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Le nouveau désordre numérique, Olivier Babeau (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Vendredi, 25 Septembre 2020. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais, Buchet-Chastel

Le nouveau désordre numérique, Olivier Babeau, septembre 2020, 272 pages, 19 € Edition: Buchet-Chastel

L’essai d’Olivier Babeau analyse les causes et les modalités de l’évolution/révolution numérique internationale, et de ce qu’on appelle couramment la « fracture numérique ».

Un constat s’impose de prime abord dans ce livre très documenté : « Il n’y a pas d’IA pour les pauvres, c’est un business de riches ». Les puissances de calcul requises pour collecter et traiter les « big data » ou développer l’intelligence artificielle sont trop importantes et nécessitent des moyens financiers colossaux. C’est vertigineux, car on passe de la modération si chère aux Grecs anciens à l’excès, du « rien de trop » au « toujours plus » des puissances financières.

Le Nouveau Désordre numérique se place tout d’abord du côté des entreprises, de la production et des GAFAM. Dans les années 1980, c’était les entreprises de production de pétrole qui tenaient le haut du marché mondial ; aujourd’hui, ce sont les GAFAM (acronyme pour Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft). Les profits colossaux de ces entreprises profitent à quelques élus hypercompétents en informatique, et reposent sur la sous-traitance, mal payée, mal considérée, à laquelle elles font appel :

Le goût de l’esprit français, Collectif (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Vendredi, 11 Septembre 2020. , dans La Une Livres, Anthologie, Critiques, Les Livres, Mercure de France

Le goût de l’esprit français, Collectif, textes choisis et présentés par Antoine Gavory, mars 2020, 126 pages, 8,20 € Edition: Gallimard

 

Une sélection de textes représentatifs de « l’esprit français », tel est le pari d’Antoine Gavory et du Mercure de France dans cette jolie petite collection intitulée « Le goût de… ». En trois parties et 31 textes, nous retrouvons la quintessence de ce qui fait l’esprit – au sens du « wit » anglais – des auteurs français, depuis Molière jusqu’à Jean Dutourd ou René de Obaldia, en passant par Georges Courteline et Jules Renard. Car la dimension de l’humour, de la dérision mais aussi d’un certain engagement est prégnante dans le parti-pris de l’auteur de cette sélection.

A côté de textes classiques exigeants, tirés de Dom Juan ou du Misanthrope de Molière, ou bien le monologue de Figaro de Beaumarchais ou la tirade des nez de Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, se trouvent des extraits d’auteurs exhumés du purgatoire des lettres, comme Antoine de Rivarol ou Anatole France. Un credo de Jean d’Ormesson sur la littérature et son goût des livres, issu de Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit, côtoie des nouvelles en trois lignes de Félix Fénéon, teintées « d’humour ou de coquinerie », transcrites de dépêche d’agence de presse et sélectionnées parmi les 1210 qu’il rédigea en deux ans au sein du journal Le Matin : « A Oyonnax, Mlle Cottet, 18 ans, a vitriolé M. Besnard, 25 ans. L’amour, naturellement ».

Apeirogon, Colum McCann (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Vendredi, 04 Septembre 2020. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Iles britanniques, Roman, Belfond

Apeirogon, traduit de l’anglais (Irlande) par Clément Baude, août 2020, 512 p., 23 euros . Ecrivain(s): Colum McCann Edition: Belfond

 

Un apeirogon est un polygone infini, à multipes facettes. Le roman de Colum McCann est, de la même façon, une construction très élaborée, en forme de boomerang ou de boustrophédon : des chapitres de longueur variable, allant de la phrase à la dizaine de pages, tels des versets ou des sourates, vont croissant de 1 à 500, avec un point d’orgue ou acmé à 1001, puis vont décroissant de 500 à 1. On pense à un retour temporel, à un parallèle existentiel, à l’Hyperion de Dan Simmons et à la course des pèlerins contre le temps.

On pense aussi à une fresque multifocale, extrêmement documentée, dans laquelle le lecteur est assailli d’informations à la fois tragiques et poétiques : ainsi, on apprend que « le terme mayday -apparu en Angleterre en 1923, mais dérivé du français « Venez m’aider »- est toujours répété trois fois, mayday, mayday, mayday. La répétition est vitale : dit une seule fois, le mot pourrait être mal interprété […] » ; de même, « le seelonce mayday, ou silence de détresse, est maintenu sur la fréquence radio jusqu’à ce que le signal de détresse soit terminé.

Le goût des animaux, Collectif, textes choisis et présentés par Brigit Bontour (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Lundi, 31 Août 2020. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Mercure de France, Essais

Le goût des animaux, Collectif, textes choisis et présentés par Brigit Bontour, juin 2020, 128 pages, 8 € Edition: Mercure de France

 

Ce petit ouvrage s’inscrit dans l’air du temps : voici un florilège de trente textes en faveur de la défense des animaux et de l’égalité entre les espèces, pour le bien-être animal et la préservation de la planète. Pour autant, Brigit Bontour privilégie le débat d’idées et n’a pas hésité à sélectionner des textes qui dévalorisent les animaux par rapport à l’homme (Descartes et l’animal-machine dans son Discours de la méthode), qui le présentent comme grotesque ou ridicule (Ysengrin dans Le Roman de Renart) ou qui font l’apologie d’une activité mettant l’animal en danger (Hemingway décrivant les scènes de corrida dans Le Soleil se lève aussi).

On sent bien néanmoins que les goûts de l’auteure la portent vers l’antispécisme, sur le modèle du récent texte d’Aymeric Caron (Antispéciste. Réconcilier l’humain, l’animal, la nature, Le Seuil, 2016-17), qui prône un animal à l’égal de l’homme, avec des droits (et des devoirs ?). D’autres défenseurs de la cause animale, tels la philosophe Elisabeth de Fontenay ou l’éthologue Boris Cyrulnik, sont également cités. Les auteurs qui n’auraient pas été présentés figurent dans la bibliographie succincte de la fin de l’ouvrage.

Sélection du Prix littéraire de la vocation, 2020, Fondation Marcel Bleustein-Blanchet pour la vocation @FdtVocation (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Dimanche, 23 Août 2020. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

 

Tout va me manquer, Juliette Adam, Fayard, juin 2020, 270 pages, 18 €

Qu’est-ce que l’amour à vingt ou vingt-cinq ans ? Telle pourrait être la problématique de ce roman de jeunesse.

Etienne est séduit et tombe amoureux. Chloé le repousse puis s’attache à lui, avec des hauts et des bas. Voilà, en gros, pour l’intrigue. A la plénitude de l’amour : « Plus besoin de regretter une destinée gâchée puisque son idéal était là, à ses côtés, à se trémousser en robe cache-cœur, à balancer sa tête de gauche à droite, agitant ses bras au-dessus de sa tête, Chloé était là, elle était sa solution », succède la désillusion : « Etienne rentra chez lui à toute vitesse, voulant agrandir la distance entre eux, se tenir loin d’elle, de cette fille, cette psychopathe qui le suivait dès le début ».