À la fin des années 60 du XXe siècle, un zoologiste anglais, Desmond Morris, publia un livre qui fit fortune (dix millions d’exemplaires vendus), Le Singe nu, où il montrait que de nombreux comportements humains n’avaient rien en réalité de spécifiquement humain et se trouvaient largement partagés avec les animaux plus ou moins évolués (même si Morris, peut-être pour ne pas vexer ses lecteurs, évitait de descendre plus bas que les primates). Le chapitre sur les relations amoureuses était particulièrement épicé et la thèse de l’auteur apparaissait en creux dès le titre : seule l’absence de poils sépare l’être humain du singe.
Cela posé, si l’on étend la comparaison à d’autres espèces, des différences apparaissent. Chez les oiseaux, par exemple, ce sont les mâles qui font les frais de la séduction (il suffit de considérer l’exemple du paon) : désireux de transmettre leurs gênes, les mâles, souvent plus grands, font étalage de leur beauté, arborent des plumes chatoyantes, tandis que le plumage des femelles oscille entre le gris terne et le marron feuille morte. Mais ce dimorphisme sexuel obéit à une raison : la femelle devant pondre et couver les œufs, il importe qu’elle ne se fasse pas remarquer d’un éventuel prédateur, tandis que le mâle instantanément repérable peut bien disparaître, la fécondation accomplie, sous la dent d’un carnivore.