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Poésie

La Poésie de la terre ne meurt jamais, John Keats (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Mercredi, 26 Janvier 2022. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, En Vitrine, Cette semaine

La Poésie de la terre ne meurt jamais, John Keats, Poesis Editions, novembre 2021, trad. anglais, Cécile A. Holdban, Thierry Gillyboeuf, 128 pages, 16 €

Ce recueil offre, d’abord, d’admirables traductions (par Cécile Holdban) des plus forts poèmes de Keats, dont voici – la lecture ici suffit à tout – deux extraits (l’un tiré de : À l’automne ; l’autre de : Bright star) :

« Saison des brumes et des fruits veloutés,

Amie intime du soleil mûrissant,

Conspirant avec lui pour charger et bénir

De fruits les vignes courant sous les toits de chaume ;

Pour courber sous les pommes les arbres moussus des jardins

Et gorger chaque fruit de maturité jusqu’en son cœur ;

Capter l’indicible, Silvaine Arabo (par Parme Ceriset)

Ecrit par Parme Ceriset , le Mercredi, 26 Janvier 2022. , dans Poésie, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Capter l’indicible, Silvaine Arabo, éditions Rafael de Surtis, septembre 2021, 76 pages, 15 €

 

Ce recueil est une quête, une aventure exploratoire dont la visée est de déchiffrer en transparence la grande énigme du monde, « l’arcane mystérieux » qui se cache sous le voile des apparences, afin de « reconquérir en somme le privilège d’être ».

Cette mission s’inscrit dans la continuité de la spiritualité ancestrale, de « toutes ces mains filant le destin du silence / D’âge en âge / De blancheur en blancheur ».

L’auteure incite le lecteur à s’engager lui aussi sur ce chemin : « L’univers est en toi / Entends, ami, entends / Le chant suprême des Transparents ! ».

Pour l’accompagner, elle, poète, « Elle – tisseuse », l’aide à ouvrir « les vannes de l’indicible », à percevoir ce « grand souffle arrimé au métier transparent », ce « quelque chose en l’être qui se détend / qui vibre, enfin, dans l’univers du reflet ».

Elle lui délivre quelques indices, points de repères qui éclaireront son parcours : ainsi, il reconnaîtra

C’est la terre qui marche sous mes pas, Colette Klein (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mardi, 18 Janvier 2022. , dans Poésie, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

C’est la terre qui marche sous mes pas, Colette Klein, éditions La Feuille de Thé, 2019, 111 pages, 20 €

Colette Klein dans ce nouvel ouvrage poétique n’a pas intitulé son livre « Ce sont mes pas qui marchent sur la terre », mais bien « C’est la terre qui marche sous mes pas »… La course du temps et du monde est ici affirmée, non asservie à la volonté individuelle. Celle-ci s’affirme, pour sa part, en orientant sa propre course au cœur du temps et du monde, mais au sein d’une terre qui l’entoure et l’enveloppe. Nous sommes effectivement les habitants d’une terre à laquelle notre appartenance fonde nos liens et nous assigne un rôle actif fortifié de responsabilités envers autrui, soi-même, l’environnement, le monde. La poète Colette Klein inscrit ce nouveau recueil poétique dans le cadre et la perspective de cette appartenance fondatrice. Nos racines, autant que nos projets, consolident notre traversée existentielle. Le texte en prose rappelant d’entrée le titre et dédié « à Pierre », fait écho, écrit Colette Klein, à « Ce que me dicte l’absence » alors que son existence poursuit son chemin et que la poète « marche », marche et encore et toujours afin de poursuivre la route, « sans prendre garde au ricanement de l’ange / retranché dans un deuil impossible ».

Le temps a basculé, Andriana Škunca (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 17 Janvier 2022. , dans Poésie, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Le temps a basculé, Andriana Škunca, éditions L’Ollave, octobre 2021, trad. croate, Martina Kramer, 102 pages, 15 €

 

 

Matérialité

Découvrir ici où là la poésie croate est une activité très riche et vivante. Cela autorise à transcender le langage poétique par une esthétique et des thèmes novateurs – car dans ce cas la poétesse écrit depuis 1969, et que sa traduction est très récente. Andriana Škunca nous plonge et nous territorialise dans l’île de Pag où elle réside, dans une relation avec le temps, temps d’un lieu, temps du poème, temps de l’écrivaine. Ici se définit la matérialité propre à l’insularité, aux choses qui lui sont proches, aux objets ou choses de la réalité, s’appropriant de cette façon le calme et l’intensité du séjour îlien. La réalité ici reste saisie comme par une glace, par un sérac de langage, une gangue, une immobilité, un séjour.

Dire ton nom, Max Alhau (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Vendredi, 14 Janvier 2022. , dans Poésie, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Dire ton nom, Max Alhau, Les Lieux Dits, 2021, Coll. Les Cahiers du Loup bleu, Ill. Germain Roesz, 40 pages

Ce qui intrigue bien sûr, dans ces poèmes, c’est le « nom » qui ne sera jamais prononcé, gage à la fois de mémoire, de respect et d’étrangeté.

Le poète décline ainsi sur une petite quarantaine de pages le « visage », la lumière de cette figure secrète, riche et féconde de tous les signes.

Elle est ce « tu » auquel nombre de poèmes s’adressent :

 

Tu ne te dérobes pas au blizzard,

à ce qui brise la marche.

(…)

Tu es l’habitante d’un pays

dont les légendes fortifient la réalité.