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La Une Livres

Tryptique du veilleur, Louis Raoul

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 10 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Poésie, Cardère éditions

Triptyque du veilleur, Louis Raoul, Cardère, 2012, 58 pages, 12 € . Ecrivain(s): Louis Raoul Edition: Cardère éditions

 

Parce que la vie nous pousse de l’avant tout en nous dépouillant, vient ce temps où il nous faut prendre de la hauteur, de cette nécessité-là peut-être est né Triptyque du veilleur. Une tour, une barque et une archère. Non pas un, mais une, selon le choix de l’auteur. Une archère, qui est aussi la flèche envolée, et la cible invisible de l’au-delà.

Il y a donc une tour dans la première partie, intitulée L’approche de la hauteur. Une tour de pierre, de chair et de vent.

 

« Prisonnier et gardien

Tu n’habites pas la tour

Tu es ses assauts et sa défense

Le poème qui la fonde ».

La guerre des salamandres, Karel Capek

Ecrit par Yann Suty , le Lundi, 09 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Science-fiction, Pays de l'Est, Roman, La Baconnière

La Guerre des salamandres, 1936, mai 2012, trad. du tchèque Claudia Ancelot, 316 p. 18 € . Ecrivain(s): Karel Čapek Edition: La Baconnière

 

La lecture de ce livre terminé, on se met aussitôt à douter. A-t-il vraiment été édité en 1936 ? N’est-ce pas un « coup » marketing quelconque ? On pense au livre d’Antoine Bello, Les falsificateurs, en se demandant si cette réédition est une vraie réédition, si le livre n’a pas pu être écrit ces derniers temps et pas il y a 80 ans tant il semble si moderne dans son propos et dans sa forme, en plus de faire preuve de certains talents visionnaires…

En tout cas, les Editions La Baconnière ont l’excellente idée de rééditer, en collaboration avec Ibolya Virag, La guerre des Salamandres de l’auteur tchèque Karel Capek. Précurseur de la science-fiction, il est notamment l’inventeur du mot « robot ». Il avait même été l’un des favoris pour le Prix Nobel dans les années 34-35, mais il avait été mis hors course pour ne pas froisser Hitler…

Visage vive, Matthieu Gosztola

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 09 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Poésie

Visage vive, Ed.Gros Textes, photographies de l’auteur, 2011, 96 p. 7 € . Ecrivain(s): Matthieu Gosztola

Visage vive n’est pas de lecture aisée, car derrière une langue qui semble s’égarer, s’éteindre avant de se rallumer à nouveau, un peu comme des soubresauts, il y a cette tentative de dire l’indicible.

 

Il faisait un froid terrible

Dans le visage

De cet enfant là

 

Il n’y a pas de mots assez vastes, assez puissants pour contenir la douleur, sans doute la plus insupportable, de la perte d’un enfant. Aussi, par petites touches, ce texte se remémore, parle à l’enfant qui n’est plus, lui imagine même un futur, le tout accompagné de très belles photos de l’auteur, prises en Inde, pays de grande intensité spirituelle. Des photos dont toute la lumière et les vives couleurs aident peut-être à transcender la souffrance. Visage vive est un livre tendu comme une main au-dessus du vide et qui s’adresse aussi à tous ces autres « parents-funambules », qui subissent cette épreuve.

Venenum, Charlotte Bousquet

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 07 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Polars, Roman, Gulf Stream Editeur

Venenum, avril 2012, 288 p. 13,90 € . Ecrivain(s): Charlotte Bousquet Edition: Gulf Stream Editeur

Fidèles au concept de leur collection « Courants noirs », les éditions Gulfstream nous proposent avec Venenum un roman policier historique d’envergure. La plume riche et étoffée de Charlotte Bousquet dessert une intrigue palpitante et foisonnante, une plongée en un XVIIe siècle tourmenté et aride sur les traces de René Descartes. Le philosophe s’éteint durant l’hiver 1650, officiellement d’une pleurésie. Or, cette explication ne convainc pas Jana sa pupille qui se lance dans une enquête périlleuse pour découvrir la vérité – enquête menée encore aujourd’hui par des chercheurs. Epaulée par Conrad van Vries, un ancien soldat au service de la France, bretteur austère et hors pair, voilà la jeune femme sur les routes, contrainte à retrouver ses réflexes d’enfant des rues pour survivre aux multiples complots et embûches qui orneront son chemin entre Amsterdam et Paris. Jana n’est « ni une enfant ni une de ces jouvencelles nées dans la dentelle » mais bel et bien une femme de tête et d’action.

Dès le Prologue, extrait des Mémoires de Jana von D., le lecteur entre dans l’histoire et devient le témoin de l’agonie de René Descartes, racontée par une Jana en périlleuse posture. L’ambiance est lourde, les ombres des ennemis se dessinent, l’empoisonnement est révélé. Le caractère déterminé et frondeur de la narratrice se dévoile d’emblée ; déguisée en soubrette pour approcher le célèbre penseur, elle jure de venger celui qui lui servit de père et de maître :

United colors of crime, Richard Morgiève

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 07 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Carnets Nord

United Colors of Crime, Editions Carnets Nord, janvier 2012, 320 p. 18 € . Ecrivain(s): Richard Morgiève Edition: Carnets Nord

Etats-Unis, août 1951, époque du maccarthysme. Chaim Chlebeck, trente et un ans, alias Ryszard Morgiewicz, abandonne New York. Précipitamment. La mafia aux trousses. Il vient de « buter » Bonfiglio Biagi, maître du racket dans le Bronx et à Manhattan, ainsi que ses deux gardes du corps. Le FBI ignore pourquoi ; la mafia, elle, connaît la réponse. Chaim file vers le Mexique, via le Texas. En zigzag. « Pas la ligne droite, c’est la trajectoire de la balle dans le dos ». Au volant de son V8, il pense, il se rappelle. « Au début, en Italie, c’était une sorte de prolongation de la guerre. Un camp de vacances pour psychopathes. Des meurtres, oui, mais au soleil. Dès son arrivée à New York, il avait compris que c’était fini. Dorénavant, il faisait partie du syndicat du crime. C’était une fonction, un travail, l’âge adulte ». Chaim roule des heures durant. Pétri de fatigue, il arrête sa Buick à l’écart de la route, s’endort, et là, une nouvelle histoire commence…

Celle d’un Chaim qui, au sortir d’un mauvais réveil, est laissé pour mort par un voyou mexicain.

Celle d’un Chaim qui, après avoir été recueilli et soigné, ouvre les yeux sous le regard d’un couple aussi intrigant qu’original. Lui, Dirk, soixante-cinq ans, un spécialiste de l’atome, ayant quitté l’Allemagne en 1933 et ayant abandonné sa participation au projet américain de création de la bombe atomique en 1941. Elle, Dallas, vingt et un ans, très belle malgré un œil de verre, sauvage, très attachée à sa culture indienne navajo.