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Articles taggés avec: Prouteau Marie-Hélène

La revenante, Françoise Gérard (par Marie-Hélène Prouteau)

Ecrit par Marie-Hélène Prouteau , le Mercredi, 22 Mai 2024. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Récits

La revenante, Françoise Gérard, édition La Chambre d’échos, mars 2024, 82 pages, 14 €

 

 

Françoise Gérard qui a publié plusieurs livres aux éditions La Chambre d’échos nous offre ici un périple de la mémoire et de la rêverie qui nous emmène dans une ville du Nord. Ce n’est que plus avant dans le récit que l’on apprend qu’il s’agit d’Armentières. L’importance, en effet, n’est pas dans le jeu référentiel mais dans la résonance d’une fibre intérieure, celle de la « revenante », ce personnage féminin au cœur du récit présenté à la troisième personne. D’elle, nous ne saurons que très peu de choses. La « revenante » demeurera pour le lecteur une sorte d’être de fuite, assez peu dessiné. Sauf par quelques détails biographiques liés aux aménagements de la maison familiale à l’arrivée de la grand-mère devenue veuve.

La poésie est sur la table, Denise Le Dantec (par Marie-Hélène Prouteau)

Ecrit par Marie-Hélène Prouteau , le Mardi, 30 Avril 2024. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Unicité

La poésie est sur la table, Denise Le Dantec, éditions Unicité, 2023, 170 pages, 15 € . Ecrivain(s): Denise Le Dantec Edition: Unicité

Depuis plus de cinquante ans la poète Denise Le Dantec a composé une œuvre novatrice, inclassable, publiée chez : Flammarion, Stock, La Part commune, L’Herbe qui tremble, Le Silence qui roule, Tarabuste, les éditions des Instants, Unicité, entre autres. Celle qui fut liée à des poètes, tels Michel Leiris, Salah Stétié, Guillevic, Claude Roy, livre ici un très beau recueil aux éditions Unicité dans la Collection Brumes & Lanternes, dirigée par l’écrivain Éric Poindron.

Tous à la table de la poésie ! Le titre du recueil, les trois épigraphes, l’une de Suzanne Doppelt, « Le monde est une table », celle de Jack Spicer, poète américain de la Beat generation, celle aussi d’un extrait des Vedas, placent au cœur du recueil l’évocation de la nourriture, réelle ou symbolique. La jouissance des mets et des breuvages rejoint ici la symbolique poétique en une sorte de métaphore filée. Les cent cinquante-neuf poèmes du recueil, d’une extrême variété de formes, allant d’illuminations, de souvenirs d’enfance à des poèmes de réflexion poétologique se trouvent unis par la thématique de la nourriture. Défilent de drôles de mets, confiture achetée dans « une laverie automatique », salade fattouche, asperges peintes par Édouard Manet, vareniki d’Ukraine et boissons de même acabit, des quatre coins du monde :

Sur la voie abrupte, Jean-Claude Caër (par Marie-Hélène Prouteau)

Ecrit par Marie-Hélène Prouteau , le Mardi, 05 Septembre 2023. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie

Sur la voie abrupte, Jean-Claude Caër, éditions Le Bruit Du Temps, avril 2023, 60 pages, 17 €

 

Jean-Claude Caër ou l’art du rhapsode

Le dernier recueil de Jean-Claude Caër Sur la voie abrupte est une traversée d’instantanés, de souvenirs de voyage, de notations sensibles, de réminiscences du cœur – s’agissant en particulier de l’émouvante évocation de la mère. Cette approche poétique est déjà présente dans ses précédents recueils Alaska ou Devant la mer d’Okhotsk. Qu’y a-t-il de nouveau dans ce recueil ?

Suscité par le confinement et le retour en sa maison familiale de Bretagne, le flux de conscience s’affranchit très vite du cadre de la circonstance. Serait-ce parce qu’il touche à une vérité intérieure aux accents testamentaires ?

C’est en tout cas avec une acuité parfaite que le poète déploie ici et approfondit les thèmes qui lui sont chers.

Dans l’ombre de sa sœur. Le dernier secret de Colette. Françoise Cloarec (par Marie-Hélène Prouteau)

Ecrit par Marie-Hélène Prouteau , le Lundi, 09 Janvier 2023. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Biographie, Phébus

Dans l’ombre de sa sœur. Le dernier secret de Colette. Françoise Cloarec, éditions Phébus, 2022. Edition: Phébus

Ce récit de la vie de Juliette, demi-sœur de Colette, s’inscrit dans la veine des ouvrages précédents de Françoise Cloarec, Séraphine, la vie rêvée de Séraphine de Senlis, L’indolente, le mystère Marthe Bonnard. L’autrice aime s’attacher à la part d’ombre et de mystère de certaines vies, sacrifiées ou tombées dans l’oubli de l’histoire.

Le livre s’ouvre sur le mariage en 1884 de Juliette, fille de Jules Robineau-Duclos. Toute la famille est là, Sidonie Landoy, dite Sido, sa mère, le « Capitaine », son beau-père, ses demi-frères Achille et Léo et la jeune Gabrielle, la petite dernière bien-aimée, la future grande écrivaine Colette. Avec pour décor la maison de Saint-Sauveur-en-Puisaye, village de Bourgogne. Par-delà cet épisode, c’est toute une saga sur trois générations qui prend vie dans ce livre. Elle campe un univers provincial fin de siècle et ancre cette biographie dans une époque, une terre et une maison de vieilles pierres. L’actuelle Maison de Colette, rue de l’Hospice, avec son jardin, ses murs, son intérieur, pôle attractif dans le livre -Françoise Cloarec s’est rendue sur les lieux pour être au plus près du réel. Ses visites ponctuent avec bonheur le fil du récit en un télescopage original entre hier et aujourd’hui.

Constellation du tigre, Yannick Le Marec (par Marie-Hélène Prouteau)

Ecrit par Marie-Hélène Prouteau , le Jeudi, 30 Septembre 2021. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais, Arléa, Récits

Constellation du tigre, Yannick Le Marec, mai 2021, 160 pages, 18 € Edition: Arléa

 

Voici un livre inclassable qui abolit les frontières des genres. Constellation du tigre tient du récit, de l’essai, fait abondamment usage de documents d’archives très variés. Cette exploration aux infinies ramifications sur « les tigres qui avaient un jour traversé Paris depuis les grandes chasses des empires coloniaux » procède d’une quête documentaire. Le point de départ en est la mort à Paris le 24 novembre 2017 de la tigresse Mévy échappée de sa cage et qui dut être abattue dans la rue par son dompteur.

Tout le livre se trouve placé sous le signe de la disparition. Dans les premières pages sensibles, Yannick Le Marec s’attache à l’échappée de l’animal puis aux circonstances de sa mort. L’empathie est là mais pas de grandiloquence. Il vient ensuite alerter le lecteur sur l’implacable disparition de cette espèce, cent mille voici un siècle, plus que trois mille cinq cents en liberté aujourd’hui. Yannick Le Marec figure le tigre comme l’animal qui disparaît.