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Essais

De l'utilité du genre, Joan W. Scott

Ecrit par Arnaud Genon , le Vendredi, 05 Avril 2013. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Fayard

De l’utilité du genre, trad. de l’anglais (USA) par Claude Servan-Schreiber, 2012, 224 p. 18,50 € . Ecrivain(s): Joan W. Scott Edition: Fayard

 

 

A la lueur du genre


Avec Judith Buttler, Joan W. Scott est une des plus grandes théoriciennes du « genre ». Ce champ d’étude, appelé « gender studies » outre-Atlantique, se développe en France seulement depuis une quinzaine d’années alors qu’il a été initié par les féministes anglo-américaines au milieu des années 1970.

Ces pionnières de la notion mettaient déjà en avant « la dimension fondamentalement sociale des distinctions basées sur le sexe. Le mot dénotait un rejet du déterminisme biologique implicite dans l’emploi de termes tels que “sexe” ou “différence sexuelle” ».

A propos du roman, Paul Gadenne

Ecrit par Christian Massé , le Mardi, 26 Mars 2013. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Actes Sud

A propos du roman, 130 pages . Ecrivain(s): Paul Gadenne Edition: Actes Sud

 

« Je ne puis parler de mes romans à personne durant le temps où je les compose. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas de l’ordre du langage parlé. Je ne vois mes personnages, je ne les entends, que dans le silence intérieur ».

Un sujet de roman n’existe pas quelque part en dehors de son auteur. Ce n’est pas une marchandise ramassée dans un supermarché… Le sujet trouve son auteur, oui, comme une sorte de présence qui l’envahit. Une idée se dépose un jour en lui, le féconde, devient consubstantielle à lui. C’est une graine qui est tombée sur le sol qui est sien par nature, et cela fait un livre. « Pourquoi écrire, si ce n’était pour nous délivrer de notre présence ? » (à ce sujet, à cette graine).

Une force nous pousse à écrire : le besoin de traduire la vie. Traduire, au sens propre du mot, c’est faire passer la fameuse graine d’un état à un autre. Traduire la vie, c’est tenter d’en changer la nature – de la faire nôtre. C’est essayer de la dominer, en nous en appropriant la substance. Ecrire, c’est une façon de nous assurer une certaine emprise sur les choses, par la conscience que nous en avons un instant. Est-il besoin d’ajouter que c’est d’abord pour soi que l’on écrit ? Se plaçant devant sa page blanche, l’écrivain ne se place d’abord que devant lui-même. Tant mieux si, après coup, il trouve un public.

Séraphin, c'est la fin !, Gabriel Matzneff

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 22 Mars 2013. , dans Essais, Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres, La Table Ronde

Séraphin, c’est la fin !, février 2013, 268 pages (écrites de 1964 à 2012), 18 € . Ecrivain(s): Gabriel Matzneff Edition: La Table Ronde

 

Une lecture est une aventure personnelle, sinon « à quoi bon ? », Michel Host

 

Je viens de bercer le dernier enfant de Gabriel Matzneff, baptisé Séraphin, c’est la fin ! une citation tirée de L’Aiglon, d’Edmond Rostand ! – Voilà l’homme ! À quelles ignominieuses profondeurs de la vieille France, que d’aucuns disent « moisie », le provocateur ne va-t-il pas chercher tout ça ? Je notai cela, hier, dans mes carnets Faits & Gestes, réservés à mes lecteurs futurs. Et encore ceci, peu ou prou : dans ses pages, Gabriel Matzneff dit et répète a voce alta ce que la plupart pensent mais taisent avec soin. C’est un plaisir que de le lire. Il croit et ne tient pas à ce que tout le monde croie à ce à quoi il croit. Nous pourrions donc nous entendre si nous étions moins sauvage. Il se plaint de n’avoir obtenu aucun prix littéraire sauf, une fois, une insultante aumône de l’Académie française, et d’être soumis à un ostracisme féroce de la part de ces chroniqueurs de la presse littéraire qu’à juste titre il englobe dans la secte des salauds médiatiques. Sa candeur stupéfaite me rafraîchit.

Cinq femmes chinoises, Chantal Pelletier

Ecrit par Martine L. Petauton , le Samedi, 16 Mars 2013. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Joelle Losfeld

Cinq femmes chinoises, janvier 2013, 130 p. 14,90 € . Ecrivain(s): Chantal Pelletier Edition: Joelle Losfeld

 

 

Projet du plus grand intérêt : écrire sur la Chine actuelle, ce géant en devenir, ce dragon flamboyant, qu'on regarde tous. Le faire, par la face - moitié du ciel ; les femmes, sur plusieurs générations.  Entrer dans cet univers, non de l'intérieur de l'empire du milieu, mais, d'ici – regard occidental,  qui décline, mine de rien, une connaissance intime de cette planète étrange, interdite, encore...

La Chine et ses femmes habitent des rayons entiers de littérature occidentale. On a tous été nourris des superbes personnages de Pearl Buck, bien sûr ! D'Han Suyin, et, de la magnifique petite tailleuse échappant, par Balzac, à la Révolution Culturelle, via l'écriture serrée  de Dai Sijie, auteur franco chinois.

On était loin, dans l'ancienne Chine, loin, encore, au temps de Mao.

Memento du franc-maçon, Guy Chassagnard

Ecrit par Patryck Froissart , le Mardi, 05 Mars 2013. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Pascal Galodé éditeurs

Memento du Franc-Maçon, 2012, 590 p. 25 € . Ecrivain(s): Guy Chassagnard Edition: Pascal Galodé éditeurs

 

Le titre de cet imposant ouvrage de 590 pages pourrait donner à penser qu’il s’agit d’un livre destiné aux seuls initiés, d’une sorte de catéchisme maçonnique qui ne serait pour les profanes qu’un texte occulte de plus sur les prétendus « mystères » de la franc-maçonnerie.

Il n’en est rien.

Le tour de force de Guy Chassagnard est d’avoir élaboré un document « tout public » sans tomber dans la vulgarisation sensationnelle de textes d’auteurs se vantant d’informer le lecteur, qu’ils présupposent naïf, sur la franc-maçonnerie tout en feignant d’en savoir beaucoup plus que ce qu’ils veulent ou peuvent en dire, et s’acharnant à envelopper d’une atmosphère d’occultisme des éléments qui ne sont secrets que de polichinelle.

La lecture de ce mémento sera sans aucun doute utile aux profanes qui ont la saine curiosité de s’informer sur les objectifs de la franc-maçonnerie, qui ont l’envie sans a priori de mieux connaître cette association d’hommes de bonnes mœurs, et qui souhaitent se défaire des préjugés, des clichés, de l’image volontairement fausse qu’en donnent régulièrement les médias.