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Espagne

Noces de sang, Federico García Lorca (par Patryck Froissart)

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 04 Juin 2020. , dans Espagne, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Folio (Gallimard), Théâtre

Noces de sang (Bodas de sangre), février 2020 trad. espagnol Albert Bensoussan, 264 pages, 8 € . Ecrivain(s): Federico Garcia Lorca Edition: Folio (Gallimard)

 

Cette œuvre a déjà été tellement commentée, analysée, disséquée, critiquée, étudiée, annotée, glosée en long, en large, en diagonale, qu’il serait fort présomptueux d’essayer d’en rajouter en espérant en dire ce qui n’a pas déjà été écrit. On se contentera de rappeler l’intrigue. Elle est simple. Elle se déroule dans la campagne, quelque part en Andalousie.

Il y a le fiancé et la fiancée (ils n’ont pas d’autre nom dans la pièce). Le fiancé est le cadet des deux fils de « la mère ». L’aîné et le père ont été tués lors de querelles claniques par des membres de la famille Felix.

On assiste à la rencontre entre la mère (veuve) du fiancé et le père (veuf) de la fiancée, rencontre qui a pour objet la présentation de la fiancée, l’échange de consentements et les arrangements du mariage à venir. On note le rôle important que joue la servante, qui semble tenir lieu de mère à la fiancée.

Où es-tu ?, Bea Enríquez (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 20 Mars 2020. , dans Espagne, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Arts, Cambourakis, Bandes Dessinées

Où es-tu ?, Bea Enríquez, janv. 2020, trad. espagnol, Laurence Jude, 224 pages, 22 € Edition: Cambourakis

 

Une nageuse

Bea Enríquez livre un album graphique en couleurs, titré Où es-tu ? – cri que l’on pousse lorsque l’on a perdu quelqu’un – une mère qui cherche son enfant, un enfant qui joue à cache-cache, ou si l’on aborde le domaine amoureux, un signe de désespoir. Les toutes premières pages commencent par des aquarelles de paysages à 45 degrés puis des plans rapprochés. Une courte histoire se dessine à partir de fragments d’enfance. Les personnages semblent créés au pastel gras car l’on peut y voir des effets de matière. L’eau est verdâtre, épaisse et assez invasive, eau d’une mare ou d’un lac, peuplée de faune et de flore. Les moments familiaux harmonieux alternent avec ceux du couple, plus houleux. Les extérieurs ainsi que les personnages sont réduits à un graphisme et à une expression élémentaires. Des vues en plongée permettent d’appréhender les situations et de se différencier de la protagoniste.

Bâiller devant Dieu, Journal, 1999-2010, Iñaki Uriarte (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 17 Janvier 2020. , dans Espagne, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Séguier

Bâiller devant Dieu, Journal, 1999-2010, Iñaki Uriarte, octobre 2019, préface Frédéric Schiffter, trad. espagnol Carlos Pardo, 292 pages, 21 € Edition: Séguier

 

« L’autre soir, au dîner, j’ai semé le trouble. En affirmant que la grossièreté et l’incompétence de nombre de journalistes des pages culture ne seraient jamais admises au sein de la rubrique sportive du journal. Personne ne peut faire un papier sur un match de football sans y avoir assisté. Il serait immédiatement démasqué ».

Bâiller devant Dieu est le journal grinçant et amusé d’un moraliste qui ne prend rien très au sérieux, sauf Borges, son chat, et les plages de Benidorm. Iñaki Uriarte est un expert en étude de lui-même, qui sait que pour bien écrire, il faut bien se connaître. Il se fréquente, s’examine, se traque, de sa plage, de son lit ou d’un fauteuil où il sommeille, explore ses réactions et ses humeurs. Il n’est donc pas surprenant qu’il fréquente avec assiduité Montaigne, son maître en introspection : « Toute la gloire, que je prétends de ma vie, c’est de l’avoir vécue tranquille ».

Suite et fin des aventures de Sancho Panza, Andrés Trapiello (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 13 Décembre 2019. , dans Espagne, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Quai Voltaire (La Table Ronde)

Suite et fin des aventures de Sancho Panza, septembre 2019, trad. espagnol Serge Mestre, 464 pages, 24 € . Ecrivain(s): Andrés Trapiello Edition: Quai Voltaire (La Table Ronde)

 

« Telle fut la fin de l’ingénieux hidalgo de la Manche, dans un village dont Sidi Ahmed n’a pas voulu préciser le nom, pour que tous les bourgs et villages de la Manche se le disputent et se l’approprient, comme les sept villes de Grèce s’étaient disputé l’honneur d’avoir vu naître Homère », L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche (1).

« On aurait dit que celui-ci était un personnage à propos duquel on pouvait écrire non pas un ni deux, mais deux cents ouvrages, car ces évènements racontés par Sidi Hamed et traduits par Cervantès, qui se déroulaient lors des différentes sorties de don Quichotte, pouvaient encore être agrémentés de détails et complétés et enrichis de mille nuances qui transformaient le livre en une narration sans fin », Suite et fin des aventures de Sancho Panza.

Le Thème de notre temps, José Ortega y Gasset (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mercredi, 20 Novembre 2019. , dans Espagne, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Les Belles Lettres

Le Thème de notre temps, José Ortega y Gasset, Les Belles Lettres, coll. Bibliothèque classique de la liberté, avril 2019, trad. espagnol, David Uzal, 166 pages, 21 € Edition: Les Belles Lettres

 

José Ortega y Gasset (1883-1955) possède la particularité à la fois étonnante et pas nécessairement enviable d’incarner à lui seul la philosophie en son pays, un grand pays, qui donna au monde des écrivains de tout premier ordre, mais – lui excepté – aucun philosophe important (les théologiens éminents qui fleurirent à Salamanque au XVIe siècle n’étant pas au sens strict des philosophes).

La renommée d’Ortega y Gasset tient avant tout à un titre, La Révolte des masses (1929), ouvrage à la fois daté et prophétique, daté parce que prophétique et qui, à l’heure du solipsisme collectif des réseaux « sociaux », n’a pas perdu sa pertinence. Les éditions Klincksieck avaient naguère entrepris la publication d’Œuvres complètes d’Ortega en français. L’entreprise n’est pas allée au bout. Il a fallu près d’un siècle pour que El tema de nuestro tempo soit traduit en français (le livre a paru en 1923).