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L'histoire (presque) vraie de Cedar B. Hartley ... , Martine Murray

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 22 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Jeunesse, Océanie, Mijade

L’histoire (presque) vraie de Cedar B. Hartley qui voulait vivre une vie peu ordinaire, trad. de l’anglais (Australie) Agnès de Ryckel, juin 2012, 235 p. 9 € . Ecrivain(s): Martine Murray Edition: Mijade

Avec cette histoire (presque) vraie, les éditions Mijade nous proposent un vrai bonheur de lecture, un objet littéraire d’un genre indéterminé mais totalement addictif. La jeune Cedar nous y raconte un pan mouvementé de sa vie d’adolescente dans un récit enlevé, ponctué de dessins naïfs à l’encre noire. Alors qu’elle rêve que quelque chose lui arrive enfin, elle se voit confrontée à toute une série d’événements qui vont l’amener à se découvrir, se dépasser et à agir sur sa destinée.

« Je me suis regardée dans le miroir pour voir de quoi j’avais l’air, et le visage de Cedar B. Hartley m’a rendu mon regard. Ce n’était pas vraiment le reflet d’une Lana Monroe, ni d’une fille célèbre ou très savante… juste un grand sourire plein d’espoir et une auréole rousse de cheveux bouclés ».

Cedar n’est pas une star, pas même l’une de ces filles sur lesquelles les garçons se retournent. Par contre, elle a une sacrée personnalité mais, ça, elle ne le sait pas encore. Parmi ses signes distinctifs : se met les doigts dans le nez pour revenir sur terre, décode les roucoulements des pigeons, participe au championnat de position de chauve-souris, adore Barnaby, son frère fugueur philosophe – il lui a appris que lorsqu’on est vraiment amoureux, on aime les trois parties de la personne : esprit, âme et corps.

Une histoire symbolique du Moyen Âge occidental, Michel Pastoureau

Ecrit par Yan Lespoux , le Dimanche, 22 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais, Points

Une histoire symbolique du Moyen Âge occidental, Points Histoire, Juin 2012, 487 pages, 10 € . Ecrivain(s): Michel Pastoureau Edition: Points

 

On ne présente plus Michel Pastoureau, historien médiéviste, qui a rencontré depuis plusieurs années un grand succès en librairie grâce à ses histoires des couleurs ou ses travaux sur les bestiaires du Moyen Âge.

Avec cette Histoire symbolique du Moyen Âge occidental, recueil d’articles de l’auteur édité initialement en 2004 au Seuil et aujourd’hui réédité en poche, on retrouve l’essentiel des thèmes chers à Michel Pastoureau et qui lui ont permis de toucher le grand public : couleurs et bestiaires, donc, qui occupent une place majeure dans l’ouvrage, mais aussi héraldique, vexillologie, végétaux, jeux, et regards portés postérieurement sur le Moyen Âge par des auteurs comme Walter Scott, Jean de La Fontaine ou Nerval.

Ouvrage à la fois érudit et grand public grâce à la plume alerte de Michel Pastoureau qui ne sacrifie jamais ni le style ni la précision des faits et des concepts, Une histoire symbolique du Moyen Âge se révèle être un livre qui allie dans le meilleur sens du terme la vulgarisation et l’exigence scientifique.

Contes de la rue Broca, Pierre Gripari

Ecrit par Olivier Verdun , le Samedi, 21 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Grasset, Jeunesse

Contes de la rue Broca, illustrations Claude Lapointe, Editions Grasset-Jeunesse, 2012, 25 € . Ecrivain(s): Pierre Gripari Edition: Grasset

Les Contes de la rue Broca, que viennent de rééditer pour notre plus grand bonheur les Éditions Grasset-Jeunesse et qui sont superbement illustrés par Claude Lapointe, est sans conteste l’œuvre la plus célèbre du truculent Pierre Gripari. Traduite dans le monde entier, elle paraît pour la première fois en 1967 aux Éditions de la Table Ronde et passe étrangement inaperçue à cette époque. En 1982, quatre de ces contes sont adaptés pour la télévision par Patrick Le Gall et Alain Nahum.

Il s’agit d’une anthologie de treize histoires (La sorcière de la rue Mouffetard, La Fée du robinet, La patate est une star, L’idiot deviendra une star…) guidée par l’humour facétieux, la fantaisie, le sens du rythme, la magie des mots. Chaque récit a pour toile de fond la rue Broca qui est située dans le cinquième arrondissement de Paris, près des Gobelins, mais qui, note l’auteur dans la préface, n’est pas une rue comme les autres : « Tel l’univers d’Einstein, Paris, en cet endroit, présente une courbure, et passe, pour ainsi dire, au-dessus de lui-même […] la rue Broca, comme la rue Pascal, est une dépression, une rainure, une plongée dans le sub-espace à trois dimensions ».

Courbe donc, étroite, tortueuse, encaissée, souterraine en plein air, la rue Broca constitue, à elle seule, comme un petit village peuplé de gens d’origines très diverses qui se connaissent tous et qui ont en commun d’aimer les histoires.

Au carnaval des espérances, Jean-Claude Baise

Ecrit par Lionel Bedin , le Samedi, 21 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman

Au carnaval des espérances, Les presses du midi, 2011, 224 p. 18 € . Ecrivain(s): Jean-Claude Baise

 

Au Carnaval des espérances est un roman dans lequel Jean-Claude Baise nous transporte dans un pays qu’il connaît bien : la Guyane. La Guyane et ses lieux emblématiques : Saint-Laurent-du-Maroni, Kourou, Cayenne. La Guyane et son exubérance végétale. La Guyane et sa moiteur, sa chaleur. Un pays où les corps sont peu vêtus, où les jeunes femmes marchent avec des « mouvements fondus et harmonieux, sveltes et félins ». Un pays dans lequel des populations se sont mélangées aux cours des siècles. « Ici, l’humanité pétillait comme si l’Histoire, avec des talents d’artiste, s’était servie de toute la palette des races humaines pour créer des teintes et des nuances toujours différentes ». Un pays avec un décor de rêve : le fleuve Maroni et les petites rivières se parcourent en pirogues ; les mygales surgissent sur les empennages de bois, les crabes aux pinces rouges s’enfuient sur le sol spongieux… Un pays de rêve ou de cauchemar, tout dépend.

Tout dépend du moment où l’on y arrive et ce que l’on vient y faire. L’histoire démarre à Cayenne, et par un grand moment : le carnaval. Une grande fête, un incroyable spectacle.

Eaux mortelles, Nicolas Grumel

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 20 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Editions Kirographaires

Eaux mortelles, 2012, 242 p. 19,45 € . Ecrivain(s): Nicolas Grumel Edition: Editions Kirographaires

 

Kirographaires nous offre de ci, de là, de petites pépites, surprenantes à l’envi, passionnantes – on se jette dans le livre comme dans l’eau fraîche – fantastiques, souvent. Eaux mortelles est de celles-là ; ne passez pas l’été sans ce livre, qui, dès sa photo de couverture, inquiétante à souhait, vous pose au pied de la rampe de lancement prête à décoller pour ailleurs.

Âmes sensibles, s’abstenir ; ça secoue, ça malmène dans ce voyage-là ! «  Zigzag s’approcha du cadavre carbonisé. Pourquoi avoir sorti 500 dols ? Le charlatan savait que, depuis la catastrophe, la monnaie n’avait plus de valeur. Tous les survivants le savaient »...

Le brave gars Zigzag, qui, dans sa vie antérieure, n’en demandait pas tant, se retrouve à errer dans une ville «  d’après tout » ; un peu Hiroshima, mi «  Soleil vert », mi «  La planète des singes », ces derniers en moins, cependant. Un métro-univers glauque (Luc Besson aimerait) ; des rats mutants, de la peur qui rôde au kilo, distillée là où il faut ; rien à boire de potable, des bandes à faire frémir : « les Mostra Dark, c’était le pire des gangs que la catastrophe eut engendré ; même les Dash 3 s’écrasaient face à cette horde sauvage ».