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Essais

La meilleure des vies, Adam Phillips

, le Mardi, 28 Mai 2013. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, L'Olivier (Seuil)

La meilleure des vies, traduction (GB) Michel Gribinski, 2012, 224 pages, 21 € . Ecrivain(s): Adam Phillips Edition: L'Olivier (Seuil)

 

 

Dans un précédent article consacré au Laboratoire central de Jean-Bertrand Pontalis, l’on s’interrogeait afin de savoir si « la pratique psychanalytique et l’écriture littéraire s’érodent mutuellement au point d’être incompatibles ? » La meilleure des vies : Eloge de la vie non vécue (2012) d’Adam Phillips nous inviterait à répondre par la négative tant il y a un mélange harmonieux de culture psychanalytique et de littérature (1) chez ce psychothérapeute britannique pour qui ces deux champs se recoupent dans une forme de langage poétique. De l’exploration du désir sous ses multiples facettes, il en était déjà question au cœur de ses précédentes réflexions, notamment dans Baisers, chatouilles et autres petits riens : psychologie de la vie ordinaire (1998) ainsi que dans Du flirt (1999) (2).

Le voilà qui récidive avec La meilleure des vies dont le sous-titre me fait penser au poème métaphysique de l’écrivain américain Robert Frost (1874-1973), La route que je n’ai pas prise.

Etre adulte en amour, David Richo

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 27 Mai 2013. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Petite bibliothèque Payot

Être adulte en amour, Savoir ce que l’on veut, être bienveillant, 2013, traduit de l’anglais (USA) par Clémence Ma, 382 pages, 9,65 € . Ecrivain(s): David Richo Edition: Petite bibliothèque Payot

 

 

Il existe une infinité d’ouvrages sur le sujet, mais celui-ci est plutôt exceptionnel. Centré sur une approche à la fois psychologique et spirituelle, il offre des outils très concrets pour ceux qui souhaitent les mettre en application, mais il propose surtout un grand voyage holistique introspectif, très fouillé, pointu et cependant à la portée de tout le monde. Cela en fait un livre remarquable, lumineux, où l’amour est à la fois la voie, la destination et le moyen de transport. Un ouvrage qui peut être d’un grand secours à tous les couples qui cherchent à se comprendre, à avancer ensemble, à affronter et dépasser les conflits, les problématiques inhérentes à leur relation, mais c’est aussi un manuel pratique de guérison et de sagesse pour tous, car il ouvre des perspectives d’équilibre et de force personnelle et d’amour inconditionnel applicable partout et pour toutes les situations, qu’elles soient amoureuses, familiales mais aussi sociales et professionnelles.

Le dossier secret de l'affaire Dreyfus, Pierre Gervais, Pauline Peretz, Pierre Stutin

Ecrit par Vincent Robin , le Jeudi, 16 Mai 2013. , dans Essais, Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres, Alma Editeur

Le dossier secret de l’affaire Dreyfus, 2012, 348 pages, 22 € . Ecrivain(s): Pierre Gervais, Pauline Peretz, Pierre Stutin Edition: Alma Editeur

 

Au travers des sorties de livres d’enquêtes historiques surgissent souvent des œuvres plutôt discrètes, qui méritent cependant de se voir élogieusement saluées. Une belle association d’auteurs, celle de Pierre Gervais, Pauline Peretz et Pierre Stutin fournira ici l’occasion d’un assez exemplaire cas d’espèce. Vif, précis, efficace et pertinent, leur commun Dossier secret de l’Affaire Dreyfus inspirera sans guère de doute au lecteur un rapide et passionnant intérêt. Peu dire serait alors que, sous ce titre, leur travail embrassât l’un des plus délicats sujets. S’immiscer à nouveau dans un épisode historique expurgé de ses zones d’ombres majeures (comme on aurait pu le croire) aurait en effet exigé de quiconque un apport suffisamment novateur.

Après les travaux monumentaux dédiés au « cas Dreyfus » par Marcel Thomas en 1961, Jean-Denis Bredin en 1981 ou encore Vincent Duclert en 2006 (ne parlons pas de Reinach pour 1901), fallait-il de la sorte aux co-auteurs de cette entreprise ne point se risquer aux faux-pas de la redite ou même du plagiat. Que restait-il alors à dire sur cette chronique militaro-judiciaire, ayant autrefois déchaîné la passion politico-médiatique, qui ne fût déjà précisé par une séculaire et exhaustive collecte d’informations ?

Le rhinocéros d'or, François-Xavier Fauvelle-Aymar

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 11 Mai 2013. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Alma Editeur

Le rhinocéros d’or. Histoires du Moyen Âge africain, février 2013, 319 p. 26 € . Ecrivain(s): François-Xavier Fauvelle-Aymar Edition: Alma Editeur

 

« Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.

Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.

Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance.

Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ».

Au-dessus de la mêlée, Romain Rolland

Ecrit par Stéphane Bret , le Samedi, 11 Mai 2013. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Petite bibliothèque Payot

Au-dessus de la mêlée, 215 pages, 8,15 € . Ecrivain(s): Romain Rolland Edition: Petite bibliothèque Payot

 

Qui est Romain Rolland ? Un écrivain du début de ce vingtième siècle, auteur de nombreuses biographies, ami de Charles Péguy et de Stefan Zweig. Il était aussi, pour notre plus grand bonheur, un pacifiste acharné, et un amoureux de la civilisation. Dans cet ouvrage intitulé Au-dessus de la mêlée, titre de l’un des articles et manifestes parus durant les années 1914 et 1915 dans la presse suisse, Romain Rolland nous invite à accomplir des démarches périlleuses, à emprunter des voies difficiles et étroites. Que nous dit ce polémiste, au bon sens du terme ? Qu’une guerre, loin d’être la résurrection appelée de leurs vœux par tous les bellicistes, est un désastre pour tous les belligérants : Romain Rolland se fait l’écho de la prise de position de Stefan Zweig : « Le désastre de la France serait aussi un désastre pour les penseurs libres d’Allemagne ».

Cette volonté de se situer, dès les débuts de la Grande Guerre, au-dessus de la mêlée, incite Romain Rolland à la formulation de diagnostics précurseurs à plus d’un titre : ainsi, le nationalisme exacerbé est-il stigmatisé quelle que soit son origine, sa justification ultime : « Chaque peuple a, plus ou moins son impérialisme (…) Il est la pieuvre qui suce le meilleur sang de l’Europe. Contre lui, reprenons, hommes libres de tous les pays, dès que la guerre sera finie, la devise de Voltaire : Ecrasons l’infâme ! »