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Tinbad

 

Les éditions Tinbad, dirigées par Christelle Mercier, éclairent les lignes de leur voie de navigation sur la page d’accueil de leur site : http://www.editionstinbad.com/

« Pourquoi les éditions Tinbad ?

– On trouve cette assonance de Sinbad (le Marin) dans une suite de jeux de mots dans Ulysse de James Joyce, livre exemplaire de l’écrivain qui a poussé le plus loin les recherches en modernité formelle dans la Littérature. Oui, les avant-gardes sont défaites et défuntes, tout le monde a abandonné ce combat-là ; mais on peut encore en raconter l’histoire, sans se contenter pour autant de « mâcher les reliques du savoir » comme disait Laurence Sterne dans son Tristram Shandy. Nous nous sentons une cause commune avec les premiers Cahiers de l’Herne : la remise au goût du jour de la création littéraire la plus contemporaine ; aussi lancerons-nous une revue, irrégulière, qui sera un atelier pour les futures publications : les Cahiers de Tinbad. Nous publierons aussi des essais très littéraires et personnels sur les ultimes œuvres s’inspirant de la dernière avant-garde littéraire, Tel Quel. Comme nous estimons que les deux décennies s’étalant entre 1910 et 1930 (Futurisme, Dadaïsme, Surréalisme, Proust, Joyce) constituent la période la plus féconde en modernismes de notre Histoire – et que c’est donc de là qu’il faut repartir –, nous ne nous interdirons pas de publier des œuvres inclassables qui seraient au croisement de la poésie et du roman moderne : un violent « je » autobiographique sera recommandé et même conseillé. Notre cap : la littérature contrainte et le « Carré noir » en Littérature. Une seule certitude : pas de romans-« chromos » ! Vieilles anecdotes…

Que Tinbad fût tailleur ne nous déplaît pas, car nous voyons, après Proust et Jean-Jacques Schuhl, « la couture comme métaphore du travail textuel : patrons, ciseaux, colle, machine à coudre ».

Le Crâne de Sade – Jean-Claude Hauc (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mardi, 13 Octobre 2026. , dans Tinbad, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Cette semaine

Le Crâne de Sade – Jean-Claude Hauc – Tinbad Roman – 17 euros – 158 p. – 24/09/26. Edition: Tinbad

 

« Le soleil s’était à présent couché et la pénombre envahissait l’appartement de Durcet. Repoussant son livre, il tourna son regard vers Sophie-Angélique en commençant à se frotter les tempes. Celle-ci ne put réprimer un sourire face à la comédie ordinaire de l’historien. La jeune femme rêvait parfois de l’entendre lui lancer un de ces « Troussez ! » énergiques par lesquels le libertin sadien invite sa proie à se dévêtir. »

Ce crâne de Sade que va rechercher l’historien Milan Durcet, va mettre le feu aux poudres, cette passion des traces et des restes de Sade enflammer ce roman explosif. Tout commence à Lacoste, à un trait de plume du fantôme du Château du Marquis, dans l’Espace Pierre Cardin, où Milan Durcet prononce une énième conférence sur Sade, quand dans le public, un homme bien curieux, à l’accent américain, lui demande où pouvait bien se trouver le crâne de Sade.

Les Moucherons, Thierry Clech (par Claire Fourier)

Ecrit par Claire Fourier , le Mardi, 18 Novembre 2025. , dans Tinbad, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits

Les Moucherons, Thierry Clech, Éditions Tinbad, septembre 2025 Edition: Tinbad

 

Voici, menées au pas de course alternant avec la sinuosité d’un fleuve pas très tranquille, les mésaventures d’un photographe qui a marié le cancer et une invasion de moucherons chez lui, au moment où sévissait le covid.

Quatre mots-clés donc : photographe, moucherons, covid, cancer. Plus le temps, toujours le temps.

 

Photographe, car c’est avec l’œil précis d’un Leica et la recherche du meilleur angle qu’est analysée une ribambelle de misères, les unes dérisoires, les autres en passe d’être mortelles ;

le souci de la qualité de la prise l’emportant sur l’accablement, ce qui réjouit le lecteur, lequel, cruel, demande toujours à un auteur de traiter avec humour les malheurs qu’il a lui-même quelque jour endurés, les traumatismes qu’il subit, ne permettant pas au livre d’en rajouter.

Tweet n°1 (classé) X, Guillaume Basquin (par Claire Fourier)

Ecrit par Claire Fourier , le Lundi, 19 Mai 2025. , dans Tinbad, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Tweet n°1 (classé) X, éditions Tinbad, 2025, 112 p., 16 euros . Ecrivain(s): Guillaume Basquin Edition: Tinbad

 

Guillaume Basquin est un bourreau du travail et un derviche tourneur. Un érudit et un danseur sur lignes. Il est sage et il est fou. C’est un virtuose de la réflexion et des mots. Où trouve-t-il donc le souffle dont il fait preuve ?

« Mon âme est une étrange usine. » Il y a du génie dans cet homme excentrique… qui recentre.

Tweet n°1, (classé) X, son dernier livre, se donne pour mission celle que Kafka intimait à l’écrivain : « Hacher en nous la mer gelée ». Basquin, effacé en public et défonçant plume en main, chauffe la température à fond, et la mer gelée bouillonne dans un tourbillon de phrases où cet homme singulier, ce « monsieur cent mille volts » et cependant très doux, ausculte le cœur de son époque. Ça roule et se déroule, ça tournoie, ça galope. Basquin, l’insurgé, le dissident, le mutin, le psychopompe à qui vous « donneriez le bon Dieu sans confession », examine et pose un regard implacable et sans pitié sur les grands traits de notre monde et de celui qui se profile.

La Fabrication du Réel, Caroline Hoctan (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 07 Mai 2025. , dans Tinbad, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La Fabrication du Réel, Caroline Hoctan, Tinbad Roman, mars 2025, Préface Serge Lehman, 266 pages, 23 € Edition: Tinbad

 

« Car ce que La Fabrication du Réel propose avant tout, c’est, comme son titre l’indique, une expérience métaphysique, une plongée dans l’infrastructure du sujet du monde.

Pas une autofiction, mais une ontofiction » (Serge Lehman, Préface).

« Tout en écoutant le ressac de l’océan résonner dans la maison, je fixais la malle de mon père. Je pris alors conscience que si je ne savais rien, ou si peu, de mes origines, et de ce qui fondait cette identité que je portais, je ne savais pas plus qui j’étais moi-même, ni vers quoi j’allais ou n’allais pas » (La Fabrication du Réel).

Le Roman retrouvé, Alain Santacreu (par Philippe Thireau)

Ecrit par Philippe Thireau , le Jeudi, 27 Mars 2025. , dans Tinbad, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le Roman retrouvé, Alain Santacreu, Tinbad, 2024, 370 pages, 25 € Edition: Tinbad

 

Ce sont les regardeurs

Qui font les tableaux

Marcel Duchamp

 

Le Roman retrouvé, autrement connu des lecteurs égarés en terra incognita sous le titre Opéra Palas, se conjugue en hébreu, savoir vingt-deux lettres et leurs variantes finales. Alphabet sacré soumis au narrateur par Palas, son double révélé en Bourgogne étrange par Julius Wood au Bleu Eyes Bar. Lieu mal famé qui nous fait penser (un peu) au Titty Twister du film From Dusk till Dawn de Robert Rodriguez dans la main de Quentin Tarantino. Alphabet découvert lettre à lettre au fil d’une errance mystico-philosophique et dont la lettre fondatrice et mortifère sera connue à l’heure ultime.