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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Stupeur, Zeruya Shalev (par Mona) 1ère partie

Ecrit par Mona , le Mercredi, 13 Mars 2024. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Israël

Stupeur, Zeruya Shalev, Gallimard, juin 2023, trad. hébreu, Laurence Sendrowicz, 364 pages, 23,50 € . Ecrivain(s): Zeruya Shalev Edition: Gallimard

 

Stupeur, le titre du dernier roman de l’écrivaine israélienne Zeruya Shalev, publié quelques mois avant les attaques du 7 octobre, résonne involontairement avec l’actualité tragique. Son sixième livre traduit en français, l’un de ses plus denses, fruit d’un travail de six années, met en scène deux femmes de deux générations différentes, à l’idéologie et au caractère opposés, victimes de non-dits familiaux. Dans un précédent roman, Douleur, inspiré d’un attentat-suicide dont elle avait été victime à Jérusalem, l’auteure traitait déjà d’un passé douloureux venant hanter les protagonistes.

Atara, jeune femme moderne et sans tabous, se trouve frappée de stupeur quand sur son lit de mort, son père, Menahem dit Mano, l’appelle d’un prénom inconnu, Rachel, et lui fait une déclaration d’amour inspirée du Cantique des Cantiques.

Le Murmure, Christian Bobin (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Mardi, 12 Mars 2024. , dans Gallimard, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Le Murmure, Christian Bobin, Gallimard, février 2024, 142 pages, 17 €

 

"Le vol magique des étourneaux, seconds violons du ciel. Quand ils rencontrent un obstacle - comme d'un roc qui dépasse d'une rivière -, ils scindent en deux cette masse de grâce sans se heurter, vite recomposent leur amitié après le franchissement de l'épreuve. Cette passe s'appelle "le murmure" (p.127)

 

Christian Bobin, été 22 donc, va mourir rapidement, et il le sait. Il a commencé quelques semaines auparavant un livre (sur ce que peut la musique – par l’évocation fervente du pianiste Grigory Sokolov –, et peut-être déjà sur ce qu’aura pu la sienne – sur ce qu’aura eu de contagieux la musique d’un regard qu’est sa poésie), et paraît convenir, avec la maladie révélée (tout de suite terrible) la sorte de contrat suivant : elle termine l’auteur, mais elle lui laisse terminer son livre. C’est à prendre et à laisser, se disent-ils : elle le prend, mais le laisse comprendre.

L’Ambition, Les trafiquants d’éternité, Amélie de Bourbon Parme (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 18 Janvier 2024. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’Ambition, Les trafiquants d’éternité, Amélie de Bourbon Parme, Gallimard, juin 2023, 512 pages, 23 € Edition: Gallimard

 

« Je n’ai renoncé à rien. Ni au pouvoir ni à la richesse ni au savoir, ni à la beauté. Ni à l’amour, ni à ma charge. J’ai laissé à d’autres le soin d’être irréprochables et la folie des regrets » (Novembre 1549).

« Chaque semaine, Laurent payant sa pension au philosophe. En échange, Laurent recevait de lui un manuscrit rare. Voyant ce troc s’effectuer sous ses yeux, Alessandro était convaincu d’assister au véritable marchandage qui faisait le succès des Médicis : celui de la pensée contre l’argent, des idées contre le pouvoir, de la connaissance contre l’autorité » (Fin de l’hiver 1486-1487).

L’Ambition est celle d’Alessandro Farnese, une ambition chevillée au corps et à l’âme, il deviendra cardinal, puis Paul III, le 220e Pape de l’Histoire de la Chrétienté. Mais ne brûlons pas les étapes, donnons le Temps au roman d’Amélie de Bourbon Parme, pour qu’il se déploie, et il se déploie avec force, finesse et justesse.

La pierre et l’ombre, Burhan Sönmez (par Stéphane Bret)

Ecrit par Stéphane Bret , le Jeudi, 11 Janvier 2024. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Roman

La pierre et l’ombre, Burhan Sönmez, Gallimard, novembre 2023, trad. turc, Julien Lapeyre de Cabanes, 432 pages, 25 € . Ecrivain(s): Burhan Sönmez Edition: Gallimard

 

Burhan Sönmez est un écrivain kurde écrivant en turc. Il a joué un rôle important dans la défense de l’écrivaine Asli Erdoğan, exilée de son pays pour cause de dissidence et de censure. Il a été également président de Pen International, association en charge de défense des droits des écrivains à l’échelle internationale. Son roman Maudit soit l’espoir explorait les aspects sombres de l’âme humaine, et l’avait révélé au public en Occident.

Le point de départ du roman La pierre et l’ombre est la description de la vie d’un certain Avdo. Il est marbrier, fabrique des pierres tombales, habite sur le site du cimetière où il officie. Il aime son métier et n’est nullement effrayé par la nature de son activité : « Son métier de marbrier de pierres tombales n’a rien de morbide, au contraire ».

Par une nuit glacée, Avdo recueille une petite fille apeurée, elle se nomme Rehan, elle est apparemment en fuite. Pour quelles raisons ?

Monsieur Ladmiral va bientôt mourir, Pierre Bost (par Catherine Dutigny)

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 04 Décembre 2023. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Monsieur Ladmiral va bientôt mourir, Pierre Bost, Gallimard L’Imaginaire Poche, août 2016, 103 pages, 8 € Edition: Gallimard

 

L’adieu à l’écriture romanesque :

Lorsque ce roman de Pierre Bost fut publié par les Éditions Gallimard en 1945, cela faisait plus d’une dizaine d’années que l’écrivain n’avait pas écrit de roman et que depuis 1940, il se consacrait essentiellement à l’écriture de dialogues puis de scénarios pour le cinéma en collaboration à partir de 1943 avec Jean Aurenche. Pourtant il fut dans l’entre-deux guerres un romancier précoce – son premier roman, Hercule et mademoiselle, fut publié alors qu’il n’avait que vingt-trois ans – très apprécié de ses contemporains et fort remarqué de Gallimard dont il deviendra un lecteur de manuscrits. En écrivant Monsieur Ladmiral va bientôt mourir, Pierre Bost, à l’évidence, savait qu’il faisait ses adieux à la littérature et l’on ne peut lire cet ouvrage sans avoir en permanence à l’esprit qu’il s’agissait pour lui d’une sorte de petit testament littéraire, comme l’analyse et le souligne avec sagacité François Ouellet dans la revue littéraire Nuit blanche.