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En Vitrine

Les 150 romans et recueils de nouvelles qu’il faut avoir lus avant l’Apocalypse !

Ecrit par La Rédaction , le Lundi, 21 Décembre 2020. , dans En Vitrine, Les Livres, La Une Livres, Cette semaine

Les membres du Club de La Cause Littéraire (groupe FaceBook)

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Vous proposent les 150 plus grands romans et recueils de nouvelles parmi leurs lectures.


1. Moby Dick, Herman Melville

2. Absalon ! Absalon !, William Faulkner

3. Crime et châtiment, Fiodor Dostoievski

4. La métamorphose, Franz Kafka

5. Les Misérables, Victor Hugo

6. Mémoires d’Hadrien, Marguerite Yourcenar

7. Au Coeur des ténèbres, Joseph Conrad

8. Tandis que j’agonise, William Faulkner

La Grande Peur dans la montagne, Charles-Ferdinand Ramuz (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 15 Décembre 2020. , dans En Vitrine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Le Livre de Poche, Cette semaine

La Grande Peur dans la montagne, 187 pages, 6,20 € . Ecrivain(s): Charles Ferdinand Ramuz Edition: Le Livre de Poche

L’écriture de Ramuz, en touches légères et répétées à l’envi comme un air évanescent, est l’outil rêvé pour ce roman allusif, où tout est à peine suggéré et où les mouvements des gens sont une répétition interminable de montées et descentes – de la lumière à l’obscurité, de la vie à la mort, de la paix à la peur. En bas, le village dans la vallée, paisible. En haut l’alpage de Sasseneire, un temps abandonné en raison d’histoires qui courent chez les anciens, histoires de malédiction, de sort funeste, mais réoccupé cette année-là – le temps a passé, les légendes s’usent, les jeunes n’y croient pas.

De quelle peur nous entretient ici Ramuz ? Peur de quoi ? Peur provoquée par qui, par quoi ? Se poser la question inclut forcément la réponse parce que LA peur des hommes n’a que peu de visages, il n’en est guère d’autres : la mort, les ténèbres, le mal, la souffrance, la solitude. Et il n’en est pas d’autres dans ce roman, la peur ne sera jamais nommée précisément, seuls ses manifestations et ses effets composent cette histoire de terreur. Les seuls moments où Ramuz semble dire l’auteur de la terreur qui saisit l’alpage et le village il le désigne par le pronom Lui, avec une majuscule, lui attribuant tous les oripeaux traditionnels du Malin Satan.

In the house that Jack built, Dickens, Griffith et la Révolution (par Augustin Talbourdel)

Ecrit par Augustin Talbourdel , le Mardi, 15 Décembre 2020. , dans En Vitrine, Les Chroniques, La Une CED, Cette semaine

Osons une affirmation qui pourrait surprendre : Orphans of the Storm (1921) est une adaptation cinématographique de A tale of two cities (1859). Allons plus loin : c’est probablement la meilleure adaptation du roman de Dickens. Certes, Griffith s’inspire d’abord d’une pièce de théâtre française d’Adolphe d’Ennery et Eugène Cormon, Les Deux Orphelines (1877), aussi connue à l’époque que le roman de Dickens et adaptée quinze fois à l’écran. Il semble que le cinéaste ait fait ce choix par défaut. À l’origine, Griffith désirait tourner une adaptation du roman de Dickens, chose faite quelques années plus tôt, en 1917, par Frank Lloyd. En tournant Orphans of the Storm, sans doute Griffith avait-il encore à l’esprit A tale of two cities, si bien que le film peut passer pour dickensien, alors même qu’un seul incident du film n’est véritablement tiré du roman de Dickens (II, 7) : l’enfant tué par le carrosse de « Monseigneur », dans le faubourg Saint-Antoine, que Griffith présente comme « an historical incident » dans un carton. Au-delà des nombreuses proximités que l’on peut établir entre le roman et le film, la véritable dette de Griffith envers Dickens réside dans la représentation de la Révolution française.

Œuvres, George Orwell en La Pléiade (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 10 Décembre 2020. , dans En Vitrine, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, La Pléiade Gallimard, Cette semaine

Œuvres, George Orwell, Gallimard La Pléiade, octobre 2020, édition dirigée par Philippe Jaworski, 1594 pages, 66 € . Ecrivain(s): George Orwell Edition: La Pléiade Gallimard

 

« Il ne demande pas aux textes canoniques de livrer des secrets de fabrication, mais de lui parler aujourd’hui, d’aujourd’hui, de nourrir le débat d’idées qu’il mène en permanence en lui-même avec le monde et contre le monde » (Philippe Jaworski, Préface).

« Je l’écris parce que je veux dénoncer un mensonge, attirer l’attention sur un fait et mon souci premier est de me faire entendre. Mais je ne pourrais pas accomplir la tâche d’écrire un livre, ni même un article de revue substantiel s’il ne s’agissait pas aussi d’une expérience esthétique » (George Orwell, Pourquoi j’écris, trad. Marc Chénetier, Patrice Repusseau).

« Orwell n’est pas vraiment romancier, c’est un essayiste imaginatif » (Simon Leys répondant à Sébastien Lapaque, Le Figaro, 2 novembre 2006).

Fils d’homme, Augusto Roa Bastos (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mercredi, 09 Décembre 2020. , dans En Vitrine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Amérique Latine, Roman, Points, Cette semaine

Fils d’homme, Augusto Roa Bastos (1982), trad. espagnol (Paraguay) François Maspéro, 416 pages, 10,30 € Edition: Points

 

Ecrasés par des destins terribles, deux villages perdus dans le Chaco entre Paraguay et Argentine, Itapè et Sapukai – harcelés par l’Enfer de l’Histoire du Paraguay et ses guerres infernales – vont rester, malgré les charniers et les souffrances, des Fils d’Homme, debout avec leurs christs rebelles et leur misère profonde. Quand la folie des hommes déchire les êtres et se dépose sur les âmes – c’est ce que raconte ce roman, avec un acharnement digne de l’Enfer.

Les personnages et les lieux reviennent en tourbillon, comme la scansion d’un chant funèbre. Roa Bastos tresse sa narration d’époques diverses mais proches. On croise ainsi les pères et les fils, les morts et leurs descendants, les fondateurs de légendes et ceux qui les perpétuent, sur un siècle sanglant. C’est ainsi, pas à pas, que se construit l’âme collective d’une population martyrisée, harcelée par le démon des guerres, affligée par le destin. Le chant de Roa Bastos, c’est celui des humiliés et des morts, mais aussi celui des combattants.