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Les Livres

Et si les chats disparaissaient du monde…, Genki Kawamura (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 16 Mars 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Pocket, Japon

Et si les chats disparaissaient du monde…, Genki Kawamura, trad. du japonais par Diane Durocher, Pocket, 176 pages, 2018, 7,40 € Edition: Pocket

 

Il a fallu toute la persuasion d’une jeune amie pour ouvrir ce roman qui a été un phénomène éditorial au Japon (un million d’exemplaires vendus) lors de sa publication, et a été traduit en plusieurs langues avec le même succès, ne fût-ce que parce que la description ci-avant contient au moins deux préjugés personnels difficiles à surmonter. Qu’à cela ne tienne ; après une tractation du plus bel allant littéraire et amical à la fois (« Je lis ton livre si tu en lis un à moi »), Et si les chats disparaissaient du monde… fait l’objet d’une lecture attentive. Et ce n’est pas du tout ce qui était attendu, de la part d’un romancier originaire du pays où les chats sont rois, peut-être parce que ce pays est à la pointe de la perte du contact humain et qu’on y a créé des bars à chats destinés à remplacer ce qui a disparu dans les méandres technologiques : l’humain.

On serait en bon droit de s’attendre à un récit mièvre sur l’importance des chats dans nos vies modernes (nonobstant le fait que ce sont des hyper-prédateurs capables de détruire une faune endémique en quelques années) – et il n’en est rien.

Passage à Trèves, Les dernières nuits de Marc-Aurèle, Didier Laroque (par Claire Fourier)

Ecrit par Claire Fourier , le Lundi, 16 Mars 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Passage à Trèves, Les dernières nuits de Marc-Aurèle, Didier Laroque, Éd. de la Coopérative, janvier 2026, 215 p. 19 euros


Retirons-nous ensemble, voulez-vous, sous la tente de Marc-Aurèle (tente mis pour palais-forteresse), et passons avec lui, au fil de quarante petits chapitres, ses quarante dernières nuits. Avec lui et son médecin – Marcus et Ariston, dans le livre.

On est en 180 après J.C., à Trèves, non loin du Danube et près du « limes », dans la guerre qui oppose les Romains aux Germains.

L’empereur est couché, il va mourir de la « peste antonine », sorte de variole qui sévit dans l’empire. Il a froid. « L’impression de dense tranquillité entourait le village et fit connaître que l’air était devenu neigeux ». Le médecin prépare des potions qui, à défaut de guérir, retardent la mort. C’est un lettré : il ausculte l’âme de son auguste patient, non moins que sa poitrine. Les deux hommes ne se quittent pas, ils discutent ; il y va d’un échange intime.

C’est un dialogue de haute volée et qui nous transporte dans les hauteurs.

Alchimie et paracelsisme en France (1567-1625) – Didier Kahn (Par Patryck Froissart)

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 13 Mars 2026. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

Alchimie et paracelsisme en France (1567-1625) – Didier Kahn - Droz– 2025- 79€


Voici la troisième édition corrigée de cette recherche imposante sur la relation entre les thèses de Paracelse et celles des alchimistes en France et, il faut le préciser par rapport au titre, dans le reste de l’Europe occidentale.

L’auteur précise dans son introduction générale son dessein de sortir l’alchimie, qui embrasse dès le XIe siècle et pendant tout le Moyen-Âge le domaine de la pensée et des recherches scientifiques, de cette  « infortune continue » dont elle a été victime par la suite, singulièrement à partir de la première moitié du XVIIe siècle, par le fait d’un ostracisme qui en a occulté ou caricaturé ou censuré les idées, les fondements, les écrits, les expériences, les assimilant souvent purement et simplement, de façon dépréciative, à la magie et à l’astrologie, en oubliant les indéniables progrès continus qu’on lui doit, en particulier mais pas seulement dans le champ de la médecine, ou en les attribuant a posteriori à des scientifiques non alchimistes, cette mise à l’ombre séculaire ayant connu sa culminance face au courant positiviste de la seconde moitié du XIXe siècle.

Ainsi parlait George Orwell (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Vendredi, 13 Mars 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Anthologie, Arfuyen

Ainsi parlait George ORWELL - Dits et maximes de vie choisis et traduits de l'anglais par Thierry Gillybœuf - Édition bilingue - Arfuyen, 224 pages, janvier 2026, 15€

 

Qu'on ait lu "1984" et "La ferme des animaux" ou non, il faut réussir sa rencontre avec Orwell, et ce petit livre, je crois - formidablement bien fait, et particulièrement utile - le permet. Car il est lui-même vraiment réussi : traduction partout nette et accessible, excellente introduction car elle fait aimer ce qu'on va comprendre, et même la simple note biographique (qui accompagne classiquement chaque volume de cette collection) est ici forte et éclairante, car elle nous met tout de suite l'homme qu'on va lire en mains.

Lu, cet ouvrage forme et illustre l'idée suivante : Orwell est quelqu'un qui a eu l'idée à la fois logique et neuve - toute banale et pourtant toute géniale - de se servir de sa vie pour comprendre le monde. Ainsi, pour comprendre la condition réelle d'un deshérité à Paris ou à Londres, son choix (plusieurs mois de suite) d'y devenir vagabond. Ou un homme qui décide, pour saisir quel socialisme, à la fin des années trente européennes, jouait son va-tout pendant la guerre d'Espagne, d'y participer (y prenant d'ailleurs une balle dans la gorge pour prix d'y "respirer" mieux "l'air de l'égalité").

Ligne de risque – Éclats divins III (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 12 Mars 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Revues

 

Ligne de risque – Éclats divins III – Emmanuel Godo – François Meyronnis – Sandrick Le Maguer – Nicolas Machiavel – Numéro 5 – Nouvelle série – Novembre 2025 – 10 euros

Ton âme est un chemin – La vie spirituelle avec Dante – Emmanuel Godo – Artège – 320 p. – 18,90 euros – 18/09/24

« Ici on contemple l’art qui embellit / cette grande œuvre, et on distingue le bien / par quoi le monde céleste meut celui d’en bas. / Mais pour que soient comblés pour toi / tous les désirs qui sont nés dans cette sphère, / il me convient d’aller encore plus loin. / Tu veux savoir qui est dans cette lumière / qui scintille si fort à côté de moi, / comme rayon de soleil en eau pure. »

Dante Alighieri / Le Paradis / Chant IX / traduction Jacqueline Risset / Flammarion