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Les Livres

Visions romaines : Didier Laroque, Bilge Karasu et autres (par Alain Mascarou)

, le Lundi, 02 Février 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED


Didier Laroque, Deux histoires romaines, La Coopérative, 2024

Bilge Karasu, Uzun Sürmüş Bir Günün Akşamı,1970, Au soir d'une longue journée, traduction d’Aslı Aktuğ et Alain Mascarou, Éditions empreinte temps présent, 2019

Émile Mâle, Rome et ses vieilles églises, Flammarion, 1942

Yannick Haenel, « Vie de Cristina Campo », Edwarda n°16 « chair et papier », mai 2024, ICI, Paris p.148-153.


I lumière, couleur et don précieux

Paule, l’héroïne de Villa Médicis, la première des Deux histoires romaines[1] de Didier Laroque, s’intéresse aux aléas de la postérité. Pour une historienne de l’art, il est piquant d’apprendre qu’il fallut attendre 1911 pour que fût reconnu l’art de Vermeer.

Pieds nus - David Allouche (par Patryck Froissart)

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 30 Janvier 2026. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, L'Harmattan, Théâtre

Pieds nus - David Allouche - L’Harmattan – 13 novembre 2025 - Collection : En scène - 46 pages – 10 € Edition: L'Harmattan

 

Cet ouvrage court de David Allouche prouve, s’il en est besoin, qu’avec du talent on peut exprimer beaucoup en peu de pages.

Cette pièce en un acte comporte sept scènes. Les six premières sont un monologue du personnage principal, homme d’une cinquantaine d’années, attablé en la présence muette d’un serveur invisible, apostrophé « Joseph », à qui il adresse son soliloque, au Café de la Comédie-Française. Le personnage a les pieds nus. Sur sa table, deux coupes de champagne Ruinart.

Il est le seul client.

Dans la salle on joue la pièce de Pirandello, Six Personnages en quête d’auteur. La relation avec ce qui va suivre est évidente.

Verlaine Œuvres complètes en La Pléiade (Par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Jeudi, 29 Janvier 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Verlaine Œuvres complètes Deux volumes La Pléiade Tome I, 1664 pp, tome 2 1680 pp 138€ jusqu’au 1/04/26 ; prix définitif 148 €


Tout Paul et tout Verlaine

Tendez l’oreille ! Écoutez-les au paradis des fleurs ou aux enfers des astres, Tristan, Stéphane ou Villiers de L’Isle Adam, à moins que Marcelline Desbordes-Valmore ! Les voilà moins maudits tandis que Gallimard via Monsieur Paul les republie !! Les quatre bien peinards entre eux, l’autre faisan faisant bande à part, évidemment, ils causent et rient, ils se tapent sur le ventre et des limbes ils charrient le pauvre Lélian ! Le cher Lélian, le bon Lélian que voilà en secondes noces dans la Pléiade !

Oui les amis, oui les maudits, oui les zutiques et les vilains bonshommes, oui les petits et les grands romantiques, oui les Parnassiens à toutou, les ludions ludiques, qu’on se le dise et que l’onde en colporte des vers et des phrases, ils et elles y sont tous et toutes, via l’ambassade de Verlaine à Paris, Londres, Bruxelles et le monde ! Le voilà lui, exhaustivement, réhistoricisé, recontextualisé avec appareil critique précis et préface d’Olivier Bivort, enfin, Paul Verlaine, les œuvres complètes.

Le ciel sous nos pas, Leïla Bahssaïn (par Abdelmajid Baroudi)

Ecrit par Abdelmajid Baroudi , le Jeudi, 29 Janvier 2026. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Albin Michel

Le ciel sous nos pas, LEÏLA BAHSSAÏN, Albin Michel 2019 Edition: Albin Michel


Le temps qu’il fait à Paris s’harmonise avec l’écriture et la lecture de ce texte. La grisaille synonyme de déception d’un paradis tant attendu coïncide avec la grisaille qui accompagne le rite de la lecture. Autrement dit, la temporalité de l’écriture va de pair avec celle de la lecture, sauf que l’ici et maintenant de la lecture exige la continuité de crainte de ne pas casser le rythme de l’assimilation et tomber dans l’oubli. Or la longévité de l’écriture impose d’autres   cérémonies telles que le langage, l’imagination et la fiction nourrie par la métaphore. Ceci dit, finir une lecture d’un texte n’est pas la même chose que finir d’écrire un texte car la finesse de l’écriture séduit la lecture et l’incite à aller jusqu’à la fin. Comment donc savourer la finesse de Le ciel sous nos pas ?

La lecture que je propose de ce texte   est d’ordre notionnel dans le but d’approcher tantôt sa relation au concret, tantôt son élan fictionnel. Et pour illustrer cette articulation, je me suis focalisé sur deux notions : la personne et la personnalité.

Le règne de l’esprit malin, Charles-Ferdinand Ramuz (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mercredi, 28 Janvier 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le règne de l’esprit malin, Charles-Ferdinand Ramuz. Redécouvertes littéraires. 139 p. 9,95 € . Ecrivain(s): Charles Ferdinand Ramuz

 

Le Diable donc. Le Mal, le Malin, le Séducteur, le Menteur, le Manipulateur. Il colporte la haine mais il l’exporte aussi, comme une gangrène, une épidémie. Un petit village dormant dans sa ruralité tranquille, ses croyances, ses superstitions aussi voit surgir un jour un homme inconnu. L’événement en soi est déjà rare. De plus l’homme est étrange. Il dé-range l’ordre établi, il modifie un ordonnancement séculaire : au sein de la pauvreté, il est nanti et généreux, la boutique de cordonnier qu’il ouvre devient un lieu d’échanges. Il s’appelle « Branchu, comme qui dirait Cornu … »

« L’homme » ne se contente pas d’entrer dans le village et d’y faire son nid. Il s’insinue dans les cœurs, les esprits, les âmes. Le malheur alors s’installe. Dans sa première irruption, il frappe l’ancien cordonnier.

Un beau jour sa boutique resta fermée. Sans doute qu’il était malade, mais personne ne s’inquiéta de lui. Deux ou trois jours passèrent encore. Et ce fut par hasard qu’une voisine le trouva pendu derrière sa porte, le quatrième jour, je crois, et il faut bien dire qu’il sentait déjà, et il avait la figure toute noire.