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Un homme de tempérament, David Lodge

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 10 Mai 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Iles britanniques, Biographie, Roman, Payot Rivages

Un homme de tempérament (A Man of Parts). Trad de l’anglais Martine Aubert. 2012. 706 p. 24,50 € . Ecrivain(s): David Lodge Edition: Payot Rivages

 

Les « Lodge’s fans » doivent être avertis : ce livre se situe dans la ligne de « Author ! Author ! » : c’est son second roman/biographie. Le premier s’intéressait à Henry James. A son échec cuisant en tant qu’écrivain pour le théâtre. Et – pour être honnête – nous sommes quelques-uns, parmi les fans de Lodge, à ne pas en avoir gardé un souvenir impérissable (longueurs, linéarité, temps morts …)

 

Dans « Un homme de tempérament » Lodge se penche sur son compatriote, le passionnant et complexe H.G. Wells, l’auteur inoubliable de « la guerre des mondes » et « la machine à explorer le temps ». Et David Lodge nous offre un roman éblouissant qui fait vivre non seulement un personnage fascinant mais aussi un monde qui ne l’est pas moins : celui des rêves scientistes et progressistes, celui des sociétés et cercles d’intellectuels « engagés » qui rêvent d’une modernité faite de justice, de raison et de liberté.

Où est ma chaussure ? Tomi Ungerer

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Jeudi, 10 Mai 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Jeunesse, L'école des loisirs

Où est ma chaussure ? Mars 2012, 32 p. 11,70 € . Ecrivain(s): Tomi Ungerer Edition: L'école des loisirs

 

Où sont les croquenots ? Dans le bateau.

Où est l’escarpin ? Sur le museau du chien.

Où sont les godillots ? Cachés dans le manteau.

Où sont les chaussons ? A la place de la tête du poisson.

Où sont les bottes ? Dans le train, sous la hotte.

 

Tomi Ungerer et les éditions de L’école des Loisirs nous proposent deux livres amusants, presque sans texte, fonctionnant à partir d’un principe simple : retrouver un dessin dissimulé dans un autre. A mi-chemin entre illusions d’optique et informations subliminales, Où est ma chaussure ? et Où est l’escargot ? nous régalent de trouvailles ingénieuses. Où sont passées les volutes de la coquille du gastéropode ? Dans quels paysages se sont enfuis tous les souliers ?

Zeitoun, Dave Eggers

Ecrit par Yann Suty , le Mercredi, 09 Mai 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, USA, Récits, Gallimard

Zeitoun, trad. USA par Clément Baude, Avril 2012, 410 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Dave Eggers Edition: Gallimard

Ce livre n’est pas un roman, nous avertit l’auteur en préambule, mais un récit. Une histoire vraie, où « les dates, les horaires, les lieux, et les autres faits décrits ont été confirmés par des sources indépendantes et par l’historique des événements. Les conversations ont été retranscrites au plus près des souvenirs qu’en ont les personnes concernées. Certains noms ont été modifiés ».

Le livre raconte l’histoire d’Abdulrahman Zeitoun, dit Zeitoun, car personne n’arrive à prononcer le nom de ce Syrien émigré aux Etats-Unis. Il est marié à une américaine convertie à l’Islam, Kathy, avec laquelle il a trois enfants. Elle a un enfant d’un précédent mariage.

Zeitoun est entrepreneur. Il dirige une entreprise de peinture et de bâtiment. C’est un bricoleur hors pair. Il est « capable de voir un bâtiment en ruines et non seulement d’imaginer tout ce que l’on pouvait en faire, mais de savoir avec précision ce qu’il en coûterait et le temps qu’il faudrait ».

Il habite à La Nouvelle-Orléans.

Le récit se concentre sur le passage de l’ouragan Katrina à l’été 2005 et sur ses conséquences.

Un peuple de promeneurs, Alexandre Romanès

Ecrit par Lionel Bedin , le Mercredi, 09 Mai 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Récits, Gallimard

Un peuple de promeneurs, 2011, 128 pages, 11 € . Ecrivain(s): Alexandre Romanès Edition: Gallimard

 

Les Gitans n’ont pas de chance : « Rien n’est plus visible qu’une minorité » et, autre particularité de cette “minorité”, “être Gitan c’est aller en prison plus vite qu’un autre” ». Les Gitans, on ne les croit jamais : « si tu veux dire la vérité / assures-toi que tu as un bon cheval » et on les prend toujours pour des voleurs – alors que « Vous les Français, vous avez volé la moitié de l’Afrique. / Curieusement, on dit jamais / que vous êtes des voleurs ». Dans Un Peuple de Promeneurs, dans ces histoires tziganes, il est donc souvent questions de brimades, de tracasseries administratives, des difficultés de la vie sociale, et des CRS. Mais il n’y a pas que les flics dans la vie, même s’ils sont envahissants. Alors on passe d’un poème où il est question des CRS – dont un CRS amoureux d’une Gitane – à la réflexion d’un gamin de dix ans : « Papa, ça serait joli s’il n’y avait que des femmes ». Des femmes comme la délicieuse Délia – « je ne bois jamais d’alcool / je ne bois que du champagne » – qui se demande « comment font les gadjos / pour reconnaitre leur maison ? / D’abord, elles sont moches, / et elles se ressemblent toutes ». Mais Délia restera-t-elle parmi les siens ? Car « Délia ou le vent, c’est pareil ».

Royal romance, François Weyergans

, le Lundi, 07 Mai 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Julliard

Royal Romance, mars 2012, 206 p. 19,30 € . Ecrivain(s): François Weyergans Edition: Julliard

 

Le Royal Romance est un cocktail (« moitié gin, un quart Grand Marnier, un quart fruit de la passion, un soupçon de grenadine », page 22), celui que préfère Justine, la très jeune femme dont s’éprend follement Daniel, le narrateur.

Justine est comédienne, elle vit au Québec ; Daniel est écrivain et, si ses activités l’amènent à voyager beaucoup de par le monde, sa résidence principale est à Paris, et elle abrite femme et enfants.

« J’adorais passer mes journées avec Justine. On ne faisait rien d’autre qu’être ensemble » (page 137).

Dans une prose jubilatoire, mettant en scène un héros qui semble ne pas croire à sa félicité, qu’elle soit amoureuse ou professionnelle, à laquelle il assiste comme en spectateur, François Weyergans, seul écrivain à avoir reçu le prix Renaudot et le prix Goncourt nous rappelle-t-on, conte la romance de Daniel et Justine, « passion aussi sexuelle que sentimentale » (page 101) faite d’échanges bien réels mais aussi de distance palliée par la technologie, romance torturée et pétrie de doutes, de craintes, de regrets.