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L'unique objet de mon désir, Frédéric Teillard

Ecrit par Sophie Adriansen , le Mardi, 13 Septembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, La rentrée littéraire, Galaade éditions

L’unique objet de mon désir, Frédéric Teillard, 30 août 2011 . Ecrivain(s): Frédéric Teillard Edition: Galaade éditions

Les écrivains ne sont sans doute jamais aussi bons que lorsqu’ils écrivent un sujet qu’ils connaissent par cœur. Ainsi Frédéric Teillard met-il en scène un écrivain en panne d’inspiration, qui tourne autour du pot plutôt que d’y rentrer. Sa voix alterne avec celle d’Alix, son épouse partie chez son amant en Normandie tout en prétextant qu’elle est à l’autre bout de la France. Resté à Paris, Gilles se pose mille questions, tandis qu’Alix voit son bonheur un peu gâché de ce qu’elle s’en pose presque autant. Déchirée entre deux hommes, de cet éternel dilemme entre passion et raison, entre quitter et rester, elle se confie à son journal intime – elle écrit, précisément quand son mari trompé n’y parvient pas.

« Je ne peux ni quitter Gilles ni retourner auprès de lui désormais. Vivre sans toi m’est impossible, vivre avec toi excède mes forces » (page 96).

« Je ne savais plus rien, je ne pouvais ni quitter Gilles, ni Nino, seulement trahir chacun d’eux lorsque j’étais avec l’autre » (page 121).

Il n’est pas si fréquent que l’on soit entraîné dans les tribulations d’un écrivain moyen sans en passer par les clichés de l’artiste maudit, avec son cortège de sentiments négatifs et de pensées noires, du désespoir à l’auto flagellation en passant par l’incompréhension dont le concerné se sent victime et son envie récurrente de tout cesser.

Du temps qu'on existait, Marien Defalvard

Ecrit par Anne Morin , le Mardi, 13 Septembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Grasset, La rentrée littéraire

Du temps qu’on existait, septembre 2011, 371 pages . Ecrivain(s): Marien Defalvard Edition: Grasset

Un premier roman déroutant, dans tous les sens du terme. La route est, en effet, omniprésente, comme métaphore, chemin de vie, imaginaire, mais aussi bien réelle, impasse, route parcourue en zigzags, sillons de la vie. Carambolage du temps : Les Normes sont malmenées.

On y trouve de tout : des superpositions, des réminiscences, de l’impromptu, un peu de Huysmans, un peu de Lewis Carroll, un peu de Proust, un peu d’Alain Fournier, de l’art abstrait et de la bande dessinée et le langage correspondant.

Ce n’est pas un roman, c’est un fil conducteur qui s’emmêle dans les dates, de la mort à la mort, la vie qui s’écoule et qu’il faut bien mener. Les pistes, jamais brouillées, la balle des centaines de fois lancée non pour rebondir mais, comme dans les contes russes atteindre l’endroit où l’usure mènera.

Cette histoire d’une vie qui coule, sans préméditation, sans rien faire, cette vie d’homme qui suit son cours, comme on le dit d’une maladie, sans jamais prendre parti, sans s’encombrer. On suit toute cette vie qui n’est rien, pas une somme mais bien plutôt des retraits, des soustractions, des restrictions. On est surpris, irrité parfois, plus souvent qu’à son tour par certains mots maniérés plombant parfois de très belles phrases qui tombent alors à plat, affadies.

Au commencement la nuit était musique, Alissa Walser

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 11 Septembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Langue allemande, Roman, Actes Sud, La rentrée littéraire

Au commencement la nuit était musique. Trad de l’allemand par Juliette Aubert. 252p. 21€ . Ecrivain(s): Alissa Walser Edition: Actes Sud

Vienne au temps de Mozart est déjà la brillante capitale des arts, des sciences et de la littérature qu’elle sera jusqu’à la catastrophe de la première guerre mondiale. La silhouette et les airs du divin Wolfgang (et du grand Haydn) y flottent partout dans la ville et dans les têtes.

1777. Les figures étonnantes sont déjà nombreuses dans la capitale de l’empire et parmi elles, celles des deux héros de ce livre : le Dr Mesmer, médecin atypique et controversé qui croit aux vertus essentielles des ondes magnétiques sur le corps humain. Et notre héroïne, qui n’est rien moins que la célèbre pianiste et compositrice Maria Theresia Von Paradis.

Elle est aveugle. Plus exactement devenue curieusement aveugle. Les parents, grands bourgeois viennois proches de la cour, ont tout essayé. Ils appellent alors à l’aide le sulfureux Mesmer et ses aimants. Et dans une relation fébrile, haletante, ambiguë, les deux personnages vont se nouer, se dénouer, s’aimer (platoniquement ; Mesmer est marié et irréprochable !), se haïr. On ne peut s’empêcher de se projeter plus d’un siècle plus tard avec un certain Freud et une certaine Anna O. (et quelques autres) !

Vous êtes nés à la bonne époque, Matthieu Jung

Ecrit par Paul Martell , le Samedi, 10 Septembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Stock, La rentrée littéraire

Vous êtes nés à la bonne époque – 224 pages, 17,50 € . Ecrivain(s): Matthieu Jung Edition: Stock

Nathalie est une sorte d’anti-Bridget Jones. Elle a réussi professionnellement. Elle est médecin et propriétaire d’un appartement de 95m2 rue Sedaine à Paris. Elle a eu une fille d’un premier mariage dont elle a réussi l’éducation. Elle est séduisante.

Et pourtant un problème de plus en plus insoluble se pose dans sa vie : elle aimerait avoir un deuxième enfant.

Elle pensait qu’Alain en serait le père, mais ils se sont séparés après six ans de vie commune. Six ans de perdu pour Nathalie, car, à 42 ans, l’horloge biologique tourne, et elle tourne de plus en plus vite.

Ce deuxième enfant devient une obsession.

Un jour, elle rencontre Arno.

Le problème c’est qu’Arno est jeune, la vingtaine, à peu près l’âge de sa fille. Nathalie ne peut pas concevoir d’engager une quelconque aventure avec lui. Mais quelque chose l’attire, irrésistiblement. Elle fréquente de plus en plus souvent le restaurant, le Bar Bouillage, où Arno est serveur en espérant, un jour, peut-être, pouvoir vivre de ses toiles.

Les coeurs en skaï mauve, Sacha Sperling

, le Samedi, 10 Septembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Fayard, La rentrée littéraire

Les cœurs en skaï mauve, deuxième roman 2011, 245 pages, 18€90. . Ecrivain(s): Sacha Sperling Edition: Fayard


Deux ans après son premier roman, Sacha Sperling revient avec un roman des plus prometteurs. Pour ce deuxième roman, il change d’inspirateur.  Mes illusions donnent sur la cour était un titre emprunté à une chanson de Gainsbourg. Cette fois-ci Les cœurs en skaï mauve est emprunté au roman 37°2 le matin de Philippe Djian :

« … elle m’a fait penser à une fleur étrange munie d’antennes translucides et d’un cœur en skaï mauve et je connaissais pas beaucoup de filles qui pouvaient porter une minijupe de cette couleur-là avec autant d’insouciance ».

Jim et Lou sont jeunes. Jim travaille au Globe Movies. Lou ne s’entend pas avec sa mère. A la suite d’une engueulade avec cette dernière, Jim décide d’emmener la jeune Baby Lou, « celle qui est très jolie pour qu’on l’appelle seulement pas son prénom », avec lui. Ils partent alors. Lou et sa mère se quittent, un goût amer dans la bouche.

La première de couverture, avec son Motel et sa Cadillac, nous laisse prévoir un voyage aux Etats-Unis. Or, rien de tel. Jim et Lou habitent bien à Paris.