 32 pages, 13,95 € . Ecrivain(s): Eric Battut Edition: Autrement

 

Le prolifique Eric Battut a su créer un style original dans des albums toujours très attendus. Il illustre de grandes pages poétiques à l’acrylique, où de multiples petits personnages et détails prennent vie dans de somptueux décors. Dans ce nouvel album, l’héroïne est Broum, la bien-nommée, une auto 1900 qui va traverser les époques et connaître plusieurs vies.

« Ramenez Vif-Argent aux écuries, j’ai une idée de génie ! Nous sommes en 1900, il faut vivre avec son temps ! Il me faut une voiture automobile, une Broum, une Broum 1900 ! »

Nouveau coup de cœur d’un riche baron, véhicule de transport de troupes, taxi à Paris, transformé en espace de jeu pour enfants, fidèle compagne de jeunes gens hippie… Broum raconte l’histoire du XXe siècle, à travers le quotidien de plusieurs générations et les grands événements. Intime et Histoire se côtoient. Broum reste disponible, prête à redémarrer et à s’engager vaillamment dans de nouvelles aventures. Vêtue de noir et de blanc, l’élégante de la Belle Epoque se transforme, au gré des réparations ; elle se voit parée de divers accessoires. Le plus singulier étant assurément sa version du poulailler insolite.