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Essais

Dictionnaire érotique de l'argot, Georges Lebouc

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 28 Novembre 2012. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Dictionnaire érotique de l’argot, Editions Avant-propos, 2012, 16,95 € . Ecrivain(s): Georges Lebouc

 

J’ai eu le pépin pour ce livre aux pages de papier glacé agréables au toucher qui m’a séduit a priori par la qualité de son édition, par son titre, et par l’illustration suggestive de sa couverture.

La marchandise est indiscutablement racoleuse : dans toute librairie où elle se met en vitrine, elle vous joue son pousse-au-vice sans que le libraire ait besoin de se transformer en barbillon et d’envoyer sa caissière, qu’il a évidemment recrutée pour son physique de corvette gironde ballottée de première, faire son persil comme une vulgaire ambulante sur le macadam du trottoir de sa boutique pour y lever les clilles.

Une fois qu’il a sorti ses carrés de soie, n’importe quel micheton peut l’embarquer, et l’enflure alors a toute liberté de se la farcir à domicile ou sur un banc public sans pour autant passer pour un Mozart de la fourrette.

Et si c’est une bombasse qui l’emballe, rien ne l’oblige à se l’envoyer à la maison tire-bouton : ce n’est pas parce qu’elle en prendra son fade dans le métro ou dans la salle d’attente de son gynéco qu’on la soupçonnera d’être de la garde nationale !

Musique Absolue, une répétition avec Carlos Kleiber, Bruno Le Maire

Ecrit par Etienne Orsini , le Lundi, 26 Novembre 2012. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Gallimard

Musique absolue Une répétition avec Carlos Kleiber, août 2012, 109 p. 11,90 € . Ecrivain(s): Bruno Le Maire Edition: Gallimard

 

Que ces messieurs des hémicycles et autres palais lambrissés me pardonnent : abstraction faite de toutes considérations politiciennes, c'est rarement que je fais confiance à leur plume lorsque je me mets en quête d'un roman à lire. Ma conviction en la matière est qu'on ne peut bien servir à la fois le pouvoir et le sensible.

Le bref opus de Bruno Lemaire, ancien ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche, aini que de la Ruralité et l'Aménagement du territoire  (ouf !) m'oblige à ranger mes a priori au placard.

Musique absolue, sous titré une répétition avec Carlos Kleiber, fait renaître la figure du grand chef d'orchestre autrichien (1930-2004) pressenti en son temps pour prendre la succession de Karayan à la tête de l'Orchestre Philarmonique de Berlin.

Sur Leonhardt, Jacques Drillon

Ecrit par Romain Vénier , le Jeudi, 22 Novembre 2012. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Gallimard

Sur Leonhardt, Gallimard Collection L’Infini, 2009, 201 p. 17,90 € . Ecrivain(s): Jacques Drillon Edition: Gallimard

 

Sur Leonhardt est bien un ouvrage de Jacques Drillon. On y goûte dès les premières pages ces phrases parfaitement construites qui rappellent le grammairien, et qui sont ponctuées parfaitement par quelqu’un qui a écrit un Traité de la ponctuation française drôle et imposant. Cette manière de digresser aussi, qui place si bien le lecteur en position de connivence avec l’auteur et son sujet. Je vous entretiens d’un claveciniste et de son style, de sa retenue, de sa grandeur, de sa vie ; j’en profite pour vous glisser entre autres quelques passages sur Sviatoslav Richter (un des géants parmi les pianistes du XXe siècle, et autre artiste que Drillon vénère). Car ils ont en commun, et parce que j’ai de toute façon envie de vous parler de lui aussi.

L’opus de Drillon a donc pour sujet le musicien Gustav Leonhardt, décédé récemment mais qui ne l’était pas à la parution du livre, en 2009. Claveciniste, chef d’orchestre, organiste, l’homme, l’interprète est évoqué au miroir de son époque et de son entourage musical, de ses interprétations, des goûts et de l’admiration de l’auteur. Drillon nous montre l’homme, sa vie, sa passion pour la musique. Il consacre tout un chapitre à cette notion clé du personnage et de son jeu qu’est l’élégance, vertu placée au pinacle comme un trait distinctif de Leonhardt. A ce titre Drillon aime citer, il le fait dans plusieurs de ses livres, cette anecdote caractéristique. Le musicien, au début d’un récital, s’approche du public et superbe, annonce :

King Crimson, Aymeric Leroy

Ecrit par Didier Bazy , le Samedi, 17 Novembre 2012. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Le Mot et le Reste

King Crimson, 2012, 246 pages, 20 € . Ecrivain(s): Aymeric Leroy Edition: Le Mot et le Reste

 

Et ... L’autobiographie, Bill Bruford, traduction Aymeric Leroy, Le mot et le reste, 2012, 424 pages, 148 x 210, 26 €

 

Bill Bruford, King Crimson, Robert Fripp

 

Coup double pour Aymeric Leroy. La traduction magistrale de L’autobiographie de Bill Bruford et Une histoire de King Crimson et du singulier Bob Fripp. Les deux ouvrages se traversent, se croisent et renvoient sans cesse l’un à l’autre. Outre leur parution concomitante chez Le Mot et Le Reste qu’il convient de saluer et soutenir pour leur engagement, leur travail de titan et la qualité rare de la forme et du contenu de leur fonds, les deux pavés de Leroy ne peuvent tomber dans l’oreille d’un sourd. Aux côtés des tablettes numériques, ils resteront en bonne place dans les bibliothèques. Les toucher provoque le souvenir. S’y plonger éveille et rappelle les années de créations inouïes des « seventies ».

Photographie et croyance, Daniel Grojnowski (2ème recension)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 15 Novembre 2012. , dans Essais, Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres, Editions de la Différence

Photographie et Croyance, 2012, 119 p. 14 € . Ecrivain(s): Daniel Grojnowski Edition: Editions de la Différence

Daniel Grojnowski s’est toujours passionné pour l’image. Et a nourri cette passion des feux nuancés de son intellection. En effet, cet intérêt s’est modulé sous la forme d’interrogations extrêmement fécondes entrant en étreinte avec des raisonnements pointus mais clairs et problématisés, s’appuyant sur des exemples qui montrent que l’auteur est un fin connaisseur de la fin du dix-neuvième siècle, interrogations et raisonnements mêlés (car il ne s’agit pas pour les raisonnements, en faisant suite aux interrogations, de chasser ces dernières) renouvelant la vision que l’on peut avoir de cette façon qu’a le réel de tomber dans l’image, et dans l’immobilité de celle-ci : « Quelle que soit la nature et l’origine d’une image, elle m’interpelle, exige de moi que je me soumette à son évidence sensible, à la référence dont elle est médiatrice ».

Son « évidence sensible » est l’évidence du réel.

Même si dans son récent et très beau recueil de notes, Pensées simples (Gallimard), Gérard Macé s’interrogeait de cette manière : « [s]ait-on bien ce qu’on voit quand on photographie ? », Daniel Grojnowski confesse ainsi : « je me suis souvent demandé pourquoi je croyais – pourquoi on croyait – en la vérité de l’image photographique, sans parvenir à donner une réponse qui pouvait me satisfaire. Le présent essai tente d’élucider un “mystère” que l’avènement du numérique estompe, sans l’effacer ».