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Les Livres

Josée Meunier, 19, rue des Juifs, Michèle Audin (par Stéphane Bret)

Ecrit par Stéphane Bret , le Vendredi, 09 Avril 2021. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Gallimard

Josée Meunier, 19, rue des Juifs, mars 2021, 194 pages, 17 € . Ecrivain(s): Michèle Audin

 

Dans l’un de ses précédents romans, Comme une rivière bleue, Michèle Audin avait décrit la Commune de Paris à partir des quartiers de Paris où celle-ci avait connu les activités et faits les plus marquants et significatifs ; elle avait restitué l’histoire à hauteur des destinées individuelles, obscures, celles des sans-grades.

Dans Josée Meunier, 19 rue des Juifs, l’auteure reprend ce mode de récit en le circonscrivant à un immeuble, celui du 19 rue des Juifs, situé dans le quatrième arrondissement de Paris. Elle prend pour point de départ une perquisition menée par un certain Victor Berlioz, commissaire de police de son état : il ressort quelque peu bredouille de sa descente de police, il n’a pu, en effet, cueillir des suspects et n’a recensé qu’une concierge, Madeleine, un coiffeur, Mlle Georgette, couturière, Madame Dubois, une ouvrière en cartonnages.

Pourtant, l’immeuble du 19 rue des Juifs fut le lieu d’où s’échappèrent Josée Meunier et d’autres membres de sa famille pour rejoindre en exil à Londres Albert Theisz, bronzier et ardent partisan de La Commune.

Le Livre noir, Textes et témoignages, Ilya Ehrenbourg, Vassili Grossman (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Vendredi, 09 Avril 2021. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Le Livre noir, Textes et témoignages, Ilya Ehrenbourg, Vassili Grossman, Actes-Sud, 2019, trad. russe, Carole Moroz, 1136 pages, 28 €

 

Le Livre noir, textes et témoignages sur l’extermination scélérate des Juifs par les envahisseurs fascistes allemands dans les régions provisoirement occupées de l’URSS et dans les camps d’extermination en Pologne pendant la guerre de 1941-1945, traduits du russe par Yves Gauthier, Luba Jurgenson, Michèle Kahn, Paul Lequesne et Carole Moroz, sous la direction de Michel Parfenov.

Dans une des pages incandescentes qu’il a consacrées au procès Eichmann, Kessel raconte qu’à un moment, installé de façon provisoire dans la salle de presse et suivant les débats par écran interposé, il voyait « le visage d’Eichmann […] en gros plan, déformé, couturé, déchiré de tics. La voix avait une intonation presque hystérique. Elle s’écriait par saccades :

– Affirmation étrange, absurde ! Je ne connaissais pas les chiffres. Et que ne disait-on pas ? Commérages de Nuremberg. Bavardages d’Auschwitz. Les uns assuraient que j’avais cité cinq millions de Juifs exterminés, d’autres que c’était deux millions, et d’autres six millions.

Le Train des enfants, Viola Ardone (par Sandrine Ferron-Veillard)

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Jeudi, 08 Avril 2021. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Albin Michel, Italie

Le Train des enfants (Il Treno dei bambini, 2019), Viola Ardone, janvier 2021, trad. italien, Laura Brignon, 292 pages, 19,90 € Edition: Albin Michel

 

Les pieds dans des chaussures. L’odeur et la forme. L’empreinte. À hauteur d’enfant. Parce que les enfants voient d’abord les pieds des adultes. Amerigo Speranza a sept, presque huit ans. Une vie en cinquante-trois chapitres. Du Sud au Nord de l’Italie. Père inconnu. La mère, Antonietta, elle est belle. Une voix de contrebasse. Belle parce que les enfants entendent ce que disent les hommes d’elle. Et le père est parti, ou reparti en Amérique, une fois la seconde guerre mondiale terminée. Terminée. Ça, c’est l’histoire qu’elle raconte à Amerigo.

« Les femmes, elles, marchent sans honte et traînent deux, trois, quatre enfants par la main. Moi je suis fils unique, vu qu’avec mon frère Luigi on n’a pas eu le temps de se connaître. On n’a pas eu le temps avec mon père non plus, je suis né en retard sur tout le monde ».

Dis, comment te défends-tu ?, Françoise de Guibert, Clémence Pollet (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 08 Avril 2021. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse, La Martinière Jeunesse

Dis, comment te défends-tu ?, Françoise de Guibert, Clémence Pollet, février 2021, 96 pages, 12,90 € Edition: La Martinière Jeunesse

 

De la sauvegarde

Une grenouille peu commune aux taches mordorées (dendrobate souvent venimeuse) apparaît sur la couverture d’un blanc de neige de cet élégant album-jeunesse quadrangulaire de 19 x 20 cm. Au dos de l’ouvrage, une énigmatique boule hérissée de pics stagne près d’une branche de corail, en fond marin. Françoise de Guibert et Clémence Pollet ont réalisé ce manuel de sauvegarde, artistique et pédagogique, Dis, comment te défends-tu ?, employant le tutoiement envers les animaux.

Le jeune public, dès l’âge de 4 ans, va comprendre les spécificités des spécimens montrés, les plus menus d’entre eux souvent attaqués par de plus volumineux. Les granivores, les fructivores, les herbivores se trouvent menacés par des carnivores. A contrario des insectes minuscules, par exemple des fourmis, ou une tempête d’insectes, peuvent constituer un danger.

Et la guerre est finie : Les Grands Express Européens, Kibboutz, The Great American Disaster, Nouvelles, Shmuel T. Meyer (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 08 Avril 2021. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Et la guerre est finie : Les Grands Express Européens, Kibboutz, The Great American Disaster, Nouvelles, Shmuel T. Meyer, Les Editions Metropolis, mars 2021, le coffret, 444 pages, 30 €

 

« Les surprises entrent et ressortent par la porte. Il y a celles à qui l’on offre un rafraîchissement, puis un cœur, puis l’immense malheur engendré par l’absence » (51 rue Sholem Aleikh’em, Les Grands Express Européens).

« Jamais, mon amour, ma terre bien-aimée, je ne me suis senti plus confiant, faible et puissant, que lors des nuits d’été où tu m’accompagnais, répétant sur mes lèvres « homme libre enfin déraciné » (Avec la terre, Kibboutz).

« Il faut dans la vie des déclics, des concours de circonstances. Les fatalistes appelleront ça le hasard, les mystiques, la providence, moi j’appelle ça le Dibbouk, une obsession » (Saul’s Lament, The Great American Disaster).