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La Une Livres

La symphonie de Paris et autres histoires, Irène Némirovsky

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 08 Juin 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Nouvelles, Denoël

La Symphonie de Paris et autres histoires, 7 juin 2012, 230 p. 16,50 € . Ecrivain(s): Irène Nemirovsky Edition: Denoël

 

« Saisir la vie dans ce qu’elle a de fuyant et d’inoubliable, de ridicule et de tragique, d’égoïste et de collectif : les scénarios d’Irène Némirovsky étaient un moyen de tenir cette gageure ».

Olivier Philipponnat

 

La Symphonie de Paris

Paris au sortir des années folles. Mario, jeune musicien, « débarque » de sa province. Son objectif, son ambition, composer la symphonie de Paris et devenir le plus grand musicien du monde. Il rencontre Gilda, une artiste peintre de son âge. La vie s’emballe. Ils s’aiment. Ils se marient. Mais l’échec guette, il a pris rendez-vous avec chacun d’eux. Lui au Conservatoire, elle au Salon. Le bonheur a son avers. La misère nourrit leur quotidien. La vie les déchire aussi vite qu’elle les a liés et les enveloppe d’un parfum de déception : Maintenant, seulement, j’ai compris Paris. Il faut le mériter. Il y faut le travail, la souffrance, l’amour….

Shangrila, Malcolm Knox

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 08 Juin 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Océanie, Asphalte éditions

Shangrila, (The Life, 2011), traduit de l’anglais (australien) par Patricia Barbe-Giraut, Mai 2012, 509 p. 22 € . Ecrivain(s): Malcolm Knox Edition: Asphalte éditions

Oubliez les dialogues de Patrick Swayze et Keanu Reeves sur le karma, la vague métaphysique et autres réflexions ésotériques sur le surf, car Malcolm Knox vient pour casser le mythe du surfer ultra cool défenseur des dauphins qui passe son temps à voyager d’une vague à l’autre et qui ramasse les déchets sur la plage pour protéger sa mère la Terre.

« Y’avait aussi ceux qui disaient que le surf c’est gratuit. Quand ils s’étaient mangé une bonne planche dans la tronche, ils sortaient plus ce genre de conneries. Le surf, c’est pas gratuit. Le surf, ça a besoin d’ordre et de civilisation et d’usages. Un ordre hiérarchique auquel tout le monde obéit. Avec toi tout en haut ».

C’est là la vision du surf que nous livre DK, Dennis Keith, héros de ce roman que l’on découvre à 58 ans, pesant 115 kilos, et vivant avec sa vieille maman dans un pavillon pour retraité. Dennis Keith qui, tout les matins, enfourche son vieux vélo, son chopper de gamin, pour aller manger une glace. Dennis Keith, paranoïaque, schizophrène, égocentrique, mutique. Dennis Keith, légende du surf australien, premier champion du monde, qu’une jeune journaliste pour une revue de surf vient de retrouver pour essayer de lui faire raconter sa vie.

28 boulevard des capucines, David McNeil

Ecrit par Guy Donikian , le Jeudi, 07 Juin 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Les Ecrivains, Recensions, Biographie, Récits, Gallimard

28 boulevard des capucines, mai 2012, 172 pages, 16,90 € . Ecrivain(s): David McNeil Edition: Gallimard

De certaines mélodies, on dit qu’elles retiennent l’attention dès les premières notes, et qu’elles s’inscrivent de façon durable dans nos têtes. C’est ce qui s’est produit pour les chansons écrites par David Mac Neil, souvent chantées d’ailleurs par d’autres que lui. Ce qui est vrai pour sa musique l’est aussi pour sa littérature. Pas d’artifices, pas de fioritures, seulement des phrases d’une réelle simplicité qui enchantent quand elles racontent, décrivent ou expliquent.

De quoi s’agit-il ? David Mac Neil, fils de Chagall, musicien depuis plus de quarante ans, a écrit de nombreuses chansons pour des personnalités du « showbiz » aussi diverses que Montand, Renaud, Souchon, Voulzy et bien d’autres. Poursuivant un vieux rêve, il décide d’organiser un concert au cours duquel il chanterait ses textes, entouré de ceux qui les ont chantés auparavant. Et ce concert aura lieu à l’Olympia, dans la salle mythique, la vraie, avant qu’elle ne soit reconstruite quelque cent mètres plus loin. La date est fixée au 27 janvier 1997.

L’évocation de ce concert est l’occasion pour David Mac Neil de retrouver des anecdotes parfois mélancoliques parfois plus truculentes, qu’il s’agisse de Montand pour qui il composa un album presque par hasard, de Julien Clerc pour qui il écrira Mélissa, sans oublier « Charlie Wood » autrement dit Charlebois avec qui il préparera cet Olympia.

La maternité, Mathieu Simonet

, le Jeudi, 07 Juin 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Récits, Seuil

La Maternité, 3 mai 2012, 204 pages, 17 € . Ecrivain(s): Mathieu Simonet Edition: Seuil

 

La mère de l’auteur est en fin de vie. Atteinte d’un cancer du sein puis des os, elle refuse certains traitements et s’entête dans son addiction au tabac et à l’alcool. L’auteur l’accompagne comme il le peut vers la mort.

« On prend un café près de la gare de Clamart, à trois cents mètres de chez maman. Elle dort sans doute. C’est le milieu de l’après-midi. J’hésite à aller la voir. Je me dis que la mort, ça doit ressembler à ça : être tout près de quelqu’un et ne pas pouvoir le voir » (page 66).

Par cercles concentriques, par petites touches, Mathieu Simonet dresse un état des lieux non pas de la mort mais de ses effets sur nos vies. Il mêle ses réflexions personnelles, les propos de « professionnels de la mort » (médecins, responsables de chambre mortuaire, prêtre, bénévoles en soins palliatifs mais aussi psychologues, aides-soignants) qu’il est allé recueillir, les témoignages d’artistes et les contributions de ses deux parents, séparés de longue date, à qui il fait faire des jeux d’écriture, et produit finalement, à partir d’un matériau familial et personnel, un « objet littéraire » inclassable, tentative de combler le « vide qui ne se remplit jamais » que laissent ceux qui partent.

Quelques minutes après minuit, Patrick Ness, Siobhan Dowd, Jim Kay

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 07 Juin 2012. , dans La Une Livres, Recensions, Iles britanniques, Jeunesse, Gallimard Jeunesse

Quelques minutes après minuit, illustré par Jim Kay, traduit de l’anglais par Bruno Krebs, mars 2012, 224 p. 18 € . Ecrivain(s): Patrick Ness, Siobhan Dowd Edition: Gallimard Jeunesse

Voici un bel ouvrage : de sa sublime couverture à rabats au grain du papier, du texte haletant et profond de Patrick Ness aux illustrations crépusculaires de Jim Kay, tout est travaillé avec art et talent, préparé avec minutie et mesure. Et il n’en fallait pas moins pour accompagner cette histoire de deuil initiée par la disparue Siobhan Dowd. « Les histoires chassent et griffent et mordent ». « Les histoires sont des créatures sauvages. Quand tu les libères, qui sait ce qu’elles peuvent déclencher ? »

Conor a treize ans, aucun ami, un père parti pour une nouvelle vie aux Etats-Unis, une grand-mère acariâtre, mais surtout une mère qui lutte contre un cancer tenace. Au début du traitement correspond le surgissement d’un cauchemar récurrent qui le hante sans répit. Puis, une nuit, à minuit sept, surgit un monstre qui veut lui parler. L’arbre revient, nuit après nuit, fidèle au rendez-vous. Cet if gigantesque au sourire diabolique laisse des traces de son passage : un tapis de baies ou d’aiguilles, un surgeon en plein milieu d’un parquet… La noirceur et la précision des illustrations, les effets variés obtenus par le lavis, les fourches et les ramifications qui se confondent avec le texte, font de cet ouvrage une variation de roman graphique quasi gothique où cauchemar et réalité s’interpénètrent et échangent leurs attributs.