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Articles taggés avec: Epsztein Pierrette

La Maison du berger, suivi de Viens, on se tire, Elisabeth Loussaut (par Pierrette Epsztein)

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Mercredi, 13 Janvier 2021. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

La Maison du berger, suivi de Viens, on se tire, Elisabeth Loussaut, Z4 éditions, Coll. Les 4 saisons, 2018, 250 pages, 15 €

Lecteurs, si vous souhaitez vous aérer l’esprit, si vous aspirez à échapper à cette atmosphère anxiogène dans laquelle les informations nous embourbent en ce temps de pandémie, si vous désirez vous délester de la crainte du pire qui, parfois vous saisit, alors, plongez-vous sans hésiter dans les deux récits d’Élisabeth Loussaut publiés aux éditions Z4 : La Maison du berger, suivi de Viens, on se tire. Vous débarquerez, le temps de votre lecture, dans une contrée où l’air est débarrassé de toute pollution et où vous pourrez respirer à l’aise, loin, très loin des préoccupations actuelles.

Dans ce livre, deux récits se suivent. Les deux sont écrits par la même narratrice qui en est aussi la principale protagoniste. Le premier est un retour en arrière dans le passé des années d’enfance et d’adolescence dans ce que l’auteur intitule La Maison du berger. C’est le nom donné à la maison familiale où vivent ses parents, ses frères et sœurs. Dans le deuxième, la narratrice devenue adulte se rend avec sa sœur dans une maison de retraite qui abrite désormais sa mère. Elle y va à reculons, d’où le titre du récit : Viens, on se tire.

À son ombre, Claude Askolovitch (par Pierrette Epsztein)

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Jeudi, 19 Novembre 2020. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres, Grasset

À son ombre, Claude Askolovitch, Grasset, octobre 2020, 320 pages, 20,90 €

 

Dans un entretien de Marc-Alain Ouaknin avec Michel Gad Wolkowicz dans l’émission Talmudiques du 6 septembre 2020, celui-ci énonce le propos suivant : « Cette époque, plus qu’aucune autre, en dehors des guerres et des attentats, nous place collectivement devant la question de la maladie et de la bonne santé, du soin et de la guérison, et de manière essentielle devant les questions des relations sociales, de nos choix d’existence, de la proximité et de la distance, de l’amitié précisément, de l’attention particulière aux autres, de la responsabilité de nos gestes, de nos choix éthiques et de façon radicale devant la question de la vie et de la mort ». Ces paroles nous semblent bien correspondre à l’état d’esprit du nouvel ouvrage de Claude Askolovitch.

Malgré quelques revers, l’auteur réussit une belle carrière dans le journalisme, métier qu’il a toujours rêvé d’exercer. Il a été l’objet de polémiques au sujet de certaines de ses publications. Il est longtemps resté dans les coulisses. Qu’est-ce qui l’a engagé pour la première fois à ouvrir le rideau de son théâtre et à franchir ce passage sur le devant de la scène ? L’élément déclencheur a été une rencontre imprévisible avec une femme beaucoup plus jeune que lui. Elle surgit peu de temps après le décès brutal et inattendu de son épouse. Cette imbrication entre le passé et le présent va totalement le déboussoler.

Les Grandes poupées, Céline Debayle (par Pierrette Epsztein)

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Vendredi, 09 Octobre 2020. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres, Arléa

Les Grandes poupées, Céline Debayle, éditions Arléa, août 2020, 168 pages, 17 €

 

Qui, dans sa chair, n’a jamais vécu une faille profonde, une blessure d’enfance, ne choisira pas forcément de s’engager sur la trajectoire hasardeuse et épineuse de l’écriture romanesque. C’est pourtant le pari qu’a engagé Céline Debayle. Elle soumet à notre lecture son deuxième roman : Les Grandes poupées.

Une rencontre avec un roman est toujours une aventure exaltante. Si, en tant que lecteurs, nous sommes, dans un premier temps, emportés par l’attraction du récit, nous ne pouvons aucunement, par la suite, échapper à la force de l’écriture parfaitement maîtrisée, tenue et rigoureuse. L’auteur évite tout débordement superflu. Dans cette histoire, nous sommes inévitablement conduits à nous pencher avec attention sur les ressources stylistes exploitées par Céline Debayle pour donner au texte toute sa cohérence et son acuité.

Le Grand Meaulnes, suivi de Choix de lettres, de documents et d’esquisses, Alain-Fournier en La Pléiade (par Pierrette Epsztein)

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Jeudi, 24 Septembre 2020. , dans La Une CED, En Vitrine, Les Chroniques, Les Livres

Le Grand Meaulnes, suivi de Choix de lettres, de documents et d’esquisses, Alain-Fournier, La Pléiade, mars 2020, 640 pages, 48 €

C’est au collège que beaucoup d’entre nous ont découvert Le Grand Meaulnes, ce roman unique et mystérieux d’Alain-Fournier mort dans sa prime jeunesse et dont l’ouvrage n’a cessé d’être traduit, a circulé dans le monde entier et dont le succès n’a jamais cessé. Nous en avons retenu une première lecture. Nous sommes nombreux à avoir rêvé sur cette poursuite inlassable d’un lieu étrange et de ces personnages fantomatiques après lesquels Le Grand Meaulnes va partir en quête. Nous avons fantasmé sur ce château fascinant et extravagant de « La Belle au Bois Dormant » et nous avons suivi avec exaltation ce voyage initiatique sans vraiment en saisir toute la complexité.

Les éditions de La Pléiade nous en offrent une nouvelle présentation et peut-être une approche plus moderne et plus complexe de ce roman. Cette nouvelle parution est enrichie d’une préface érudite de Philippe Berthier qui nous en propose une autre approche, étoffée de notes judicieuses, augmentée de lettres et de documents inédits, de premières esquisses du roman. A cela viennent s’ajouter les étapes de la publication et plusieurs critiques concernant la réception de l’ouvrage, une biographie d’Alain Fournier que complète un important choix bibliographique consacrée à l’étude de ce roman.

J’ai failli te manquer, Lorraine Fouchet (par Pierrette Epsztein)

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Vendredi, 28 Août 2020. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

J’ai failli te manquer, Lorraine Fouchet, Héloïse d’Ormesson, juin 2020, 368 pages, 20 €

 

Dans un récit précédent, Lorraine Fouchet se concentrait sur la figure du père. Dans J’ai failli te manquer, elle adopte la forme du roman pour exorciser les démons qui ont envenimé ses relations compliquées avec sa mère. Après la mort de celle-ci, l’auteur réussit cette prouesse de transmuer les conflits persistants qui ont jalonné leurs rapports, en un récit réjouissant et pouvoir enfin respirer et exister par et pour elle-même à travers l’écriture qui devient son lieu d’accueil. Pour cela, l’auteur en tisserande des mots va broder une tapisserie dont on verra les deux faces : l’endroit, celle bien lissée, bien ordonnée, offerte au regard, et l’envers, celle bien cachée, qui laisse transparaître tout ce qu’on veut cacher : les nœuds, les défauts, les méprises, les ratés.

Lorraine Fouchet réussit à élaborer une stratégie d’écriture tout à fait originale et très habile. Le roman est structuré autour de trois voix : celle de la mère, le personnage central ; celle de la fille, qui devient une caisse de résonnance ; le troisième moteur de cette saga est le mari, mais aussi le père, une figure fantôme omniprésente, qu’il est impossible d’effacer car il sert de tampon et de médiateur entre les deux personnages féminins.