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Essais

Et toi t'es qui ? Petite typologie des profils FaceBook, Mat Hild

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 30 Mai 2012. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Flammarion

Et toi t'es qui ? 30 mai 2012. 144 p. 9,95 € . Ecrivain(s): Mat Hild Edition: Flammarion

 

« Facebook », ça sert à quoi ? Est-il encore nécessaire de se poser cette question ? Peu importe. Tout le monde s’y trouve. On suit le mouvement. De toute évidence, que l’on apprécie ou non cette vaste plate-forme communicative, planétaire et révolutionnaire, il n’en demeure pas moins qu’elle est devenue l’un des moyens les plus rapides d’échanges entre les êtres humains, et ce, autant de façon professionnelle que privée.

Les « Geek’s » en sont fanas ! On tapote, à tout-va, sur son « BlackBerry » ou sur son « i-phone », à toute heure de la journée – dans le métro, à sa place de travail, en plein déjeuner ou même sur « le trône » – et on statufie à tirelarigot. Et « Larry Bird » n’a rien à lui envier : je te « tweete » », tu me « tweetes », et l’on se tient par la « barbichette » électronique ! Un vrai phénomène de société ! On peut y rester suspendu du matin au soir, et parfois, du soir au matin…

Les écrivains, de nos jours, intègrent souvent cette nouvelle technologie au fil de leur écriture. Modernité oblige.

L'approche de Delft. De la peinture hollandaise & de Marcel Proust, Daniel Kay

Ecrit par Olivier Verdun , le Vendredi, 25 Mai 2012. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres

L’approche de Delft. De la peinture hollandaise & de Marcel Proust, Editions Isolato, 2011, 71 p. 14 € . Ecrivain(s): Daniel Kay

 

Le livre tout en finesse de Daniel Kay, L’approche de Delft, publié en 2011 par Isolato, se propose, en quatre chapitres particulièrement denses, de tisser des liens entre la peinture hollandaise, dont Vermeer de Delft constitue le parangon, et l’œuvre de Marcel Proust, A la recherche du temps perdu. Il s’agit de mettre au jour la façon dont une œuvre d’art, qu’elle soit picturale ou littéraire, opère une transfiguration allégorique du réel le plus ordinaire. L’idée, très hégélienne au fond, qui sous-tend cette réflexion, est qu’il n’y a pas, en art, de réalisme stricto sensu, à quoi on tend souvent à réduire, à tort, la peinture hollandaise, accusée de prosaïsme bourgeois, comme le croit, par exemple, Eugène Fromentin dans Les maîtres d’autrefois : selon lui, le but des peintres hollandais du XVIIe siècle, qui excellent dans la peinture de genre, c’est-à-dire dans la représentation de la vie quotidienne, est « d’imiter ce qui est, de faire aimer ce qu’on imite, d’exprimer nettement des sensations simples, vives et justes ».

Regrets sur ma vieille robe de chambre, Diderot

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 04 Mai 2012. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Regrets sur ma vieille robe de chambre ou Avis à ceux qui ont plus de goût que de fortune, Editions de l’éclat/éclats, 2011, 48 p. 5 € . Ecrivain(s): Denis Diderot

 

« Pourquoi ne l’avoir pas gardée ? Elle était faite à moi ; j’étais fait à elle. Elle moulait tous les plis de mon corps sans le gêner ; j’étais pittoresque et beau. L’autre, raide, empesée, me mannequine. Il n’y avait aucun besoin auquel sa complaisance ne se prêtât ; car l’indigence est presque toujours officieuse. Un livre était-il couvert de poussière, un de ses pans s’offrait à l’essuyer. L’encre épaissie refusait-elle de couler de ma plume, elle présentait le flanc. On y voyait tracés en longues raies noires les fréquents services qu’elle m’avait rendus. Ces longues raies annonçaient le littérateur, l’écrivain, l’homme qui travaille. À présent, j’ai l’air d’un riche fainéant ; on ne sait qui je suis ».

Ainsi est-ce en ces termes que Diderot commence, l’ironie glissant sous sa plume, « l’éloge funèbre » de son ancienne robe de chambre, le glas d’un passé révolu. Enlevée, et sitôt remplacée. Disparue, mais jamais oubliée. Le neuf ne chasserait-t-il pas le vieux ? Que nenni. Le passé oppresse le présent.

Si l'argent m'était conté, Jean-Philippe Bidault

Ecrit par Elisa Amaru , le Jeudi, 03 Mai 2012. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Si l'argent m'était conté. Ed. du Palio (mars 2012). 206 p. 19 € . Ecrivain(s): Jean-Philippe Bidault

 

Argent et Secrets d’Histoire : les Hommes qui n’étaient pas là.


Les banquiers, on ne peut plus les encadrer en peinture ! Voilà pour l’argument des grands médias, entretenu depuis des mois, eux-mêmes soutenus par de vastes holdings, consortiums tentaculaires investissant dans les trois pôles de nos sociétés modernes : éducation, information, politique. De Wall Street à la City, de Paris à Berlin, de déboires capitalistiques en trinquades utopistes, c’est encore la même antienne qui nous est rabâchée à chaque tour de page ! Habile manipulation ou crampe du scénariste ? C’est qu’il n’en fut pas toujours ainsi, figurez-vous ! A une époque pas si lointaine de la nôtre et dans une galaxie proche, les « faiseurs de monnaie » étaient une action sacrément à la hausse !! Expliquons. Le banquier, pièce fusible d’une machinerie génératrice d’obligations, n’incarna pas, au commencement des lois de marché, ce prédateur avide que nous nous plaisons à blâmer en rond aujourd’hui.

La solitude des mourants, suivi de vieillir et mourir, Norbert Elias

Ecrit par Christophe Gueppe , le Mercredi, 02 Mai 2012. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Titres (Christian Bourgois)

La solitude des mourants, suivi de Vieillir et mourir, quelques problèmes sociologiques, avril 2012, traduit de l’allemand par Sybille Muller, et de l’anglais par Claire Nancy, 2012, 119 p. 7 € . Ecrivain(s): Norbert Elias Edition: Titres (Christian Bourgois)

 

En quoi la mort constitue-t-elle un problème sociologique ? Nous mourrons seuls, dit-on, de même que nous vieillissons et que nous souffrons en nous-mêmes, sans que personne ne puisse éprouver à notre place ce qui nous touche. Si cela est partiellement vrai, cela n’empêche pas l’auteur de vouloir montrer en quoi la mort, notamment, rentre dans ce qu’il appelle un processus de civilisation, dont il prolonge l’étude ici.

Dans les sociétés modernes, nous pouvons en effet assister à ces scènes où des personnes âgées sont découvertes de nombreux jours après leur mort, dans un état de décomposition avancé, comme à la suite de la canicule de 2003 en France. Cette solitude des mourants, et des personnes âgées, est du même ordre que cette souffrance que la thérapie médicale cherche à atténuer au niveau technique, mais en ne s’intéressant qu’à nos organes. Or, ce n’est pas seulement un corps qui souffre, mais également la personne dans son ensemble, et dont la souffrance s’accroît, au niveau subjectif, de manquer de relations affectives pour l’accompagner dans cette souffrance.