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Articles taggés avec: Mahdi Yasmina

Raymond La Taupe, Détective, Camilla Pintonato (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 18 Mars 2021. , dans La Une Livres, Seuil Jeunesse, Critiques, Les Livres, Jeunesse

Raymond La Taupe, Détective, Camilla Pintonato, février 2021, 48 pages, 11,90 € Edition: Seuil Jeunesse

Un joyeux détective fouisseur

Ce livre pour la jeunesse est illustré et écrit par Camilla Pintonato, née en Italie en 1991. Elle a étudié l’illustration et le graphisme à Milan et à Urbino, ainsi que le design textile. Le récit porte un titre intrigant, sachant qu’une taupe est un insectivore fouisseur, un mammifère presque aveugle. Ici, prénommé Raymond, à l’aide d’une loupe, le placentaire creuse, chasse, et de surcroît enquête tel un policier – un privé en l’occurrence. Raymond, monsieur taupe, est l’espion au service des justes causes et du démêlage des affaires obscures.

Bien entendu, conformément à l’espèce, Raymond vit en sous-sol, confortablement installé dans le ventre de la terre, dans un appartement aménagé au creux d’une galerie souterraine. Néanmoins, Raymond se languit et rêve d’autre chose, même s’il régale de ses talents culinaires ses cousins et compatriotes hérissons, mulots, lapins, écureuils, oiseaux – les habitants de la campagne et de la forêt. Les lectures vont entraîner monsieur Raymond à devenir détective. Son odorat, son intuition et sa perspicacité comptent parmi ses qualités principales. Il dessine aussi, et tente de créer un parfait portrait-robot afin d’éclaircir son enquête. Raymond le casanier se résout à sortir enfin de sa tanière pour des investigations de terrain.

Le chien, le lapin et la moto, Kate Hoefler, Sarah Jacoby (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 12 Mars 2021. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Jeunesse

Le chien, le lapin et la moto, Kate Hoefler, Sarah Jacoby, éditions des Éléphants, février 2021, trad. Ilona Meyer, 48 pages, 14 €

Road movie

C’est à quatre mains que cet album-jeunesse inédit a été conçu. Kate Hoefler, diplômée d’un Master de poésie à l’Université du Michigan et qui vit dans l’Ohio, et Sarah Jacoby, autrice et illustratrice, qui collabore au New York Times et vit à Philadelphie, ont confectionné ce précieux livre cartonné, au format de 28 x 23 cm, qui porte un titre intrigant : Le chien, le lapin et la moto. Sur la couverture, l’on y voit un chien fou et son passager lapin agrippé à son dos tracer la route à travers champs. Un grand arc-en-ciel bleu, jaune orange, mauve et rose s’élève de derrière le véhicule à deux roues, comme si la moto était magique, pot d’échappement-pinceau dévidant de la couleur.

En ouvrant le bloc des pages de garde, l’on pénètre dans un champ de blé mûr, à perte de vue, comme si l’on dormait à même le sol, champ qui deviendra printanier, vert tendre. C’est donc dans la vie de Lapin que nous entrons. Ici, le léporide est libre, possède de longues oreilles sensibles et une ouïe fine. Il est sans doute américain, du genre Sylvigalus. Lapin est anthropomorphisé, comme celui de John Tenniel des Aventures d’Alice, dont il est plus proche en comparaison de Bugs Bunny ou de Roger Rabbit

Tihya, La légende des papillons aux ailes déployées, Nadia Chafik (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 05 Mars 2021. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Maghreb, Roman

Tihya, La légende des papillons aux ailes déployées, Nadia Chafik, éditions Des femmes-Antoinette Fouque, février 2021, 396 pages, 18 €

Cavalière et guerrière

Dans La légende des papillons aux ailes déployées, roman au très beau titre, Nadia Chafik, née à Casablanca, titulaire d’un Master et d’un PhD de l’université de Montréal, enseignante à l’Université Mohammed V à Rabat, peint un tableau à la « Dhurmer ou Dutey » de la célèbre cavalière et guerrière Tihya/Dihya/Al-Kāhina (en arabe) – la Kahéna, reine juive, ou tout simplement une reine Berbère d’une grande beauté, d’une très grande intelligence et animée d’un immense courage. Une statue a été érigée à Benghaï pour perpétuer l’existence de cette femme exceptionnelle. Un puits porte son nom dans la région de Tébessa, Bir El Kahina, et à une vingtaine de kilomètres de la ville de Kenchela, des ruines sont désignées pour avoir été le palais de la Kahina. Elle régna sur plusieurs tribus berbères de l’Aurès, dont la sienne propre, celle des Djarawa, de 685 environ à 704 ou 705, et combattit les Omeyyades lors de la conquête musulmane. Elle fut tuée au combat. Les Berbères (Imazighen) forment un ensemble d’ethnies autochtones d’Afrique du Nord, ayant occupé un vaste territoire allant de l’Ouest de la vallée du Nil jusqu’à l’Atlantique et l’ensemble du Sahara.

Des ailes dans la nuit, Jane Yolen, John Schoenherr (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 25 Février 2021. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Jeunesse

Des ailes dans la nuit, Jane Yolen, John Schoenherr, éditions D’Eux, janvier 2021, trad. Christiane Duchesne, 32 pages, 13 €

 

Ode au Grand-duc

John Schoenherr, auteur de ce superbe album, Des ailes dans la nuit, est né en 1935 à New York, et décédé en 2010. Il a reçu la médaille Caldecott en 1988 et a été intronisé comme illustrateur en 2015 dans la Science Fiction and Fantasy Hall of Fame du Museum of Pop Culture.

Jane Yolen, née en 1939, également à New York, surnommée Andersen des États-Unis, a publié plus de 200 romans, et rédigé le texte de cette réédition de la maison canadienne D’Eux. Le thème nocturne est central dans cet ouvrage jeunesse d’une grande teneur esthétique, picturale et littéraire. Les première et deuxième de couverture annoncent une aventure crépusculaire, hivernale, comme l’indiquent les branches dépouillées de leurs feuilles.

Ce livre-jeunesse est très maniable, élégant, conçu au format de 20 x 27,5 centimètres.

Abdellah Taïa, Marocain, gay et musulman, Florentin Chif-Moncousin, Jean Leclercq (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 12 Février 2021. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais

Abdellah Taïa, Marocain, gay et musulman, Florentin Chif-Moncousin, Jean Leclercq, PUL (Presses Universitaires de Louvain), juin 2020, 158 pages, 16,50 €

Le roman contre la barbarie. Nous n’avons pas d’autres armes.

Mohamed Leftah

Du particularisme

Le titre de cette réunion d’articles universitaires, dédié au travail littéraire d’Abdellah Taïa (né le 8 août 1973 à Salé au Maroc, ayant soutenu une thèse en littérature française à la Sorbonne), Marocain, gay et musulman, reprend trois identités que Taïa décline, lors de son entretien avec Laurent Dehossay. L’auteur y livre son parcours de « pauvre », son enfance dans un Maroc bien loin de tout folklore, au sein d’un régime monarchique omniprésent. Son « coming-out (…) en janvier 2006 » et l’ensemble de ses propos en font une déclaration où son particularisme se manifeste. Il parle du « blocage (…) surtout dans la famille », dans un pays où les droits LGTB sont sujets de grandes batailles, de répressions féroces. Taïa pose la terrible question de l’exil : un « pays pour mourir, est-ce que c’est le Maroc ou la France ? ». L’entretien se poursuit avec Hassan Jarfi, père d’un fils assassiné victime de violences homophobes, en 2012.