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Les Livres

Eparpillements, Natalie Clifford Barney (par Luc-André Sagne)

Ecrit par André Sagne , le Lundi, 16 Novembre 2020. , dans Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Eparpillements, Natalie Clifford Barney, éditions de La Coopérative, mars 2020, 80 pages, 12 €

 

Rien n’est plus indispensable aujourd’hui que de pouvoir s’immerger dans un bain d’intelligence, d’humour et de liberté. Et c’est encore possible en lisant un petit livre d’une belle densité que rééditent avec bonheur les éditions de La Coopérative, au catalogue aussi original que varié. Je veux parler d’Eparpillements de Natalie Clifford Barney, avec une préface et de rares photographies de Jean Chalon, l’un des intimes de l’auteur.

Eparpillements se présente comme un ensemble de pensées, d’aphorismes ou de maximes répartis en cinq chapitres, que publie en 1910 une Américaine parfaitement francophone installée à Paris, Natalie Clifford Barney. Connue pour ses nombreuses liaisons féminines, muse de célébrités comme Liane de Pougy ou de la poète Renée Vivien, ou encore de la peintre Romaine Brooks, elle accède, avec cet ouvrage, à la reconnaissance des milieux littéraires grâce à l’adoubement du plus grand critique de l’époque, Remy de Gourmont, qui écrira pour elle ses Lettres à l’Amazone.

Météores, Stéphane Barsacq (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 16 Novembre 2020. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Poésie

Météores, Stéphane Barsacq, éditions de Corlevour, septembre 2020, 196 pages, 15 €

 

Écrire avec

D’emblée, ce que l’on ressent à la lecture de Météores de Stéphane Barsacq, c’est la qualité brillante de l’expression. Son écriture relève du travail et de la finesse d’une phrase légère mais profonde, lumineuse mais grave, éclatante, dense. Cette luminosité – qui ne renonce pas à l’ombre toujours nécessaire au lecteur pour qu’il cherche en lui-même cette parole inquiétante, ombrée, intrigante, que l’obscurcissement détient en lui comme un secret palpitant – accorde assez d’intellection au texte pour y déceler la pensée de l’auteur, clarté où tournoie, plonge cette littérature, ainsi qu’en un milieu aqueux. On pérégrine dans ce livre à la manière d’un voyageur embarqué sur un petit esquif, muni d’un lamparo. On ajoute pour soi une phrase à tel aphorisme, conduit vers des auteurs ou des musiciens pour reprendre souffle avec sa propre connaissance des textes ou des musiques, se dédoublant un instant du contenu pour ajouter le sien propre. Et c’est là pour moi une réussite dans la mesure où l’énonciation reste meuble, s’adapte, se dilate et grandit la pensée.

L’Invitation à la valse, et Intempéries, Rosamond Lehmann (par Stéphane Bret)

Ecrit par Stéphane Bret , le Vendredi, 13 Novembre 2020. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Belfond

L’Invitation à la valse, et Intempéries, Rosamond Lehmann, Belfond Vintage, octobre 2020 (235 pages, et 511 pages), 14 € Edition: Belfond

 

Rosamond Lehmann, romancière britannique ayant quasiment traversé le XXe siècle, est une importante figure de la littérature de son pays. Proche du groupe de Bloomsbury dont une certaine Virginia Woolf faisait partie, elle étudie la littérature anglaise à Cambridge, possibilité peu offerte aux femmes à cette époque. Deux de ses romans, L’Invitation à la valse, et Intempéries, sont significatifs de son parcours.

Dans L’Invitation à la valse, nous assistons au déroulement de la jeunesse et au sortir de l’adolescence d’Olivia Curtis, une jeune fille de bonne famille. Olivia vit à Little Compton, localité de l’Angleterre où tout le monde se connaît, partage souvent les mêmes fréquentations. Le jour de son dix-septième anniversaire, Olivia reçoit des présents qui la comblent : un billet de dix shillings, un chérubin de porcelaine et un ruban de soie, ce dernier cadeau provoque en elle une grande joie. Olivia Curtis doit bientôt assister au bal organisé chez lord et Lady Spencer, un couple appartenant aux notabilités locales, dont l’appréciation peut être précieuse pour entrer dans le monde et trouver un fiancé.

Le livre des secrets de mon dinosaure préféré, Maxime Derouen (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 13 Novembre 2020. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Grasset, Jeunesse

Le livre des secrets de mon dinosaure préféré, Maxime Derouen, Grasset Jeunesse, octobre 2020, 80 pages, 16,90 € Edition: Grasset

 

Petite paléontologie

Le livre des secrets de mon dinosaure préféré est un album pour la jeunesse entièrement conçu par Maxime Derouen, philosophe de formation, vivant à Bordeaux. Après un long cursus de recherches et d’enseignement universitaires, l’auteur a décidé de se consacrer à l’écriture, en particulier pour la jeunesse – voir parmi ses nombreuses publications : Animaux dangereux (La Martinière, août 2020), C’était pour de faux (Grasset, 2019), etc. Les animaux, le bestiaire, les recueils de fables à partir d’une faune multiple, encore présente ou disparue, semblent faire partie de ses thèmes de prédilection, et ceci dans des styles artistiques multiformes.

Dans ce très récent album, il s’agit d’animaux qui présentent un exposé sur les dinosaures à l’école. C’est le prétexte pour Maxime Derouen de lister joyeusement quelques-unes des espèces compliquées de grands batraciens, de lézards, d’ovipares et d’oiseaux, et ce sont donc les animaux qui vont, à la place des enfants, citer un dinosaure de leur choix.

Le goût des amours à Paris, Collectif (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Vendredi, 13 Novembre 2020. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Mercure de France, Anthologie

Le goût des amours à Paris, Collectif, septembre 2020, textes choisis et présentés par Brigit Bontour, 128 pages, 8,20 € Edition: Mercure de France

 

La productive petite Collection « Le Goût de… », dirigée par Isabelle Gallimard, s’est enrichie en septembre 2020 d’un nouvel opus, ensemble de textes collectés par Brigit Bontour sur la thématique des amours à Paris. Le recueil, riche et diversifié, est divisé en trois parties : tout d’abord les amours de légende, textes d’anthologie qui relèvent du patrimoine littéraire et mythique français, et dont certains couples sont emblématiques d’une forme d’amour héroïque souvent impossible. On pense à Héloïse et Abélard, à la princesse de Clèves et au duc de Nemours, à Cyrano et Roxane… Attire l’attention dans cette partie la ballade de François Villon, « Il n’est bon bec que de Paris », qui est un hymne à Paris et à ses femmes au langage populaire.

La deuxième partie traite des amours romanesques ou poétiques hors normes, qu’elles soient tarifées, artistes ou source d’émancipation, au XIXe et au XXe siècle : la Nana de Zola, Colette, Simone de Beauvoir, mais aussi Verlaine, Apollinaire ou Jean Genet y figurent.