Identification

La Une Livres

Mystérieux Templiers, Idées reçues sur l’ordre du Temple, Jean-Vincent Bacquart

Ecrit par Vincent Robin , le Mardi, 14 Janvier 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Histoire

Mystérieux Templiers, Idées reçues sur l’ordre du Temple, Editions Le Cavalier Bleu, avril 2013, 225 pages, 19 € . Ecrivain(s): Jean-Vincent Bacquart

 

A de rares exceptions, l’infraction de non-conformité ou le délit d’atteinte à la vérité de l’Histoire n’expose quiconque aux poursuites et à une peine encourue en justice. En ce domaine d’ailleurs, l’utilisateur d’un terrain totalement ouvert à sa fantaisie et au libre mouvoir ne connaît généralement aucun délimité de piste ni la moindre borne péagère qui pourrait le contraindre ou le dissuader. Seule, de ce point de vue, une conscience individuelle scrupuleuse peut encourager le discernement et la sagesse.

C’est ainsi, de loin en loin et au grand dam des historiens toujours les plus sensibles aux analyses orthodoxes et aux justes interprétations, que perdure à tout sujet quantité de mensonges, que se distillent sans fin certaines fallacieuses ou plus farfelues théories estampillées du sceau de la vérité nouvelle. Sur la frontière habituellement ténue du religieux au politique notamment, les positionnements dichotomiques ouvrent alors l’affrontement parfois agressif des revendications du savoir conforme.

Le cycle des destins, Aylin et Siam, Éric Simard

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 14 Janvier 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Syros

Le cycle des destins, Aylin et Siam, octobre 2013, 298 p. 15,90 € . Ecrivain(s): Eric Simard Edition: Syros

 

 

Voici un bien beau roman futuriste. L’histoire prend place en 2132 dans un Paris d’après la Grande Catastrophe : un tremblement de terre a ravagé la France en 2123 et un tsunami a englouti Paris. N’en demeurent émergés que le haut des bâtiments les plus élevés ainsi que deux collines : Montmartre et le Mont Valérien qui sont devenus des îles. Les survivants se sont organisés depuis, en communautés séparées, sans grand contact entres elles, chacune devant se protéger des pillards qui viennent en bateaux de la périphérie. D’autres dangers rôdent aussi comme les grandes créatures ailées de la Tour Carnasse (ancienne Montparnasse), sans doute échappées de laboratoires où elles auraient été créées et les grands requins blancs qui sont venus peupler les eaux à certains endroits.

L’ami des femmes, Diego Marani

Ecrit par Patryck Froissart , le Lundi, 13 Janvier 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Italie, Rivages

L’ami des femmes (L’amico delle done), traduit de l’italien par Anna Colao, 302 pages, 9,65 € . Ecrivain(s): Diego Marani Edition: Rivages

 

Ernesto !

Un sacré personnage !

On pense d’emblée, en abordant ce roman savoureux et triste, au film de Truffaut, de titre presque éponyme, L’homme qui aimait les femmes (1977) et au personnage magnifiquement interprété par Charles Denner.

Ernesto, professeur d’italien et de latin dans une école de Trieste, « avait toujours été l’ami des femmes ».

Comment être l’ami sans être l’amant ? Est-il possible d’être à la fois l’un et l’autre ? L’amour est-il viable à partir du moment où il est tellement installé dans le quotidien que disparaît toute crainte de perdre celle qu’on aime ?

Questions lancinantes pour Ernesto, angoissantes, récurrentes dans le carrousel de ses conquêtes.

Juste après la pluie, Thomas Vinau

Ecrit par Philippe Chauché , le Lundi, 13 Janvier 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Roman, Alma Editeur

Juste après la pluie, 30 janvier 2014, 280 pages, 17 € . Ecrivain(s): Thomas Vinau Edition: Alma Editeur

 

Quelle belle manière d’ouvrir la nouvelle année par ce roman-poésie au titre éclairant, aux éclats romanesques, judicieux et joyeux même parfois dans son insaisissable tremblement. Roman-poésie qui s’appuie sur cette lumineuse phrase de Pavese tiré de son métier de vivre : « Mais la grande, la terrible vérité, c’est celle-ci : souffrir ne sert à rien », en effet ! Cette vérité terrible ouvre ceux qui ne s’en doutaient pas à de nouvelles aventures de la liberté libre, ce qui n’est jamais de tout repos.

Vinau attentif à ce qu’il voit, c’est l’œil qui écrit, choisir ses mots avec la même attention que porte Matisse à choisir ses pigments. A ce qu’il sent, la peau toujours aux aguets. A ce qu’il pense, les mouvements du corps sont aussi des sauts dans l’espace de la pensée vive qui jamais n’oublie d’en sourire. A ce qu’il entend, l’oreille qui chante ; vigilance de l’écrivain aux éclairs du Temps, au vent, au soleil, aux comètes, aux fleurs et aux fruits, au ventre doux de la terre, comme finalement chez Francis Ponge,  son ancêtre en art du bref.

Love Hotel, Christine Montalbetti

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 11 Janvier 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, P.O.L

Love Hotel, 2013, 171 pages, 15 € . Ecrivain(s): Christine Montalbetti Edition: P.O.L

 

Comment retranscrire le réel ?

Que peut le roman face à la richesse si débordante de souffle qui fait chaque parcelle de nos vies ?

Comment dire non pas le visible mais notre rapport à lui, sans jamais éluder ce qui en constitue la trame la plus secrète ?

Comment, par l’écriture, retranscrire la saveur même des choses, qui, la plupart du temps, ne se conjugue que sur le mode de l’éphémère le plus abouti, toute saveur ayant pour vocation de se transformer au fur et à mesure de son envol, de se muer en autre chose, et, enfin, en la perte d’elle-même…

Enfin, comment faire du muscle de l’écriture cela même qui serait disposé à soulever, voile à la maille dense posé sur le monde, notre indifférence aux choses, pour qu’enfin nous puissions goûter, mastiquer, les pousses de réel par quoi la vie se fait jour au-dedans de nous et nous jette dans le ballet du visible, au centre d’idiosyncrasies qui, toutes, ont leur prénom à nous apprendre. À nous souffler. Et, pour quelques-unes, à souffler dans le cœur de nos vies…