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Articles taggés avec: Ceriset Parme

Soleils éclatés, Claire Vernisse (par Parme Ceriset)

Ecrit par Parme Ceriset , le Jeudi, 17 Juin 2021. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie

Soleils éclatés, Claire Vernisse, Éditions Le Lys bleu, février 2021, 96 pages, 11,50 euros

Ce recueil, dont l’illustration de couverture est une superbe création picturale d’Alain Added, est écrit dans un style poétique particulièrement original et tout en contrastes :

« Elle griffe la lumière / elle hurle de douceur ».

L’univers de Claire Vernisse est un mélange de rage de vivre et de délicatesse, et l’on se laisse porter par le bel élan qui se dégage des mots :

« Je cours / J’écorche mes bras aux branches (…)

J’avale le vent, je suis le vent / J’avale le ciel, je suis le ciel ».

L’auteure semble percevoir une menace qui plane sur sa sérénité :

« Alors j’avale le soleil (…)

Ils ouvriraient mon ventre pour tuer le soleil ».

Mais elle sait qu’elle vaincra :

« Ils n’auront pas ma faim ».

Clarté naissante, Francis Gonnet (par Parme Ceriset)

Ecrit par Parme Ceriset , le Mercredi, 12 Mai 2021. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Poésie, Editions du Cygne

Clarté naissante, Francis Gonnet, mars 2020, 54 pages, 10 € Edition: Editions du Cygne

 

« Clarté naissante »… Voilà un titre qui interpelle immédiatement le lecteur et l’on comprend que ce recueil va s’inscrire dans une réflexion existentielle. En effet, ces deux mots font écho à notre arrivée au monde, et naître à la clarté, c’est surgir des ténèbres. Chaque jour de notre vie peut être une renaissance. La question qui en découle est la suivante : après la mort, rejoint-on les ténèbres ou renaît-on à la clarté ? La poésie de Francis Gonnet répondra en partie à ces questionnements. D’ailleurs, la fin ne rejoint-elle pas le commencement, comme le suggère cet extrait de l’Apocalypse, cité par l’auteur en introduction, qui symbolise l’éternité ?

« Je suis l’alpha et l’oméga / le commencement et la fin » (Apocalypse 21.6)

Le recueil est scindé en trois parties : « Celui qui était », « Celui qui est », « Celui qui vient ».

Nuit celte, Land mer, Carmen Pennarun (par Parme Ceriset)

Ecrit par Parme Ceriset , le Jeudi, 06 Mai 2021. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie

Nuit celte, Land mer, Carmen Pennarun, éditions Stellamaris, poésie, 2016, 76 pages, 14 €

 

Dessine-moi un arbre…

Si ce recueil devait prendre vie, il aurait des racines et de majestueux branchages, comme le suggère la magnifique illustration de couverture (dessin de Charles L’Heureux).

Les mots de l’auteure, comme autant de gouttes de rosée, nous offrent une immersion vivifiante et méditative en plein cœur de l’Argoat, Bretagne intérieure boisée. Son approche contemplative de la nature, qui fait écho à la méditation taoïste avec son « tao de l’arbre », permet à l’âme humaine d’accéder à la spiritualité dans un rapport mystique au grand Tout et en particulier au monde végétal : « l’arbre offre ses ramures en prière ». Cette communion avec les éléments, cette osmose fraîche et parfumée gorgée d’embruns qui s’écoule comme la sève et l’eau des sources, est salutaire pour qui veut échapper aux ténèbres, car « nous empruntons des chemins de brume comme tremplins vers la lumière ».

Encabanée, Gabrielle Filteau-Chiba (par Parme Ceriset)

Ecrit par Parme Ceriset , le Jeudi, 11 Février 2021. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Récits, Le Mot et le Reste

Encabanée, Gabrielle Filteau-Chiba, janvier 2021, 120 pages, 13 € Edition: Le Mot et le Reste

 

Qui n’a jamais songé à s’éloigner pour quelque temps du monde, de la société de consommation souvent individualiste et matérialiste, afin de se retrouver en tête-à-tête avec l’immensité et avec soi-même ?

Comme le dit Sylvain Tesson dans son livre, Dans les forêts de Sibérie, « L’ermite nie la vocation de la civilisation, en constitue la critique vivante ».

Il y a parfois une tentative de se reconnecter à l’essentiel, de se retirer de l’enfer urbain où l’on ne prend jamais le temps de s’arrêter et de savourer l’instant présent.

En découvrant page après page ce récit particulièrement vivant que la narratrice d’Encabanée déroule à la manière d’un journal de bord quasi-quotidien, on ne peut s’empêcher de penser à cet extrait de Walden :

« Je m’en allais dans les bois parce que je voulais vivre sans hâte, vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie, mettre en déroute tout ce qui n’était pas la vie, pour ne pas découvrir, à l’heure de ma mort, que je n’avais pas vécu ».

Le lièvre invisible, Olivier Born, Michel Bouche (par Parme Ceriset)

Ecrit par Parme Ceriset , le Jeudi, 15 Octobre 2020. , dans La Une Livres, Critiques, Arts, Les Livres

Le lièvre invisible, Olivier Born, Michel Bouche, éd. La Salamandre, septembre 2020, 160 pages, 34 €

 

Croyez-vous aux voyages dans le temps ? Selon Maxime Chattam : « La machine à voyager dans le temps existe. C’est la magie. Et la magie existe bien. Dans les mots ».

Et c’est justement un voyage dans le temps que nous effectuons en suivant les auteurs, Olivier Born, photographe animalier, et Michel Bouche, naturaliste, sur les traces du « lièvre invisible », ce fantôme des neiges très difficile à observer en raison de ses capacités de camouflage (de livrée blanche en hiver et brune en été), cet animal légendaire du temps des mammouths également surnommé lièvre variable ou blanchon.

En effet, ce petit animal nocturne, silencieux, est un véritable « lièvre à remonter le temps » puisqu’il existait déjà quelques dizaines de milliers d’années en arrière au temps des glaciers du Quaternaire. Il est fascinant de se dire qu’il côtoyait des aurochs, des ours des cavernes, des tigres aux dents de sabre, mais aussi d’autres espèces existant encore de nos jours comme le tétras-lyre, le renard polaire, le lagopède.