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Nos Vies, Marie-Hélène Lafon

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Mercredi, 20 Septembre 2017. , dans La Une Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Les Livres, Roman, Buchet-Chastel

Nos Vies, août 2017, 192 pages, 15 € . Ecrivain(s): Marie-Hélène Lafon Edition: Buchet-Chastel

 

Comment une nouvelle donne-t-elle un jour à un écrivain le désir de prolonger l’aventure et d’en faire un roman ? Marie-Hélène Lafon a perçu en elle ce désir quand elle a bouclé l’écriture de la nouvelle, Gordana, parue en 2012. Cela a pris plusieurs années avant que son intuition première aboutisse au roman Nos vies. La charpente était déjà construite, il ne s’agissait plus alors que de consolider les murs et de meubler l’intérieur avec des souvenirs enfouis ou des moments qui feraient saillie. Mais pas que… Il lui fallait trouver un rythme nouveau, un certain déroulé qui pouvait convenir à un récit plus ample. Alors, l’auteur a carrément changé son point de vue et modifié le rôle dévolu aux personnages principaux.

L’action de ce récit se déroule à Paris, dans un quartier qui garde encore un aspect populaire. Le point focal de l’intrigue est le Franprix du coin où l’on se croise, on se frôle, on se côtoie, on se reconnaît sans échanger une seule parole.

On retrouve dans ce roman certains types de personnages propres à l’univers de l’auteur. La plupart sont des êtres de peu.

Gazoline Tango, Franck Balandier

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Vendredi, 25 Août 2017. , dans La Une Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Les Livres, Roman, Le Castor Astral

Gazoline Tango, août 2017, 288 pages, 19 € . Ecrivain(s): Franck Balandier Edition: Le Castor Astral

 

 

Cet extrait du nouveau roman de Franck Balandier, Gazoline tango : « …Comme pour Dieu, comme pour tout le monde ici, personne n’existait vraiment à la cité des peintres. Alors, on s’inventait sa vie. On la repeignait. En rose de préférence… Il n’y avait plus de place dans le coin pour la nostalgie, ni pour la poésie et la douceur qui allait avec » donne bien l’atmosphère du récit.

C’est la tâche du romancier d’inventer. Alors l’auteur va s’y atteler, en traquant la réalité de ce monde tout en brodant sans vergogne autour. Et surtout en la concentrant en un lieu d’une banlieue oubliée de tous, autour d’une galerie de personnages tous plus pittoresques et hors normes les uns que les autres. Le titre du roman est emprunté au nom de l’orchestre rock féminin dont fait partie la mère du héros de cette histoire de bruit et de fureur.

Le Jour d’avant, Sorj Chalandon

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Jeudi, 17 Août 2017. , dans La Une Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Les Livres, Roman, Grasset

Le Jour d’avant, août 2017, 336 pages, 20,90 € . Ecrivain(s): Sorj Chalandon Edition: Grasset

 

Après quatre jours d’arrêt de la mine, à la reprise de l’activité, le 27 décembre 1974, à 6h30 du matin, un bruit sourd retentit au fond d’une galerie de la fosse 3 dite Saint-Amé du siège 19 du groupe Lens-Liévin à Liévin dans le Pas-de-Calais. C’est un quartier de Six sillons qui a été touché, situé à 50 mètres en aval du niveau -70, dans le secteur de la taille 31. Le carreau de la mine se trouve bientôt envahi par les proches en quête d’informations. Le bilan est très lourd : 42 morts. Une enquête sera ouverte. Les syndicats CGT et FO se porteront partie civile. Assez rapidement, des faits de négligence seront révélés. Le coup de grisou sera confirmé par des experts. La bataille juridique durera jusqu’en 1981 (Extrait emprunté au site de l’INA intitulé Mémoire de mines qui relate la catastrophe). Le dernier roman de Sorj Chalandon, Le Jour d’avant, est dédié à la mémoire de ces Quarante-deux mineurs.

L’auteur s’empare de ce fait divers pour construire une fiction.

Ce n’est pas le premier roman où Sorj Chalandon trouve le chemin d’une histoire singulière pour rendre compte d’un évènement historique.

La faute des autres, Emmanuelle Friedmann

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Vendredi, 09 Juin 2017. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, Calmann-Lévy

La faute des autres, avril 2017, 288 pages, 18,90 € . Ecrivain(s): Emmanuelle Friedmann Edition: Calmann-Lévy

 

« Les bombardements incessants empêchaient les soldats de s’entendre… les risques… les explosions… la tranchée… Les corps déchiquetés… les épidémies ». Ainsi démarrent les premières pages du nouveau roman d’Emmanuelle Friedmann, La faute des autres. Tout de suite, nous sommes plongés dans l’enfer de la première guerre mondiale. Tout n’est plus que ruine et désolation. Le chaos s’installe. Dans l’horreur, des amitiés, des amours insolites, inhabituels se nouent. On s’épaule, on est soudé face au danger. Face à la mort qui rôde en permanence, les sentiments s’exacerbent. Mais cela perdure-t-il quand revient une certaine normalité ?

Pouvons-nous sortir indemne d’un carnage qui a touché tout un pays ? Le récit nous entraîne dans une course haletante qui couvre vingt-cinq ans de notre histoire nationale. Dans cette époque charnière, le roman déroule l’odyssée de vies qui se croisent, se perdent et se retrouvent avec des tissages heureux et des accrocs inévitables. Parfois le corps lâche, il vacille quand les souvenirs remontent avec trop de virulence et il devient incontrôlable : « Je ne peux plus voir de sang… Il se mit à trembler… ». Charles finira par renoncer à sa carrière de chirurgien, choisie par vocation, pour devenir médecin généraliste à Cabourg.

Je dansais, Carole Zalberg

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Vendredi, 12 Mai 2017. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, Grasset

Je dansais, février 2017, 162 pages, 16 € . Ecrivain(s): Carole Zalberg Edition: Grasset

 

Au XVIème siècle, dans le volume III, chapitre 5 de ses Essais, Montaigne écrivait déjà : « Les femmes n’ont pas tort du tout quand elles refusent les règles de vie qui sont introduites au monde, d’autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elles ». Aujourd’hui, cinq siècles plus tard, ce sont les femmes éduquées qui prennent la plume pour rompre le silence qui entoure la condition des femmes et la recherche d’une réelle émancipation.

Dans son dernier roman, Je dansais, empli de bruit et de fureur où le morbide et la noirceur dominent, Carole Zalberg tente, à travers un récit singulier, de décrypter les ressorts de la violence infligée à des jeunes filles sans défense dans notre pays prétendument « civilisé ». Mais son exploration ne se limite pas à un cas particulier. Elle étend et généralise sa dénonciation à toute la condition féminine en général.

Au départ, l’intrigue s’appuie sur la réalité, mais l’auteur va bien au-delà. À partir d’un fait divers qui pourrait se tailler une part belle sur certaines chaînes de télévision ou dans certains journaux à sensations, Carole Zalberg, par la grâce de l’écriture, confère à son récit une ampleur exemplaire.