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Articles taggés avec: Mahdi Yasmina

Le voyage, Heng Swee Lim (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mercredi, 14 Octobre 2026. , dans La Une Livres, Cette semaine, Les Livres, Recensions, Jeunesse, Grasset

Le voyage, Heng Swee Lim, 40 p., éd. Grasset jeunesse, collection lecteurs en herbe, 2026, 18€ Edition: Grasset

 

Graphiste malaisien, vivant à Kuala-Lumpur, Heng Swee Lim, alias ilovedoodle, collabore à de nombreux projets, notamment avec des grandes marques comme Uniqlo (Japon), Gap, Nike ou Land of the Nord. Le voyage, magnifique album de collection relié, de grand format, 36,5 cm x 23,5 cm, a été entièrement réalisé par Heng Swee Lim. Son sujet est émouvant, celui du voyage d’un petit bonhomme après la disparition de son compagnon le chat. Ce complice tendre et familier assistait à tous les rituels du jeune garçon, à ses jeux, ses lectures, ses repas, ce qu’annoncent les pages de garde en 18 croquis très lisibles.

Rappelons quelques épisodes concernant cet animal domestique : « Dans le monde antique, le chat était très apprécié par des cultures aussi diverses que la Chine, l'Égypte et Rome, mais au 13e siècle, en Europe, il avait perdu depuis longtemps son statut antérieur (…) il fut régulièrement torturé tué, soit pour conjurer le mauvais sort, soit en signe de dévotion au Christ, soit comme partie intégrante des rituels d'ailuromancie (utilisation des chats pour prédire l'avenir). Condamnés par les papes et massacrés par des villages entiers, les chats ne retrouveront pas la moitié de leur statut antérieur avant le siècle des Lumières, au 18e siècle. L'ère victorienne du 19e siècle verra la restauration complète du statut du chat. » [Word History Encyclopedia, Les Chats au Moyen Âge, Joshua J. Mark, 2021]

La vérité et ses conséquences, Alison Lurie (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 08 Octobre 2026. , dans La Une Livres, Cette semaine, Les Livres, Recensions, Rivages poche, Roman, USA

La vérité et ses conséquences, Alison Lurie, trad. Virginie Buhl, 320 p., 2026, éd. Rivages poche, 9,50 € Edition: Rivages poche

 

Le désenchantement et la désillusion ont remplacé une certaine insouciance et la vie facile des années 1960 du roman de jeunesse d’Alison Lurie (1926-2020), La ville de nulle part. La romancière américaine situe le récit de La vérité et ses conséquences dans le milieu universitaire. L’on retrouve au fil de sa plume, une critique acerbe du culte des apparences et de ses (funestes) conséquences.

Ici, Alan Mackenzie, spécialiste de renom de l’histoire de l’architecture, « expert mondialement reconnu », est rendu quasi invalide à cause d’un accident. Le corps de désir et de jeunesse s’est transformé en un corps blessé, un corps malade, handicapé. Jane, son épouse, ne reconnaît plus son « prince charmant ». Très occupée par sa mission à l’université, elle évite et évince toute discussion à propos du nouvel état d’infirme de son mari tout en s’occupant de lui comme une infirmière. Obligations qui lui pèsent peu à peu comme une corvée et une servitude. Ce que nous apprend Alison Lurie à propos du couple, c’est sa lente désagrégation jusqu’à la ruine.

La ville de nulle part, Alison Lurie (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 01 Octobre 2026. , dans La Une Livres, Cette semaine, Les Livres, Recensions, Rivages poche, Roman, USA

La ville de nulle part, Alison Lurie, éd. Rivages poche, trad. Élisabeth Gille, 432 p., sept. 2026, 9,50€ Edition: Rivages poche

 

Sous le soleil, le désenchantement

Paul et Katherine Cattleman, deux bostoniens, emménagent à Los Angeles (la ville de nulle part), où « Toutes les maisons étaient en stuc, couleur de crèmes glacées : vanille, citron, framboise, orange ». L’on retrouve cet « amas de crème fouettée » sur la tête des starlettes, dégoulinant comme de la crème Chantilly. Deux styles de vie s’opposent (et se méconnaissent) entre les gens très riches aux habitations aux formes importées de tous les pays, les décors kitchs, sorte de Disneyland à ciel ouvert et, à l’inverse, ceux condamnés à « vivre dans des alignements de boîtes presque identiques, en brique ou en bois, comme autant de caisses de savons à sardines ». Tout est exubérant, démonstratif, dans l’immense métropole, clinquant, « une culture au sein de laquelle n’importe quel livre était l’équivalent de n’importe quel autre ».

Histoire de Sindbad le Marin, un conte des Mille et Une Nuits (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mercredi, 02 Septembre 2026. , dans La Une Livres, Cette semaine, Les Livres, Recensions, Contes, Pays arabes, Zulma

Histoire de Sindbad le Marin, un conte des Mille et Une Nuits, trad. J. C. Mardrus, 160 p., en librairie le 2 juillet 2026, éd. Zulma, 9,95€ Edition: Zulma

 

L’Histoire de Sindbad le Marin (racontée par Schahrazade entre la 290ème et la 316ème nuit), l’un des contes parmi les plus connus des Mille et Une Nuits, est un morceau d’anthologie. C’est par le récit d’« un homme appelé Sindbab le Portefaix (…) un homme pauvre de condition et qui avait coutume, pour gagner sa vie, de porter des charges sur sa tête », que Schahrazade débute son nouveau conte. Accablé de chaleur, Sindbab le Portefaix s’arrête devant la porte d’un riche marchand, et fait entendre son malheur sous forme d’un poème en vers improvisé. Le riche marchand, Sindbad le Marin, (sachant que Sindbad est un prénom porté par deux personnages différents), ému de ces doléances, l’invite à se rafraîchir en son opulente demeure.

Histoire de Dalila-la-Rouée, Les Mille et Une nuits (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mardi, 25 Août 2026. , dans La Une Livres, Cette semaine, Les Livres, Critiques, Contes, Pays arabes, Zulma

Histoire de Dalila-la-Rouée, 4ème volume du Livre des Mille et Une nuits, trad. J. C. Mardrus, 176 p., éd. Zulma, juin 2026, 9,95€ Edition: Zulma

 

Schahrazade et Dalila


Dans le khalifat de Bagdad, Schahrazade, entre la 432ème et la 475ème nuit, invente un nouveau conte pour éloigner la sentence de mort prononcé par son époux, le sultan Shariar, et se tait dès l’apparition de l’aube - et ce, durant mille et une nuits. Dans la vieille ville irakienne, Dalila, rompue à la rouerie, arrive à tromper le petit peuple, les marchands et les puissants. Les oppositions sont fortes entre les « gros émoluments », une « vieille redoutable » en haillons, « la jeune épouse de l’émir (…) si belle ! et brillante comme un vrai trésor de tous les bijoux dont elle était ornée, et lumineuse comme une coupole de cristal des blancs habits de neige dont elle était vêtue ».