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La Une Livres

Quelques minutes après minuit, Patrick Ness, Siobhan Dowd, Jim Kay

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 07 Juin 2012. , dans La Une Livres, Recensions, Iles britanniques, Jeunesse, Gallimard Jeunesse

Quelques minutes après minuit, illustré par Jim Kay, traduit de l’anglais par Bruno Krebs, mars 2012, 224 p. 18 € . Ecrivain(s): Patrick Ness, Siobhan Dowd Edition: Gallimard Jeunesse

Voici un bel ouvrage : de sa sublime couverture à rabats au grain du papier, du texte haletant et profond de Patrick Ness aux illustrations crépusculaires de Jim Kay, tout est travaillé avec art et talent, préparé avec minutie et mesure. Et il n’en fallait pas moins pour accompagner cette histoire de deuil initiée par la disparue Siobhan Dowd. « Les histoires chassent et griffent et mordent ». « Les histoires sont des créatures sauvages. Quand tu les libères, qui sait ce qu’elles peuvent déclencher ? »

Conor a treize ans, aucun ami, un père parti pour une nouvelle vie aux Etats-Unis, une grand-mère acariâtre, mais surtout une mère qui lutte contre un cancer tenace. Au début du traitement correspond le surgissement d’un cauchemar récurrent qui le hante sans répit. Puis, une nuit, à minuit sept, surgit un monstre qui veut lui parler. L’arbre revient, nuit après nuit, fidèle au rendez-vous. Cet if gigantesque au sourire diabolique laisse des traces de son passage : un tapis de baies ou d’aiguilles, un surgeon en plein milieu d’un parquet… La noirceur et la précision des illustrations, les effets variés obtenus par le lavis, les fourches et les ramifications qui se confondent avec le texte, font de cet ouvrage une variation de roman graphique quasi gothique où cauchemar et réalité s’interpénètrent et échangent leurs attributs.

Petits bonheurs de l'édition, Bruno Migdal

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mercredi, 06 Juin 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Récits, Editions de la Différence

Petits bonheurs de l’édition. novembre 2011. 141 p. 10,15 € . Ecrivain(s): Bruno Migdal Edition: Editions de la Différence

Petits bonheurs de l’édition est un vrai bonheur de lecture, un moment d’esprit, d’humour, de regards pertinents sur l’écriture et sur les mœurs des grandes maisons d’édition. Enfin en tout cas de « la grande maison », celle de la rue des Saints-Pères à St Germain-des-Prés.

Car Bruno Migdal nous raconte son stage de trois mois dans l’antre mythique ! Et on en sort avec lui à la fois séduit et amusé.

A commencer par la découverte des tonnes de manuscrits qui arrivent en flot continu, porteurs des espoirs les plus fous de leurs auteurs.

 

« …il déferle plus de manuscrits que tous les stagiaires du monde ne pourraient en éponger, c’est une lame de fond qui se fracasse sans répit sur le bâtiment. »


Et commence alors la confrontation à la chose écrite, la lecture, le moment de se forger une « opinion », le nécessaire et parfois bien difficile compte-rendu !

Soleils chauves, Anise Koltz

Ecrit par Didier Ayres , le Mercredi, 06 Juin 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Poésie, Arfuyen

Soleils chauves, Editions Arfuyen, 2012, 10 € . Ecrivain(s): Anise Koltz Edition: Arfuyen

Filiation à propos d’Anise Koltz


Entrer dans ce livre par un poème qui semble avoir des relations avec le Paysage aux arbres verts de Maurice Denis, ouvre la porte poétique et intrigante, spirituelle et rêveuse de ce recueil au drôle de titre. D’ailleurs, ce dernier livre d’Anise Koltz est illustré par un détail de la Campagne romaine de Schirmer qui donne selon moi le ton général à cette suite de poèmes assez courts dont le propos est resserré. On y voit de petits monticules de terre peints avec de l’ocre brûlé sur un fond de ciel rose thé, sorte de dolmens, de stèles, vue profonde sur le Latium. J’écrivais il y a peu à Gérard Pfister, le directeur de la maison Arfuyen – qui suit le travail d’Anise Koltz depuis plusieurs années –, que ces stèles donnaient une impression nocturne, de monde déserté. Et, avec des petits instants pris dans le réel, cette série de 134 poèmes finit par se nouer autour de quelques thèmes, que je vais essayer de rendre visibles au lecteur.

Les voix du crépuscule, Lisa Unger

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 05 Juin 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, USA, Roman, Toucan

Les Voix du crépuscule, mars 2012, 496 pages, 20 € . Ecrivain(s): Lisa Unger Edition: Toucan

 

Dans l’esprit de Willow, jeune adolescente, « les Hollows étaient un désert aussi bien social que culturel, peuplé de gens mesquins à l’esprit étroit et sans imagination ». Comment Bethany, sa mère, a-t-elle pu décemment venir s’établir, de New York, dans un bled aussi pourri ? Willow s’ennuie à mourir et mène la vie impossible à sa mère-écrivain, qu tente en vain de terminer l’écriture de son nouveau livre.

Michael Holt, quant à lui, vient de perdre son père et son obsession est de retrouver une trace de sa mère, Marla, qui les a quittés prématurément. Et pourtant. Elle disait : « Je t’aime plus que toutes les étoiles au firmament et tous les poissons dans l’océan et toutes les petites fleurs dans les champs ». Lui, répondait : « Je t’aime plus que toutes les coccinelles et les libellules et les papillons ». Elle rétorquait enfin, « je t’aime plus que toutes ces choses, dix fois plus. Je t’aime plus que tout ».

Dans les Hollows, tout le monde se connaît mais chacun détient sa vérité. On s’observe et on ne dit rien. On n’en pense pas moins. Dans les Hollows, le silence s’accroît tel un cancer car « les années avaient tissé trop de liens et d’histoires entre les familles ». Mais dans les Hollows, il y avait bien trop de coïncidences selon Jones Cooper, le seul flic retraité du coin, en pleine psychothérapie.

La bibliothèque idéale de Patryck Froissart

Ecrit par Patryck Froissart , le Mardi, 05 Juin 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, La bibliothèque idéale

 

1- Le Lys dans la vallée (Balzac)

Pour moi l’un des plus beaux romans d’amour

 

2- Les enfants de minuit (Salman Rushdie)

Ce fleuve narratif m’a emporté dans son cours impétueux

 

3- Gora (Rabindranath Tagore)

L’intelligence mise en scène

 

4- Baudolino (Umberto Eco)

L’impertinence d’une écriture débridée