Identification

Essais

"Vivez !", Stéphane Hessel/Edouard de Hennezel/Patrice Van Eesel

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 21 Février 2012. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Carnets Nord

"Vivez !", Carnets Nord 2012. 96 p. 6 € . Ecrivain(s): Edouard de Hennezel et Patrice Van Eersel Edition: Carnets Nord

 

Entretiens avec Edouard de Hennezel et Patrice Van Eersel


Stéphane Hessel. Quatre-vingt-quatorze ans. Un esprit ouvert, curieux et enthousiaste. Être passionné par la vie. Toujours en activité à donner des conférences ou des interviews ici et là. Edouard de Hennezel et Patrice Van Eersel ont réussi à obtenir un entretien avec celui qui a contribué « à la mise en place d’institutions précieuses comme les Nations Unies, l’unification de l’Europe […] ».

Au fil de cet entretien, Stéphane Hessel expose ses valeurs humaines, ses convictions profondes, sa foi en la vie, et sa chance, dit-il, « a été , dans le milieu du XXe siècle, cruel pour beaucoup, d’avoir connu de grandes douleurs, de grandes souffrances – des tortures -, de fréquents risques de mort… et d’avoir pu sortir de tout cela en étant resté physiquement et psychologiquement intact. [...] Je suis très reconnaissant à la Vie. Je pense que la gratitude vis-à-vis du réel est une des forces sur lesquelles on peut s’appuyer, et qui peut même vous donner la possibilité de faire du bien à d’autres.

L'histoire cachée du nihilisme, Michèle Cohen-Halimi et Jean-Pierre Faye

Ecrit par Yannis Constantinidès , le Lundi, 20 Février 2012. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres

L’histoire cachée du nihilisme. Jacobi, Dostoïevski, Heidegger, Nietzsche, La Fabrique éditions, 2008, 310 p. 18 € . Ecrivain(s): Michèle Cohen-Halimi et Jean-Pierre Faye

 

Le titre de l’ouvrage est prometteur : il fallait en effet une synthèse sur la notion profondément ambiguë de nihilisme, qui connaît de grandes variations de sens au cours de sa brève histoire. Le lecteur s’attend donc à voir dévoilée cette « histoire cachée » (la formule est de Nietzsche, le « premier parfait nihiliste de l’Europe » (1)). Mais la promesse n’est qu’à moitié tenue, parce qu’il n’y s’agit pas réellement, ou seulement, de faire le récit philosophique des transformations de cette notion équivoque à partir de sa première formulation par l’étrange révolutionnaire Anacharsis Cloots (2). Toute la seconde partie de l’ouvrage, mal raccordée à la première, porte essentiellement sur Heidegger et Nietzsche (ce qui explique sans doute la curieuse inversion chronologique dans le sous-titre) et s’apparente plus à un pamphlet anti-heideggérien qu’à une étude rigoureuse de leurs rapports. D’où, à l’arrivée, un assemblage hybride, aussi trouble que son sujet.

Le livre se divise en deux « partitions », la première composée par Michèle Cohen-Halimi (MCH) et la seconde par Jean-Pierre Faye (JPF), celui-ci signant le prologue et celle-là l’épilogue, dans un esprit de parfaite parité.

L'ivresse des rimes, Laurent Bourdelas

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 16 Février 2012. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Stock

L’ivresse des rimes. (Stock « Ecrivins »). Novembre 2011. 150 p. 14 € . Ecrivain(s): Laurent Bourdelas Edition: Stock

Laurent Bourdelas nous invite à une promenade délicieuse. Pensez ! Dans les rues et bistroquets du vieux Paris du XIXème siècle, entre Procope et Café de Bade, en compagnie de Lamartine, Vigny, Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé et quelques autres compagnons de « beuverie poétique » tout aussi prestigieux ! Et aussi quelques autres, moins connus mais tout autant passionnés de rimes et de flacons ! Entre le plaisir des vers connus et inconnus, des crus célèbres ou des piquettes infâmes, nous errons dans les rues de Paris, ivres de vin, d'alcools et de littérature.

Au gré des rencontres, on passe de la noblesse de l’esprit des rimes (Victor Hugo !..) aux « poètes maudits » (dont la définition est empruntée à Myriam Bendhif-Syllas, ce qui n’est pas pour nous déplaire !)


« …l’appellation désigne désormais un poète qui, incompris dès sa jeunesse, rejette les valeurs de la société, se conduit de manière provocante, dangereuse, asociale ou autodestructrice (en particulier par la consommation d’alcool et de drogues), rédige des textes de lecture difficile et, en général, meurt avant que son génie ne soit reconnu à sa juste valeur. »

La symétrie ou les maths au clair de lune, Marcus du Sautoy

Ecrit par Christophe Gueppe , le Lundi, 13 Février 2012. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Héloïse D'Ormesson

Symétrie, ou les maths au clair de lune, Essai traduit de l’anglais par Raymond Clarinard, 528 p. 26 € . Ecrivain(s): Marcus du Sautoy Edition: Héloïse D'Ormesson

 

Comment devient-on mathématicien ? Et qu’est-ce que c’est que les mathématiques ? S’agit-il d’une succession de nombres sans fin, de calculs fastidieux et de symboles abstraits et incompréhensibles, accessibles aux seuls initiés ? Ce sont à ces questions que répond l’auteur, professeur de mathématiques à Oxford, dans un langage d’une clarté limpide qui est un modèle de pédagogie. Car il ne se contente pas de nous faire comprendre un pan du monde mathématique, mais il nous le fait aussi aimer. Il nous fait rentrer dans la subjectivité du chercheur, qui va à la rencontre des mystères de la nature. Lui qui initialement s’est essayé à l’apprentissage des langues, a été rebuté par leur caractère aléatoire et arbitraire, et il a très vite compris qu’elles ne pourraient satisfaire son désir de logique et de sens. Seule, la rencontre fortuite, mais pour laquelle il a su se rendre disponible, d’un professeur de mathématiques, lui a fait comprendre que celles-ci étaient aussi un langage, porteur de significations.

La grandeur Saint-Simon, Jean-Michel Delacomptée

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 05 Février 2012. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Gallimard

La Grandeur, Saint-Simon. Gallimard (L’un et l’autre). Novembre 2011. 222 p. 19 € . Ecrivain(s): Jean-Michel Delacomptée Edition: Gallimard

 

C’est un chemin étroit et rare qui est emprunté par ce livre, et de façon plus générale, par cette collection « L’un et l’autre » de Gallimard. Disons d’abord ce que cela n’est pas : ce n’est pas une biographie. Le titre de ce livre particulier aurait pu le laisser entendre. Une biographie de Saint-Simon. Ce n’est pas non plus une œuvre de fiction ! Et n’étant ni l’un ni l’autre, on retrouve le nom de la collection : c’est « l’un et l’autre ».

A la fois mises en situation fictionnelles, dialogues fictionnels, événements mineurs fictionnels et pourtant tout ce récit des années « Mémoires » de Saint-Simon s’appuie sur une solide et rigoureuse connaissance biographique de l’homme Saint-Simon et de l’œuvre saint-simonienne.

On y retrouve avec délectation l’observateur génial des mœurs de la cour et des courtisans du temps de Louis XIV et Louis XV. Le moraliste intransigeant et militant qui, à sa manière, dénonce déjà les travers d’une monarchie qu’il voit avec préscience en train de scier la branche sur laquelle elle est assise.