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La Une Livres

D'où viens-tu ?, Pronto

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Lundi, 09 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Jeunesse, Seuil Jeunesse

D’où viens-tu ? mars 2012, 16 pages, 12,50€ . Ecrivain(s): Pronto Edition: Seuil Jeunesse

Attention, un grand concours pour les génies en culottes courtes est organisé ! Il s’agit de répondre à des questions d’apparence aisées mais qui contiennent des … subtilités. Qui donc peut dire ce qui produit le poivre ? Le thé ? Le sucre blanc ? Qu’est-ce qui est à l’origine du pain ? Des bottes de pluie ? De la tortue ? Des côtelettes ? Aaah, vous donnez votre langue au chat n’est-ce pas ! Alors dépêchez-vous de partir à la recherche des solutions dans le nouveau livre de Pronto : D’où viens-tu ?

Seuil Jeunesse initie une nouvelle collection de documentaires cartonnés, solides et d’un format commode à manipuler pour les mains les plus petites (presque carré, 19 *20 cm). Intitulé Secrets de fabrication, la série se propose d’expliquer aux tout-petits la provenance des objets de leur quotidien, de leur nourriture, de leurs vêtements et de certains animaux fréquemment rencontrés.

De manière ludique et ordonnée, Pronto nous propose de remonter le temps de la création par le moyen de la manipulation et d’observation (rabats à soulever et miroir). Certaines choses sont certes évidentes et le principe du livre n’a rien de nouveau, mais l’ouvrage contient des pièges et des surprises loin d’être évidentes à conceptualiser pour les enfants.

Cuisine tatare et descendance, Alina Bronsky

Ecrit par Theo Ananissoh , le Vendredi, 06 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Langue allemande, Roman, Actes Sud

Cuisine tatare et descendance, trad. allemand par Isabelle Liber, mars 2012, 331 p., 23 € . Ecrivain(s): Alina Bronsky Edition: Actes Sud


Ce roman affirme un talent de conteuse dont on craint par avance de ne pas bien rendre compte. Trois points au préalable par souci de clarté. Un : les années quatre-vingt dans l’Union soviétique finissante, dans une ville située à vingt-sept heures de train de Moscou. Les personnages principaux sont tatars. Deux : Rosalinda Akmetovna a la cinquantaine au début du roman, lorsque naît sa petite-fille Aminat ; celle-ci, à la fin du récit, aura trente ans ; ce qui fait donc pour Rosalinda quelque quatre-vingts ans. Rosalinda, c’est elle le roman. C’est elle qui raconte, c’est elle l’axe autour duquel tout tourne. Trois : ces mots de Bertolt Brecht : « D’abord la bouffe, ensuite la morale ». Ç’aurait pu être une épigraphe pour Cuisine tatare et descendance.


« Peur ??? De moi ??? Qui pourrait bien avoir peur de moi ? Personne n’a à avoir peur. Je ne veux que le bien de tous. Mets ton assiette dans l’évier, espèce de tyran ! »

Ploutos, dieu du fric, Aristophane (Trad. Michel Host)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 03 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Bassin méditerranéen, Théâtre, Mille et une nuits

Ploutos, dieu du fric. Trad. grec ancien, notes et postface Michel Host. 142 p. 4 € . Ecrivain(s): Aristophane Edition: Mille et une nuits

Qu’on se le dise à son de trompes d’Athènes à Wall Street : ce petit opuscule est – pour parler comme les personnages d’Aristophane « revisités » par Michel Host – à se tordre de rire, à se péter les boyaux. Une petite heure d’une récréation hilare, pleine de bonne santé mentale et de rage joyeuse.

Ploutos, dieu du fric, se fait détourner de ses devoirs d’obéissance aveugle (il est aveugle !) envers Zeus et entame une manif anti Zeus digne des luttes contre les p’tits chefs des maos de naguère ! Carion et La Toussaille, esclave et maître (mieux vaut les placer dans cet ordre s’agissant de comédie) rencontre un pauvre hère aveugle et sale. Or ce SDF (faisons comme Michel Host – l’anachronisme structurel) n’est autre que Ploutos, Dieu de l’argent – enfin du fric. Les deux bonshommes entreprennent alors de convaincre le dieu de s’affranchir de son sort affreux : il est condamné par sa cécité – infligée par Zeus – à n’accorder ses largesses financières qu’aux salauds (qu’il ne peut repérer étant aveugle !).

Voilà donc notre Ploutos installé chez La Toussaille. Grâce à Asclépios (dieu de la médecine) il retrouve la vue et s’engage à ne donner désormais le fric qu’aux gens de bonne volonté, négligés par le sort. Ce qu’il fait.

Transsibérien, Dominique Fernandez

Ecrit par Lionel Bedin , le Mardi, 03 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Récits, Grasset

Transsibérien. Photos de Ferrante Ferranti. 01/21012. 304 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Dominique Fernandez Edition: Grasset


C’est en mai 2010 qu’une vingtaine d’écrivains, journalistes et photographes, embarquent à bord du Transsibérien, pour un voyage culturel franco-russe. Transsibérien est le récit que rapporte Dominique Fernandez, l’un des écrivains invités, illustrés par les photographies de Ferrante Ferranti. (Les deux hommes ont déjà travaillé et écrit des livres ensemble.)


Les joies du voyage en Sibérie


Départ : Moscou. En quelques années la place Rouge a changé. Ce qui se remarque le plus n’est pas le Kremlin mais le fameux Goum, ce magasin du peuple, devenu aujourd’hui une galerie de « boutiques de luxe à la façade étincelante, cavernes d’Ali Baba inaccessibles à qui n’est pas un nouveau Russe. » L’auteur constate que les Russes sont passés « d’un despotisme sanglant à un capitalisme agressif. » Est-ce un progrès ? Pour qui ? Cette question se posera plusieurs fois tout au long du voyage.

Le garçon talisman, Florence Aubry

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Mardi, 03 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Jeunesse, Le Rouergue

Le garçon talisman, février 2012, 142 p. 10.50€ . Ecrivain(s): Florence Aubry Edition: Le Rouergue

Heinrich se cache dans un container rouillé au plus profond de l’aire de stockage d’un port anonyme. Il a fui le pensionnat spécialisé où il a été élevé au milieu de ses semblables le jour même où l’on a retrouvé une de ses camarades atrocement mutilée.

On a retrouvé Victoire en début d’après-midi le lendemain. Dans un bois à quelques kilomètres de l’internat. Grossièrement cachée par des branchages. Victoire vivait encore, elle respirait aussi vite qu’une petite musaraigne. On lui avait sectionné les pieds, les mains et entièrement rasé la tête. Ils avaient fait ça dans la précipitation, la peau diaphane de son petit crâne était zébrée de grandes entailles sanglantes. Victoire était la plus jeune d’entre nous, elle avait six ans.

Depuis, Heinrich se fond dans les entrailles du port, dans l’espoir de gagner un pays lointain où les gens comme lui ne sont pas poursuivis et persécutés pour le soi-disant pouvoir magique de leur chair. Et la menace peut surgir de partout. De Val, 17 ans, prêt à tout pour sortir sa sœur Andréa du coma dans lequel elle est plongée depuis qu’il l’a poussée à l’accident. Que lui reste-t-il à part l’inacceptable et la superstition pour le laver de la culpabilité ? De Joseph, inoffensif grand-père, ancien orpailleur solitaire et affamé d’amour, qui désire plus que tout, même au prix du sang, retrouver l’affection de sa famille. De n’importe qui pourvu qu’il soit suffisamment acculé par le désespoir.