Identification

Poésie

Journal à deux voix, suivi de Quelques notes en deux étapes, Alain Marc (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Lundi, 18 Février 2019. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Z4 éditions

Journal à deux voix, suivi de Quelques notes en deux étapes, juillet 2018, 63 pages, 12 € . Ecrivain(s): Alain Marc Edition: Z4 éditions

L’espace où se joue / s’axe / s’articule / s’exprime ce Journal à deux voix s’élance dans le laps d’un « groupe de mots lancés » à la page 14 :

 

« Le désir de la rencontre amoureusevient sous-tendre

l’échange et créer l’illumination. Alors peut-être repousser la

rencontre tout en l’alimentant suffisamment pour pouvoir

continuer à jouir de la venue des révélations. »

 

Le récit épistolaire-par-fragments s’énoncera ainsi, ici, suivant le modus vivendi d’un érotisme constitutif du Dire et du Jouir mis en jeu / mis à jour dans l’écart d’une rencontre éperdument amoureuse inaugurée / initiée par le protagoniste, reçue par sa destinataire.

Alluvions, Michel Wolff (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Mardi, 12 Février 2019. , dans Poésie, Les Livres, La Une Livres

Alluvions, Editions Les Déjeuners sur l’herbe, mai 2018, Encres de Cécile Massart, 48 pages, 18 € . Ecrivain(s): Michel Wolff

 

Dans son prologue, l’auteur s’annonce « passager clandestin » de lui-même. C’est dans cette sorte d’acceptation involontaire de lui-même qu’écrit Michel Wolff.

Echappatoire, « le clou singulier » de la poésie aurait donc « la tête ailleurs ».

Avec des bribes de phrases, Michel Wolff ouvre ses mots dans un papier carré comme une annonce de message inconnu sur un écran blanc.

Le temps, ainsi, s’aquarellise dans les taches diffuses de la peintre Cécile Massart accompagnant, à la perfection, ce sang de l’extérieur venu sur la phrase comme une preuve, un indice que « l’autre », ce poète, existe vraiment.

Empreintes digitales entre le vide et le mot, les traces ont quelque chose de l’estran après la marée puisque, certes, « l’irréversible beauté du matin, à la détrempe, colore la renaissance du monde ».

Ombre à n dimensions (Soixante-dix variations autour du Je) (par Claire-Neige Jaunet)

Ecrit par Claire-Neige Jaunet , le Lundi, 11 Février 2019. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Editions Galilée

Ombre à n dimensions, Stéphane Sangral . Ecrivain(s): Stéphane Sangral Edition: Editions Galilée

 

« Je suis quoi ? ». Le recueil de Stéphane Sangral Ombre à n dimensions explore cette question, essentielle pour donner un sens à notre vie. Mais les réponses prolifèrent dans « Soixante-dix variations autour du Je ». Soixante-dix : un nombre symbolique, combinant le sept et le dix. Sept : modèle astronomique englobant le temps et l’espace, présent dans la Genèse et dans l’Apocalypse, et dans des cycles achevés mais renouvelables. Dix : le nombre qui exprime le multiple et la totalité parce qu’il marque le retour à l’unité à la fin d’un cycle lui aussi renouvelable et pouvant recommencer en englobant ce qui a précédé. Soixante-dix : n dimensions comprises dans le Je qui cherche à se reconnaître entre unité et multiplicité, singularité et universalité.

« Je suis… », se dit le poète, acte circulaire et gouffre, une chose, une interaction, un point, « une plaie d’où s’égoutte un semblant de vie à vivre », une matière qui « se renouvelle pour me constituer », un « brouillard poisseux », un cercle qui doit « croire en son centre », « l’attente d’unJe suis »…

Isidore Isou, Frédéric Acquaviva (par Jean-Paul Gavard-Perret)

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Jeudi, 07 Février 2019. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Isidore Isou, Editions du Griffon, 2019, 280 pages, 68 € . Ecrivain(s): Frédéric Acquaviva

 

Isidore Isou l’oublié magnifique.

La poésie n’est pas un travail littéraire, c’est un métissage. On ne sait pas d’où elle surgit : encore faut-il lamettre « en condition », en voyage par delà les genres. Il faut gâcher du temps, du papier, il faut être généreux, marcher aussi pour l’atteindre. Il faut être comme l’écrit Acquaviva « ensensés ». Isou l’a compris au fil du temps.

Peu à peu chez lui, elle est devenue visuelle, action, geste, inaugurale. Mais elle reste pour lui avant tout sonore : d’où la filiation que son œuvre connaît (chez un Bernard Heidsieck) par exemple. Une telle conception demeure cependant occultée. Son lettrisme, son pré-spatialisme, sa scansion ontconnu la difficulté du livre. D’autant qu’une telle approche est sans doute plus adaptée à l’ordinateur que d’une certaine manière elle anticipe dans les parcours (faussement aléatoires) qu’elle induit.

Les frôlements infinis du monde, Richard Rognet (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mercredi, 06 Février 2019. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Gallimard

Les frôlements infinis du monde, mars 2018, 152 pages, 17,50 € . Ecrivain(s): Richard Rognet Edition: Gallimard

 

 

Quelle déception quand le poème attendu, tant vanté par ailleurs, rassemble plus de défauts que d’atouts !

Et pourtant, les thèmes – une nature touchée du regard, une attention de tous les instants aux « frôlements » – ne sont pas étrangers, au contraire intimement proches.

L’écriture, alors, concède des agacements : ainsi, pourquoi ces incessants retour à la ligne, à d’autres vers, quand le poème en prose s’impose de lui-même aux yeux de son auteur ? Lisons :