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Les Livres

Les Honneurs 2021 de La Cause Littéraire

, le Vendredi, 22 Octobre 2021. , dans Les Livres, Essais, La Une Livres, Poésie, Roman

Les lecteurs et rédacteurs de notre revue ont décerné leurs Honneurs de La Cause Littéraire 2021

Les deux meilleurs romans français :

Blizzard, Marie Vingtras (par Sandrine-Jeanne Ferron-Veillard)

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Vendredi, 22 Octobre 2021. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, L'Olivier (Seuil)

Blizzard, Marie Vingtras, Éditions de l’Olivier, août 2021, 181 pages, 17 € Edition: L'Olivier (Seuil)

 

 

Tout lire, lire la moindre lettre, y associer une autre et n’en gâcher aucune. Le premier mot d’un livre. Son titre. Les numéros de pages n’apparaissent pas encore, je m’installe, il est 8 heures du matin, à l’intérieur d’une brasserie, la terrasse comme ligne d’horizon. Il fait beau, il fait froid.

L’Alaska. Le blizzard.

Une brasserie, un boulevard, une capitale. Je veux commencer tôt la lecture, être éprise, surprise et me jeter d’emblée dans ce blizzard, à cette heure où les êtres ont le dos voûté, faisant face à la ville. À l’intérieur, deux tables occupées, et au comptoir, des cafés avalés en deux coups de tête, le comptoir pour support, à la rigueur Le Parisien et ses titres. L’émotion et trois lignes de clients qui se succèdent.

Un baiser qui palpite là, comme une petite bête, Gilles Paris (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Vendredi, 22 Octobre 2021. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Gallimard Jeunesse

Un baiser qui palpite là, comme une petite bête, septembre 2021, 224 pages, 13,50 € . Ecrivain(s): Gilles Paris

 

Sur un titre puisé dans un poème du génial et jeune Rimbaud, l’écrivain campe une histoire dont les divers narrateurs sont des jeunes lycéens de quinze et seize ans, en quête d’eux-mêmes, des autres, des joies et des désirs d’adolescents. En quête d’amitié, d’amour, de sexe, s’essayant à la fête, à la drogue, à l’alcool, comme nombre de jeunes.

Voici donc Iris, Emma, Sarah, Chloé. Voici Léon, le disgracieux, Tom, à la mèche insolente, Aaron, Solal, Timothée, Léon, et d’autres. Les jumeaux Emma et Tom, de parents cossus, traversent cette histoire multiple, qui voit s’accumuler les rencontres, les coups bas, les fêtes, les trahisons. Iris s’est pendue, et toutes et tous s’en souviennent, parce qu’ils ont été les uns et les autres responsables de son geste pour l’avoir harcelée, souillée au lycée, l’année précédente. Depuis l’affaire Iris, tout est différent et à la fois pareil. Les séductions, les rencontres, les couples qui se forment, les réseaux qui guettent et visent leurs proies.

J’ai exécuté un chien de l’enfer, Rapport sur l’assassinat de Samuel Paty, David di Nota (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 21 Octobre 2021. , dans Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Le Cherche-Midi

J’ai exécuté un chien de l’enfer, Rapport sur l’assassinat de Samuel Paty, David di Nota, octobre 2021, 160 pages, 16 € Edition: Le Cherche-Midi

 

En ouverture de son livre, David di Nota cite Hanna Arendt : « Qu’est-il arrivé ? Pourquoi est-ce arrivé ? Comment cela a-t-il pu arriver ? ». D’où vient le crime, la décapitation de Samuel Paty, cet enseignant d’histoire sans histoires, le 16 octobre 2020 à proximité de son collège à Conflans-Sainte-Honorine ? D’où vient le mal ? Et de quel mal s’agit-il ? Quelle est son origine ? Quelles en sont ses racines ? David di Nota répond à ces questions, il répond en écrivain, c’est-à-dire qu’il se pose, et pose les bonnes questions, pour tenter d’apporter les bonnes réponses, quitte à ce que ses réponses dérangent et froissent quelques bonnes âmes.

« Comprendre comment un individu se trouve isolé, et finalement pointé du doigt par l’administration dont il relève, constitue certainement la meilleure introduction à ce phénomène peu étudié : non pas le « vivre ensemble », mais le « mourir seul » (Avant-propos, David di Nota).

Toutes ces vies que je n’aurai jamais, Vincent Labay (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 21 Octobre 2021. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

Toutes ces vies que je n’aurai jamais, Vincent Labay, éditions Conspiration, septembre 2021, 250 pages, 20 €

 

Dépersonnalisation. Déréalisation

C’est par la négative « je ne serai jamais » que Vincent Labay appréhende différentes trajectoires normées, normatives, ou quelquefois bizarres. V. Labay livre aux lectrices et lecteurs 62 vies rêvées, réalistes ou fantasmées. Entre l’errance artistique d’« un oiseau de nuit », l’instabilité et la paisible existence « d’homme au foyer », quelle est la meilleure solution ? Pour quel choix opter ? Ce à quoi l’auteur répond : « À quoi bon exister puisque c’est absurde ? ». Mieux vaut côtoyer la mort que « cet ennui généralisé ». Sans doute, en sous-texte, il y a tout ce que Labay a accompli, tenté d’accomplir, ou raté. Il effectue un vaste balayage de l’Histoire, avec des dates précises, des moments-clés, il bluffe sur sa vie privée, met au monde une quantité d’enfants, brode sur sa descendance, son curriculum vitae.