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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Jardin sauvage et autres parcs parisiens (par Olivia Guérin)

Ecrit par Olivia Guérin , le Mercredi, 23 Septembre 2026. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Arts, Cette semaine

Jardin sauvage et autres parcs parisiens Hervé Le Tellier (textes), Alexandre de Broca (peintures), Sylvain Moser (musique) Gallimard, mai 2026, 26 euros Edition: Gallimard

 

Voilà un ouvrage atypique dans le paysage éditorial : Jardin sauvage et autres parcs parisiens constitue une oeuvre à trois voix, celles d'un écrivain, Hervé Le Tellier, d'un peintre, Alexandre de Broca, et d'un musicien, Sylvain Moser. Les trois complices emmènent avec eux le lecteur dans une flânerie à travers quinze parcs parisiens, tentant de rendre compte de manière synesthésique d'impressions ressenties dans ces jardins. Du point de vue de la matérialité de l'ouvrage, les textes d'Hervé Le Tellier sont accompagnés de peintures et de partitions musicales; le lecteur peut même scanner des QR codes pour écouter les compositions musicales. Ici, je ne commenterai que le versant littéraire de l'ouvrage.

Après L'Anomalie (Prix Goncourt 2020) et Nom sur le mur (2024), on n'attendait pas forcément Hervé Le Tellier au coin d'un jardin public. Mais il relève assez bien le défi.

Le Palais- François-Henri Désérable (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 10 Septembre 2026. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Cette semaine

Le Palais- François-Henri Désérable – Gallimard – 400 p. - 23 euros – 20-08-26. . Ecrivain(s): François-Henri Désérable Edition: Gallimard


« Au début, on crut à de l’esbrouffe. Certains haussèrent les épaules : le gamin avait dû mémoriser une liste d’arômes et maintenant il les débitait mécaniquement sans même les sentir. Mais à mesure qu’il égrenait les arômes se produisait une chose étrange : chacun portait son verre à ses narines, ou bien en buvait une gorgée, et reconnaissait alors ce qu’il venait d’entendre. »

Le Palais est l’éblouissant roman d’Arun, un enfant qui deviendra le plus exceptionnel nez du monde de l’œnologie, un surdoué du vin, un héros de la dégustation, un découvreur unique d’arômes, un enfant adopté en Inde par une famille bourguignonne, qui portera la Bourgogne au cœur et aux lèvres. Rien ne lui échappera, les vins de Bourgogne, comme ceux du Bordelais, les vins de lointaines contrées, vins rares, disparus depuis longtemps des mémoires vigneronnes, comme ceux que la jeunesse fait encore douter de leur avenir en bouteille.

Baignade surveillée (The Lifeguard), Laura Kasischke (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 27 Août 2026. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, En Vitrine, Cette semaine

Baignade surveillée (The Lifeguard), Laura Kasischke. Traduit de l’américain par Céline Leroy. Gallimard du Monde entier. Août 2026. 314 p. 23 € Edition: Gallimard

 

Laura Kasischke est diabolique. On le sait depuis nombre de ses ouvrages – En un monde parfait et Esprit d’hiver en particulier – et ce dernier roman le confirme. Kasischke est la maîtresse du malaise, de l’inquiétude, d’une sorte d’horreur douce, sinueuse, qui pénètre par tous les pores de la peau et place le lecteur dans un inconfort délicieux.

Richie est un petit garçon de 5 ans et il se noie dans la piscine municipale de sa banlieue cossue, sous les yeux des usagers et de la maître-nageuse.

Monts Mers et Géants, Alfred Döblin (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Jeudi, 20 Août 2026. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Roman, Cette semaine

Monts Mers et Géants, Alfred Döblin, traduit de l’allemand par Michel Vanoosthuyse, Gallimard/Du Monde Entier, septembre 2025, 608 pages, 26 € Edition: Gallimard

 

« Les gens de l’Est sur leur gigantesque et archaïque continent restaient cois. Les sombres masses asiatiques avaient pris livraison des machines ; c’était quelque chose d’insolite, qui courait sur eux comme une chenille. Ils laissèrent les appareils raffinés, les êtres de fer lourds et insensibles, ils ne touchaient pas leur cœur. Il y avait toujours parmi les centaines de millions d’individus des groupes à l’Ouest aspirant, attentifs et circonspects, les connaissances étrangères. À l’époque des générations les plus rigoureuses de maîtres, une troupe d’Asiatiques élus participa aux études interdites, fut mise en possession de matériaux et de modèles. L’Angleterre le tolérait parce qu’elle était pacifique et voulait se gagner les Asiatiques. En Asie les races se fanaient et s’épanouissaient ; à peine si les gens de l’Ouest avaient connaissance de leur état. Bombay Calcutta s’étaient débarrassées de leur visage européen. En Chine, de grandes villes européennes de naissance récente avaient été balayées ; les natifs habitaient vaquaient dans les ruines des Européens. Il n’avait pas été possible d’inoculer aux millions de Jaunes et Bruns des besoins occidentaux ; ils avaient pris les armes pour chasser les étrangers. De lentes approches, des négociations hésitantes avaient lieu avec la toujours soucieuse Londres. Quand à Bombay Lhassa Pékin Tokyo Kazan Tobolsk parut la commission envoyée à Londres, on était paré. Dans les capitales de l’Ouest on connaissait l’armement des Asiatiques ; on se croyait en avance. Il n’y avait finalement pas d’hésitation à avoir. Il fallait y aller. »

Si l’on choisit d’ouvrir cette critique de Monts Mers et Géants par la citation d’un paragraphe entier extrait du « Livre deuxième – La guerre Ouralienne », c’est pour deux raisons.

Comme un flambeau, dans ces ténèbres noires, Anthologie poétique 1961-1996, Joseph Brodsky (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 29 Juin 2026. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Russie, Poésie, En Vitrine

Comme un flambeau, dans ces ténèbres noires, Anthologie poétique 1961-1996, Joseph Brodsky, éd. Poésie/Gallimard, 480 p., 2026, 11,40€ Edition: Gallimard

Du quotidien à l’infini

Devant les richesses de signes, de formes, de significations, de cultures, de spiritualités, il est difficile de ne suivre qu’un des éléments parmi d’autres, tant la lecture de cette volumineuse anthologie en devient sporadique, voire erratique, ne parvenant pas toujours à englober toute cette polygraphie. Donc, une seule attitude demeure : celle de l’humilité devant celui qui fut Prix Nobel de Littérature en 1987. Ce qui reste à la fin du recueil, qui balance souvent dans une ironie grave, c’est la musicalité. L’on pourrait rapprocher cette prosodie de la musique de Chostakovitch, avec ce côté un peu moqueur et très intelligent.

L’on pourrait aussi deviner l’influence de techniques surréalistes – même si je ne connais pas la relation de Brodsky avec le surréalisme. Et puis, cette fois-ci avec certitude, cette poésie en quête de liberté se fixe des limites formelles : l’élégie, le sonnet, les stances, des sextines approximatives, souvent des strophes de 4, 6, 3 ou 8 vers régulières.