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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


De l’Assassinat considéré comme un des Beaux-Arts, Thomas de Quincey (par Catherine Dutigny)

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mercredi, 30 Novembre 2022. , dans Gallimard, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Iles britanniques

De l’Assassinat considéré comme un des Beaux-Arts, Thomas de Quincey, Gallimard, Coll. L’Imaginaire, trad. anglais et préface, Pierre Leyris, 196 pages, 7,90 €

Cet essai de Thomas de Quincey fut écrit en trois fois sur des périodes différentes : une première partie publiée en 1827 dans le Blackwood’s Edimburgh Magazine, la seconde en 1839 et enfin le Post-Scriptum en 1854. Il faut sans doute situer l’époque où Thomas de Quincey écrivit ces trois articles avant d’aller plus avant. Avec un régime parlementaire le plus libéral d’Europe au XVIIIe siècle, la chrétienté anglaise a perdu de son pouvoir et a laissé une place vacante à l’art dans les occupations de la bourgeoisie britannique. Fin XVIIIe et début XIXe les ouvertures de galeries et les articles dans la presse se multiplient.

« L’art est devenu la forme suprême de l’activité humaine » déclare Tim Blanning dans son ouvrage The Romantic Revolution (Modern Library, 2011). Par ailleurs, depuis 1820 le romantisme dans la littérature anglaise a largement entamé son déclin. Pour ne citer qu’eux, Coleridge, l’un des proches de Thomas de Quincey a cessé d’écrire et Wordsworth, que l’auteur admire, est encore très connu et respecté, mais il ne produit plus de poésie ou très peu.

La Cloche de détresse (The Bell Jar, 1963), Sylvia Plath (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 22 Novembre 2022. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, En Vitrine, Cette semaine

La Cloche de détresse (The Bell Jar, 1963), Sylvia Plath, Gallimard, L’Imaginaire, 1988, trad. américain, Michel Persitz, 267 pages, 10,80 € . Ecrivain(s): Sylvia PLATH Edition: Gallimard

 

Cet ouvrage de la grande Sylvia Plath est ce qu’il est convenu d’appeler un roman-culte, au même titre que l’est L’Attrape-cœurs de J. D. Salinger, écrit une dizaine d’années auparavant. De nombreux éléments relient ces deux livres : ce sont les uniques romans de leur auteur, ce sont des autobiographies à peine déguisées, ce sont des séjours de leurs héros à New York et, nous y reviendrons, les correspondances dans les postures énonciatives sont fortes.

On peut y ajouter que, comme pour l’ouvrage de Salinger, on peut être déçu, du moins par le début du récit : les mésaventures d’une jeune fille fragile de province dans les milieux mondains de Manhattan, ses amourettes, ses crises de larmes, ses brefs enthousiasmes pour des broutilles, occupent une première moitié du livre et sont plutôt ennuyeux.

Un fils de notre temps, Ödön von Horváth (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 15 Novembre 2022. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Roman, En Vitrine, Cette semaine

Un fils de notre temps (Ein Kind unserer Zeit, 1938), Ödön von Horváth, trad. allemand, Rémy Lambrechts, 155 pages, 7,50 € Edition: Gallimard

Le temps des menaces qui a oppressé l’Europe dès le milieu des années 20 et surtout dans les années 30, fut fatal pour l’histoire mais riche en voix littéraires qui avec lucidité nous ont fait entendre le grondement du désastre qui s’annonçait. Joseph Roth, Stefan Zweig, Arthur Schnitzler, Hugo von Hofmannsthal, Robert Musil, Leo Perutz, ces écrivains magnifiques qui anticipaient la fin d’un monde et témoignaient de son effondrement en cours constitue un moment littéraire sublime. Von Horvath est moins connu mais sa voix pourtant, singulière, nous touche avec une acuité et une force remarquables. Une force d’autant plus puissante qu’elle est en douce, mezzo voce, comme une insinuation obstinée qui finit par bouleverser.

Par les propos d’un narrateur lambda, soldat d’une armée que l’on devine nazie, von Horváth va peu à peu déconstruire l’idéologie désastreuse qui dévaste son pays et va le mener au désastre le plus total. Patriotisme aussi aveugle qu’imbécile, haine de tout autre (y compris les femmes), culte du chef et du héros, culte de la violence stupide, notre narrateur décline, une à une, toutes les tares qui ont saisi et ravagé un peuple tout entier. Le marigot idéologique est complété par la société mâle que constitue la vie militaire, toujours en bordure d’une homosexualité malsaine, non assumée, non dite.

Le célibataire absolu, Pour Carlo Emilio Gadda, Philippe Bordas (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 27 Octobre 2022. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, En Vitrine, Cette semaine

Le célibataire absolu, Pour Carlo Emilio Gadda, Philippe Bordas, Gallimard, septembre 2022, 432 pages, 30 € Edition: Gallimard

 

« Je n’avais pas devant moi le visage de Gadda, que je ne connaissais pas, mais le sosie du vieil homme qui m’avait appris à lire, quand j’étais enfant, ce grand-père qui me lisait Le Comte de Monte-Cristo et me gardait sur ses genoux pendant qu’il remplissait ses grilles de mots croisés. Ce n’est pas pour ce que ce titre promettait d’introspection stoïcienne et de pathétique que j’ai acheté La Connaissance de la douleur, mais pour cette ressemblance si frappante avec celui qui m’ouvrait aux mystères de Hugo et Dumas sur la toile cirée d’une cuisine de Corrèze ».

Les grands livres naissent parfois de hasards heureux, de concordances, de combinaisons romanesques qui font se rencontrer des visages, des destins, des styles, des manières d’être, de vivre et donc d’écrire. Ici c’est la rencontre entre le portrait de Carlo Emilio Gadda qui figure en médaillon dans la première édition de La Connaissance de la douleur, publié par les éditions du Seuil et traduit par Louis Bonalumi et François Wahl, et celui du grand-père de Philippe Bordas, le mirage d’une vignette, l’illusion d’une parenté.

Clara lit Proust, Stéphane Carlier (par Martine L. Petauton)

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 12 Octobre 2022. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Clara lit Proust, Stéphane Carlier, Gallimard, Coll. Blanche, septembre 2022, 192 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Stéphane Carlier Edition: Gallimard

 

 

« Proust, avant, ce nom mythique était pour elle comme celui de certaines villes – Capri, Saint-Pétersbourg, où il était entendu qu’elle ne mettrait jamais les pieds ».

Jouissif en diable le petit livre ! On s’émeut, on sourit, on rit – beaucoup, et ma foi, on relit Proust par les yeux ébahis de Clara. Ce genre de livre, et d’histoire un peu culottés, peut faire pschitt une fois le regard détourné vers d’autres centres d’intérêt aussi vite éteints qu’allumés, propres aux rentrées littéraires. Cela aurait peut-être été le cas ailleurs, mais il faut compter avec Stéphane Carlier, son art de raconter, son écriture vivifiante et fort maîtrisée, son respect surtout pour Proust et toutes les Clara du monde.