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Essais

Le baiser, en voie de disparition ?, Zorica Tomić

, le Samedi, 31 Août 2013. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Pays de l'Est, L'Âge d'Homme

Le baiser. En voie de disparition, traduction de Vladimir André Cejovic, juin 2013, 216 pages, 17 € . Ecrivain(s): Zorica Tomić Edition: L'Âge d'Homme

Comme dit la chanson,

Tout tout tout

Vous saurez tout sur le baiser

Le pressant, le palpitant

Le total, le contournant

Le transféré, le soulevé

celui de la langue pénétré

Le gros horizontal

Le p’tit nominal

Le grand érotique

Le très discret aquatique

Tout tout tout tout

Autofiction : Pratiques et théories, Articles, Arnaud Genon

, le Mardi, 20 Août 2013. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Autofiction : Pratiques et théories, Articles, Mon Petit Editeur, avril 2013, 228 pages, 22 € . Ecrivain(s): Arnaud Genon

 

« Le débat sur l’écriture de soi est souvent réduit à se situer de part et d’autre d’une frontière qui sépare les défenseurs et les détracteurs de toute littérature autobiographique » (p.135), déclare à bon droit Arnaud Genon en guise de préambule dans un des cinquante-cinq articles reproduits dans son ouvrage synthèse qui vient tout juste de paraître sous le titre Autofiction : Pratiques et théories. Articles. C’est certes pour esquisser « une cartographie de l’autofiction » (p.7) et sans doute en partie pour dépassionner ce débat, voire pour pénétrer les arcanes d’un « mauvais genre » (Jacques Lecarme) dans une (vaine ou fructueuse ?) tentative de lui redonner ses lettres de noblesse que ce spécialiste de l’autofiction a réuni la grande majorité de ses écrits sur le sujet :

« Chacun prendra alors conscience, qu’on la défende ou qu’on l’accuse, que l’autofiction a ce mérite-là : en faisant parler d’elle, elle fait parler de la littérature. Cette « notion » n’est donc pas, quoi qu’en disent les « déclinistes », la manifestation de la dégénérescence de l’art littéraire, mais le simple indicateur d’une de ses mutations. Le signe rassurant de sa vitalité… » (p.8).

La cause des livres, Mona Ozouf

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 31 Juillet 2013. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Gallimard, Anthologie

La cause des livres, Gallimard 2011, 547p, 24 € . Ecrivain(s): Mona Ozouf Edition: Gallimard

 

La cause littéraire ne pouvait pas ignorer La cause des livres. Et Mona Ozouf défend et illustre ici plusieurs causes : la cause du patrimoine littéraire français, la cause des lettres et des épistules, la cause des autres littératures et des étrangères, la cause des femmes bien sûr, la cause de la république et la cause de l’histoire. Autant abréger : la cause de la vie, notre vie, nos vies, passées et présentes, présentes et à venir.

Ce petit pavé est un collier de perles. Le Nouvel Obs en fut le réceptacle hebdomadaire. Mona Ozouf en a confectionné un florilège en cercles de cercles, maîtresse des anneaux. Modestement, voici quelques extractions (un devoir de l’échotier n’est-il pas de couper les fils du collier pour jeter une autre lumière sur l’orient de la perle ?) et d’abord un titre d’article sur la femme de Marx, Jenny vue par Françoise Giroud, la mère, la bourgeoise sacrifiée sur l’autel du prolétariat concrétisé dans la misère des Grandes Espérances et les exils multiples, un titre qui dit tout, un titre modèle pour tout apprenti critique, un titre pour la critique rongeuse des souris, un titre éloquent et sobre, un concentré de sens et d’allusions assumées, pour le meilleur et pour le pire, un titre trouvaille : Une épouse capitale.

Résistance au gouvernement civil et autres textes, Henri David Thoreau

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 17 Juillet 2013. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Le Mot et le Reste

Résistance au Gouvernement Civil et autres textes. Trad. de l’anglais (USA) Nicole Mallet. Introduction et notes de Michel Granger. 03/2011. 64 p. 9 € Editions Le Mot et le Reste. . Ecrivain(s): Henry David Thoreau Edition: Le Mot et le Reste

Résistance et non désobéissance. Quelle différence ? C’est d’abord la traduction littéralement exacte de l’essai qui a rendu Thoreau célèbre. Le glissement de la résistance vers la désobéissance est très fin. Aussi subtil que la notion de frontière qui émaille les écrits immenses de l’Américain, le délicat respect l’emporte sur les récupérations obtuses, sources des foudres de la censure et de malentendus variés. Si désobéir revient à manquer de civilité, alors Thoreau n’est pas un désobéissant, encore moins un incitateur à la violence gratuite.
La résistance obéit à une Cause Supérieure. La résistance met en œuvre une participation à une Cause (l’abolition de la peine de mort, l’abolition de l’esclavage, le refus de collaborer avec des gouvernants dévoyés…) par la mise en œuvre de moyens très concrets : oui, la violence des mots doit « susciter une insurrection des consciences contre l’injustice » selon la formule précise de M. Granger.

L'économie selon la Bible, Richard Sitbon

Ecrit par Alexis Brunet , le Vendredi, 05 Juillet 2013. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres

L’économie selon la Bible, Editions Eyrolles, mars 2013, 237 pages, 14 € . Ecrivain(s): Richard Sitbon

 

C’est une approche originale, du moins pour le grand public, que nous livre Richard Sitbon. En étayant son travail par celui de ses prédécesseurs, il nous apprend qu’un certain nombre d’économistes, théologiens, idéologues, ou simplement penseurs souhaitant œuvrer pour un monde meilleur, ont puisé la source de leur théorie dans l’étude de l’Ancien Testament ou du Talmud.

A travers une analyse du traitement de l’échange, de la notion d’intérêt, ou de la place de l’homme dans l’économie notamment, l’auteur entend nous démontrer peu à peu en quoi l’économie dans l’Ancien Testament tend à placer l’homme en son centre, ceci au dépend du tout profit, tout en gardant la valeur travail comme fondamentale. Une économie « solidariste », plus subtile que libéralisme sauvage, qui flirte avec la « décroissance » et dont les principes rappellent en de nombreux points l’Economie sociale et solidaire. Et son ministère évidemment. Car quels sont les piliers du « solidarisme », cette théorie macro-économique ? L’éducation, le groupe, le contrôle de la croissance, la régulation de la concurrence, un nouvel ordre social.