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Les Livres

L’époque de la peinture, Prolégomènes à une utopie, Jérôme Thélot (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 22 Avril 2024. , dans Les Livres, Les Chroniques, Essais, La Une CED

L’époque de la peinture, Prolégomènes à une utopie, Jérôme Thélot, L’Atelier contemporain, février 2024, 160 pages, 20 €

 

Ambiguïté de la peinture/ambiguïté de l’utopie

Je viens de passer quelques heures en compagnie du livre que Jérôme Thélot a fait paraître récemment. Il avance une thèse hardie et très intelligente, en parlant des lieux d’utopie de la peinture, et bientôt de l’utopie au sens général à laquelle la peinture pourrait donner accès. Pas avec une langue absconde ou amphigourique, mais par une analyse qui suggère au lecteur de faire sienne cette hypothèse, voire cette théorie. À savoir, que la peinture de Manet, de Hals, de Poussin, de Zurbaran, de van Velde, par exemple, se trouve être davantage des pensées que des choses. Une peinture qui pense.

Et ce regard qui pense surgit dans une sphère hantée par le silence et en même temps par le cri – le Tres de mayo de Goya ou celui de Munch, entre autres.

On ferait comme si, André Marois, Gérard DuBois (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 04 Avril 2024. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Grasset, Jeunesse

On ferait comme si, André Marois, Gérard DuBois, Grasset-Jeunesse, Coll. Lecteurs En Herbe, 22x28 cm, 2023/2024, 18,50 € Edition: Grasset

 

Le jardin potager s’anime !

Ce magnifique album jeunesse cartonné, On ferait comme si, a été élaboré par André Marois (né en 1959 à Créteil, installé à Montréal, romancier, scénariste et chroniqueur, finaliste du Prix des libraires du Québec Jeunesse 2021 et du Prix jeunesse des univers parallèles 2021, membre de l’UNEQ (l’Union des Ecrivaines et des Ecrivains Québécois), et par Gérard DuBois (né en 1968, diplômé de l’École Estienne et du L.E.I. Rue Madame à Paris, récompensé du Prix du Gouverneur général : littérature jeunesse de langue française, illustration 2021).

Pour en venir à ce bel ouvrage pour la jeunesse, il faut regarder avec attention les quelques lignes écrites en rouge et bleu du récit d’André Marois qui ponctuent les remarquables illustrations en double page. Les phrases de l’auteur sont poétiques, efficaces et peuvent servir de « pré-texte » pour amorcer une nouvelle histoire, et permettre ainsi l’amélioration du langage chez les plus petits.

Quemhrf ! (en manège), Christoph Bruneel (par Patryck Froissart)

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 04 Avril 2024. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Quemhrf ! (en manège), Christoph Bruneel, Editions de l’Âne qui butine, Coll. Xylophage, décembre 2023, 290 pages, 22 €

 

Que voilà un remarquable OLNI dans le voyage vertigineux de quoi tout lecteur et toute lectrice ne peuvent éviter de se laisser jubilatoirement emporter, noyer, dès l’embarquement ! Objet Littéraire Non Identifiable, cette nouvelle publication de l’Âne qui butine vaut d’abord par le raffinement de son apparence extérieure, la qualité de son papier, l’esthétisme de ses illustrations (les photographies sont l’œuvre de l’auteur).

Bateau ivre que le naute lance sans boussole apparente, comme à l’errance, dans l’océan tantôt démonté, tantôt trompeusement uniforme, de son imagination débridée, vers des destinations a priori inconnues, aux limites improbables, le texte mêle récit hallucinant, péripéties désorientées soufflées par quelque muse défoncée et ponctuellement lyrique et lubrique, morceaux de pure poésie, et, ici et là, des sommes de pages inattendues que l’auteur présente comme des interludes.

Dictionnaire littéraire et culturel de l’insecte, sous la direction d’Alain Montandon (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Jeudi, 04 Avril 2024. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Editions Honoré Champion

Dictionnaire littéraire et culturel de l’insecte, sous la direction d’Alain Montandon, Honoré-Champion Editeur, 2023, 786 pages, 90 €

« And now the scene came swiftly into focus, and staring back at him, showing neither enmity nor friendship, neither excitement nor indifference, were the fathomless eyes of the Watchers. The thin, grotesquely articulated figures stood around him in a close-packed circle, looking down at him across a gulf which neither his mind nor theirs could ever span. Other men would have felt terror, but Marlan only smiled, a little sadly, as he closed his eyes forever. His questing spirit had reached its goal ; he had no more riddles to ask of Time. For in the last moment of his life, as he saw those waiting round him, he knew that the ancient war between Man and insect had long ago been ended, and that Man was not the victor ».

« Et maintenant, très rapidement, la scène devenait plus nette : le dévisageant, ne montrant ni amitié ni hostilité, ni agitation ni indifférence, les yeux insondables des Veilleurs lui apparurent. Ces silhouettes minces, aux articulations grotesques, se tenaient autour de lui en cercle serré, le regardant par-delà un abîme que ni son esprit ni les leurs ne pourraient jamais franchir.[...]

Julien Gracq, Nora, une passion surréaliste, Roger Aïm (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 03 Avril 2024. , dans Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Julien Gracq, Nora, une passion surréaliste, Roger Aïm, Editions Infimes, janvier 2024, Préface Irène Frain, 90 pages, 12 €

 

« À l’heure de l’apaisement du monde, Nora occupe l’intime de son être. Ancré dans sa timidité, il ne pouvait aimer qu’avec une passion retenue à l’écart de tous, son étoile Bulgare au regard doux, au sourire léger, à la démarche enjouée, née un 29 septembre 1921 à Sofia ».

« N’appartenant qu’à elle-même, volant toujours de ses propres ailes et dans les directions qu’elle assumera toujours de choisir, Nora, femme libre, sans fards, façonne sa liberté et construit, jour après jour, sa vision du bonheur ».

En lisant Julien Gracq, Nora, une passion surréaliste, on ne peut que rappeler que tout exercice d’admiration qui n’est pas porté par celui de la langue, est vain. Roger Aïm est l’un des grands lecteurs de Julien Gracq, fidèle à l’art romanesque et poétique de l’ermite de Saint-Florent-le-Vieil ; et les petits livres qu’il lui a consacrés (1) sont tous ambrés d’une même passion littéraire, nourris d’un exceptionnel savoir savoureux de l’œuvre de Julien Gracq.