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Les Livres

Donald & le canon. Quand dire, c’est faire, Saint-Victor-de-Morestel, Éric Fauquet (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mercredi, 29 Avril 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Donald & le canon. Quand dire, c’est faire, Saint-Victor-de-Morestel, Éric Fauquet, Les Provinciales, janvier 2026, 64 pages, 12 €

 

Au sujet des élections américaines en général et, en particulier, du premier (2017-2021) et du second mandat (2025-2029) de Donald J. Trump, deux remarques au moins peuvent être formulées. La première est qu’on avait l’impression que ce processus électoral concernait au premier chef la France et que les Français, ou au moins leurs journalistes, eussent pu en influencer le résultat par ce qui aurait ressemblé à de la pensée magique. On peut être sûr qu’à l’époque où la France entretenait un empire colonial, aucun Annamite ni aucun Sénégalais ne s’était à ce point pris goûlument de passion pour les méandres de la vie politique métropolitaine. La France, en cela comme en d’autres aspects, est devenue une colonie mentale, un dominion des États-Unis, et rien ne l’illustre mieux que cette situation grotesque où les journalistes donnaient l’impression que la campagne électorale américaine se déroulait en France. La seconde remarque est que, alors que de toute manière le gouvernement américain, qu’il soit républicain ou démocrate, ne se souciera que de son propre pays et nullement de cette

Dix huit, Gaëtan Lecoq (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Mardi, 28 Avril 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres

Gaëtan Lecoq, dix huit, éd Terres du couchant, 73pp, 14€


Éclis de mémoire


On voit plus juste en poésie. Le poète voit et revit et son rythme est le bon.

Sa mémoire est une veille et nous révèle dans le miroir.

Voilà de bien banales généralités.

Pour le singulier, lisons Gaëtan Lecoq.

Le poète breton de Rennes et des Finistères fait paraître un chant aux éditions Terres du couchant. Le beau cahier de Gaëtan Lecoq s’intitule sobrement et en toutes lettres : dix huit.

Il suit les quatre années maudites :

D’après Mathieu Terence, dans La littérature d’ameublement (par Laurent LD Bonnet)

Ecrit par Laurent LD Bonnet , le Mardi, 28 Avril 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

La littérature d’ameublement (Éditions du cerf, 2026, 94 pages).


La fable du bâton de poisson et de L’Esprit Fulgurant.


En total accord avec Mathieu Terence, que je lis avec un certain trouble, parce qu’il me rappelle le personnage du roman le dernier Ulysse (“Ô Mauvalant sort de ce corps !”) Tous deux tiraillés entre les paradigmes contradictoires de l’écriture : le succès et le don.

Terence vient à point jalonner, en l’actualisant, le chemin pamphlétaire fondé par Gracq en 1950 (La littérature à l’estomac), puis densément pérennisé par Jourde en 2002 (La littérature sans estomac). Cinquante ans entre ces deux-là… Vingt-cinq pour que le texte de Terence fasse date… Ne doutons pas d’un brillant essai avant 2030, dont le titre serait La littérature du collapse.

Les Cerfs-volants, Romain Gary (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 27 Avril 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Folio (Gallimard)

Les Cerfs-volants, Romain Gary, Folio, octobre 1983, 384 pages, 10 € . Ecrivain(s): Romain Gary Edition: Folio (Gallimard)


C’est rare, mais ça arrive : ouvrir une critique par une dédicace. Alors j’y vais, puisque de toute façon, au risque de faire grincer les dents à mon aimable rédacteur en chef, je vais amplement déborder du cadre de la recension pour parler de moi, de mon rapport à ce livre, puis de la vie, enfin, tout ce qui s’imbrique et explose à la fois quand on a un livre fétiche. Dédicace, donc : à tous les élèves qui, depuis cinq ans, lisent Les Cerfs-volants en ma compagnie, au terme de deux années où nous avons cheminé ensemble dans la littérature, à ma façon, avec rime et raison, et en toute folie en même temps. À vous tous, garçons et filles, qui m’avez rendu des comptes-rendus de lecture où vous avez accepté cet exercice étrange : vous frotter à un roman, comme des allumettes, au risque de vous enflammer, et raconter ces étincelles devenues flammes plutôt que bêtement résumer le roman. Et à ceux et celles qui, ça me revient aux oreilles, parfois deux ou trois ans plus tard, parlent encore du roman que Smal leur a fait lire et qui les a bouleversés. Et à ceux et celles qui, puisque je m’y tiendrai jusqu’à la fin de ma carrière, liront à leur tour Les Cerfs-volants Je pourrais ajouter, et vous comprendriez, « À la mémoire ».

Cézembre, Hélène Gestern (par Alix Lerman Enriquez)

Ecrit par Alix Lerman Enriquez , le Lundi, 27 Avril 2026. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres

Cézembre, Hélène Gestern


Yann de Kérambrun, professeur d'histoire à l'université de Paris vient de perdre son père, quelques années après sa mère. Son père, puissant chef de l'entreprise familiale de navettes bretonnes basée à Saint-Malo, a toujours représenté pour Yann un être austère et tyrannique, un homme intraitable qui n'a pas su donner d’affection à ses enfants.

C'est donc le moment pour ce quinquagénaire désabusé qui vient de divorcer et dont le fils Paul s'est éloigné de lui pour aller en Allemagne, de retourner aux sources bretonnes afin de prendre du recul et d'interroger le passé familial. Yann décide alors de prendre une année sabbatique dans le manoir familial Les Couërons qui donne vue imprenable sur la mer de St Malo et de ses îles avoisinantes comme l’île de Cézembre :

« Je continue à observer l’île à la jumelle. Après l’agitation, la douceur de ses courbes, sa solitude désertée irradient une paie magnifique. Une apparence trompeuse, pourtant. Ce caillou, dont le relief était resté à jamais défiguré par les cratères qu’y avaient creusés les explosions à la libération, était une poudrière dormante avec son sol truffé d’obus... »