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Articles taggés avec: Wetzel Marc

Noir volcan, Cécile Coulon (par Marc Wetzel)

, le Vendredi, 28 Février 2020. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

Cécile COULON – Noir volcan – Le castor Astral, février 2020, 160 pages, 15 €

Une apparente psychologue de magazines, qui nous apprend à sortir définitivement d'eux :

 

« Personne n'est irremplaçable.

La mort vient mais elle n'emporte qu'un corps.

Le reste reste à sa place dans les maisons,

les caisses de vin dans la cave,

les tiroirs du secrétaire,

le reste reste

et bientôt on remplace le corps des morts par des croix,

des dessins,

des chansons. On recueille un chat, on se marie de nouveau,

on fait des mots croisés avec un autre partenaire. (…)

Ainsi parlait, Georges Bernanos (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Mardi, 08 Octobre 2019. , dans La Une Livres, Anthologie, Critiques, Les Livres, Essais, Arfuyen

Ainsi parlait, Georges Bernanos, Dits et maximes de vie choisis et présentés par Gérard Bocholier, août 2019, 152 pages, 14 € Edition: Arfuyen

 

Georges Bernanos (1888-1948) vomit la sagesse, « Il n’est rien de haïssable en l’homme que sa prétendue sagesse, le germe stérile, l’œuf de pierre que les vieillards se passent de génération en génération et qu’ils essaient d’échauffer tour à tour entre leurs cuisses glacées » (n°129), et voilà pourtant – admirablement composé par Gérard Bocholier – un authentique livre de sagesse, car l’effort de sagesse (nous le savons tous par ce qui également nous en sépare !) tient à la puissance de trouver la paix dans la vérité. Car la vérité ne laisse jamais spontanément en paix : elle divise les hommes (puisqu’elle est indifférente aux intérêts subjectifs et à leur conflit) et intimide l’homme (car elle révèle ce qui rend le réel tel, et tranche depuis sa souveraine clarté) ; inversement, la fausseté nous délivre illusoirement de la guerre, car elle distord ou dissimule ce qui pousse invinciblement l’homme à détruire l’homme. Les hommes mentent d’abord par peur du mal qu’ils font ou subissent. « On ne massacre jamais que par peur, la haine n’est qu’un alibi » (n°116).

Journal (1972-2018), Dieu, les autres, les femmes, la peinture, la vie enfin, Vincent Bioulès (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Mercredi, 25 Septembre 2019. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

Journal (1972-2018), Dieu, les autres, les femmes, la peinture, la vie enfin, Vincent Bioulès, éditions Méridianes, juin 2019, 464 pages, 27 €

 

Un des plus grands peintres français – dont la Rétrospective (Chemins de traverse, jusqu’au 6 octobre 2019) illumine actuellement le Musée Fabre de Montpellier – publie un « Journal » de peintre, bien sûr, mais aussi de musicien (accompli), d’homme fervent (catholique), de critique d’art (qui fait voir ce que d’autres ont tenté de montrer, et juge nettement leurs courage et justesse), en écrivain aigu et cohérent, franc et fin, rassemblant une partie des notes prises en quarante-sept ans de travail et vie. Car Vincent Bioulès est aussi un écrivain, libre et clair, comme y suffiront trois passages :

« Causé puis déjeuné avec le père Ephrem. Grande paix et accablement mêlés et la vie spirituelle si prolongée communiquant comme une sorte de distance à chaque parole. Pauvreté du lieu. Quelques papiers. La Somme théologique de saint Thomas, des bréviaires. Pendant que le père Ephrem me quitte un instant pour aller distribuer la Sainte Communion, j’écarte un rideau et découvre un cabinet de toilette : cuvette de W.-C., douche.

Ajours, Miron-C. Izakson (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Mardi, 27 Août 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Israël, Poésie

Ajours, Éditions Levant, 2019, trad. Michel Eckhard Elial, Gravure Denis Zimmermann, 58 pages . Ecrivain(s): Miron-C. Izakson

 

« Voici les choses qui retournent à notre premier corps.

Main dans la main elles s’apprennent maintenant,

nous redevenons de tendres cellules

qui n’ont pas encore décidé quel organe servir. (…)

Un cri profond,

le corps d’un homme dans celui d’une femme,

griffure et cascade de pleurs sur le front d’un enfant.

Un homme sur les épaules d’un autre homme

pour franchir ensemble le feu.

La bague aux 3 amours, Yvonne Leray, Loïc Collet (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Vendredi, 12 Juillet 2019. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

La bague aux 3 amours, Yvonne Leray, Loïc Collet, Les Editions Baudelaire, avril 2019, 166 pages, 14 €

 

Derrière ce titre à la fois fleur bleue et énigmatique, une bague montée d’un rubis (« à trois nervures serrées l’une contre l’autre ») offerte par un homme à une femme pour signifier, en effet, trois amours à faire (difficilement) vivre ensemble : pour le Christ, pour le prochain (pour le monde des autres, de tous les dignes et mortels), pour cet(te) autre enfin à qui l’on brûle de lier sa vie.

Un couple dans ce livre s’explique sur les raisons de s’être formé, et cherche étonnamment à juger son propre amour : fraternité partiale ? Complicité profanatrice ? Ferveur sortie de ses gonds ? On n’est pourtant pas du tout ici dans la psychologie familiale, ni la spiritualité fumeuse. On est ailleurs, depuis longtemps. Mais ailleurs dans la vie réelle, aussi bien dans la réalité de l’incompatibilité des vocations que dans le partage de la réalité des vies.