C’est par un désir politique et une insatiable curiosité pour l’Autre via la culture qu’on décide de s’intéresser à la littérature ukrainienne, autant l’admettre plus que volontiers, et c’est par goût pour la science-fiction qu’on se retrouve avec Vita Nostra en mains. Et puis tout explose, et puis on perd tous les repères, et puis on se demande, une fois le livre refermé, si l’on vient de lire un roman ou si l’on vient de vivre une expérience existentielle absolue, une incitation à purifier son esprit tout en l’autorisant à toute volte, tout en l’incitant à toute aventure, tout en lui recommandant d’oublier tout ce qu’il sait, de tout désapprendre pour enfin prendre son envol en tant que lui-même.
Pourtant, des livres qui secouent les neurones, on en a connu, et pas uniquement du côté de la science-fiction – souvenir d’avoir, durant la lecture de La Maison des feuilles de Danielewski, fait des rêves étranges et troublants au possible, où l’esprit se perdait dans des espaces eschériens. Mais Vita Nostra semble juste en total décalage.