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Essais

Nous, les mecs Essai sur le trouble actuel des hommes, Daniel Welzer-Lang

, le Mercredi, 18 Décembre 2013. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Payot Rivages

Nous, les mecs Essai sur le trouble actuel des hommes, novembre 2013, 192 pages, 7,65 € . Ecrivain(s): Daniel Welzer-Lang Edition: Payot Rivages

 

 

Dans les dernières pages de son texte troussé dans une langue élégante, Isabelle Miller raconte que son prétendant lui promit de lui offrir des orchidées de chez Lachaume si un jour elle venait à le quitter. Le lecteur masculin comprendra que le titre, La déclaration d’amour (2013), n’est pas du chiqué, tant s’en faut. N’y-a-t-il plus belle déclaration, plus bel amour, que d’affirmer que son affection est indéfectible, inconditionnelle, donc indépendante des sentiments de l’autre ? Mais Isabelle Miller ne l’entend pas de cette oreille : « Il n’avait aucune raison de douter de moi et je lui en voulais de dénigrer la certitude que j’avais alors de l’aimer toujours » (1). Elle fait de cette déclaration une lecture littérale et le gage d’amour devient très vite une suspicion de désamour, une rupture annoncée. Mais est-il si difficile de comprendre un mec ?

Marguerite Duras, La passion suspendue, entretiens avec Leopoldina Pallotta della Torre

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 11 Décembre 2013. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Seuil

Marguerite Duras, La passion suspendue, entretiens avec Leopoldina Pallotta della Torre, traduit de l’italien et annoté par René de Ceccatty, janvier 2013, 187 pages, 17 € . Ecrivain(s): Marguerite Duras Edition: Seuil

 

 

Leopoldina Pallotta della Torre est face à Duras. Elle l’écoute. Elle est là pour qu’elle lui parle. Elle est là pour que naisse La passione sospesa. « Je l’écoutais se souvenir, réfléchir, se laisser aller, abandonner peu à peu sa méfiance naturelle : égocentrique, vaniteuse, obstinée, volubile. Et tout de même capable, à certains moments, de douceurs et d’élans, de timidités, de rires retenus ou éclatants. Elle semblait soudain animée d’une curiosité irrésistible, vorace et presque enfantine ».

Ce livre d’entretiens est commodément divisé en sections, dont le titre seul dit tout : Une enfance, Les années parisiennes, Le parcours d’une écriture, Pour une analyse du texte, La littérature, La critique, Une galerie de personnages, Le cinéma, Le théâtre, La passion, Une femme, Les lieux.

Nos mal-aimés, ces musulmans dont on ne veut pas, Claude Askolovitch

, le Mercredi, 11 Décembre 2013. , dans Essais, Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres, Grasset

Nos mal-aimés, ces musulmans dont on ne veut pas, septembre 2013, 288 pages, 18 € . Ecrivain(s): Claude Askolovitch Edition: Grasset

 

 

Il devait s’appeler « Malheureux comme Allah en France ». Suite à quelques mises en garde sur les risques d’incompréhension face à la personnification de Dieu, prohibée par l’Islam, Claude Askolovitch lui a choisi un autre titre. A l’origine de l’essai, le tapage médiatique sur la viande halal, et la montée en flèche, il y a deux ans déjà, de Marine Lepen dans l’opinion française.

Des musulmans montrés du doigt par les médias, d’une manière parfois disproportionnée, un anti-islamisme tendant à se banaliser, il fallait un ouvrage qui ose s’attaquer à ce sujet, qui ose se demander pourquoi l’Islam génère un tel malaise dans la société française, alors que les sociétés ne sont que les fruits de ceux qui les composent. Claude Askolovitch l’a fait. Un ouvrage courageux, qui ne pouvait pas lui apporter que des amis. Un exercice qui ne pouvait être que difficile. Un challenge.

Malraux & Picasso, une relation manquée, Raphaël Aubert

Ecrit par Frédéric Aribit , le Lundi, 09 Décembre 2013. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie

Malraux & Picasso, une relation manquée, Infolio, Collection Archigraphy Poche, 2013, 9 € . Ecrivain(s): Raphaël Aubert

 

L’histoire des arts fourmille de « relations manquées », à l’instar de celle, plus générale, de tous les hommes qui se cherchent et ne se trouvent finalement pas quand tant d’étincelles auraient pu crépiter entre eux. Et l’on se demandera encore longtemps ce que certains auraient pu se dire s’ils avaient seulement pu ou su se parler. Celle que Raphaël Aubert radiographie n’est pas, parmi de nombreuses autres au XXe siècle, la moins intéressante en termes de ratage. Car il faut attendre la mort de Picasso pour que Malraux en vienne enfin à mesurer l’ampleur d’un peintre qu’il a à peine côtoyé et longtemps ignoré. Dès l’introduction de son livre, Raphaël Aubert énonce clairement ce qui fait obstacle entre eux deux : d’une part, sur le plan esthétique, le relatif « conservatisme » de Malraux qui délaisse des pans entiers de la modernité picturale et plastique au nom du seul Georges Braque ; d’autre part, sur le plan politique, une fois l’ennemi commun du nazisme abattu, l’aveuglement communiste de Picasso, qui achoppe sur l’orientation gaullienne de Malraux, farouchement opposé à Staline.

Qu’est-ce qu’un faux ? et autres conversations sur l’art, Federico Zeri

Ecrit par Eddie Breuil , le Vendredi, 06 Décembre 2013. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts, Italie, Payot

Qu’est-ce qu’un faux ? et autres conversations sur l’art, Trad. (Italien) Maël Renouard, octobre 2013, 211 p. + illustrations, 20 € . Ecrivain(s): Federico Zeri Edition: Payot

 

 

Qu’est-ce qu’un faux ?

Le volume Qu’est-ce qu’un faux ? est divisé en cinq sections : trois communications et deux entretiens. Le « faux » est le point commun, mais pas nécessairement l’aspect principal abordé dans toutes ces sections. Dans les deux premières, l’historien de l’art Federico Zeri rappelle l’importance de ne pas isoler une œuvre d’art, mais de la replacer dans le contexte dans lequel elle a émergé : une œuvre est déterminée par son époque, par des impératifs qui lui sont souvent étrangers. Or, pour détecter un faux, il est précisément utile d’identifier les anachronismes et plus généralement toutes les incohérences perceptibles sur le plan de la critique interne. La connaissance des techniques des artistes et de la qualité d’exécution des œuvres sont des impératifs pour aborder la question des faux.