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Articles taggés avec: Epsztein Pierrette

J’ai rendez-vous avec toi, Mon père de l’intérieur, Lorraine Fouchet (par Pierrette Epsztein)

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Mardi, 19 Mai 2020. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

J’ai rendez-vous avec toi, Mon père de l’intérieur, Lorraine Fouchet, Héloïse d’Ormesson, mars 2014, 272 pages, 19 €

 

L’ouvrage porte comme titre premier J’ai rendez-vous avec toi. Si Lorraine Fouchet a choisi comme sous-titre à son récit : Mon père de l’intérieur, c’est en effet à un rendez-vous post-mortem auquel l’auteur nous invite. Ce père célèbre, qui lui a faussé compagnie lorsqu’elle avait dix-sept ans, pour partir définitivement dans un pays où elle ne peut plus le rejoindre, elle va entreprendre un sacré périple pour s’offrir et offrir au lecteur une autre face, plus intime, plus secrète, plus cachée.

« T’écrire me fissure, mais bizarrement ça me répare. Je pivote sur mes axes en retombant sur mes pieds, façon Rubik’s Cube… J’ai commencé ton livre bleu, c’est très troublant, j’entends à nouveau ta voix comme si tu lisais tout haut par-dessus mon épaule ».

« Mon histoire/ c’est l’histoire d’un amour/ Ma complainte/ C’est la plainte de deux cœurs/ Un roman comme tant d’autres/ Qui pourrait être le vôtre… ».

Tout homme est une nuit, Lydie Salvayre (par Pierrette Epsztein)

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Jeudi, 26 Mars 2020. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

Tout homme est une nuit, Lydie Salvayre, Seuil, 2017, 256 pages, 18,50 €

 

Le roman de Lydie Salvayre, Tout homme est une nuit, commence par cette injonction rédhibitoire que le héros énonce : « Plus jamais !… Je n’y remettrai plus jamais les pieds ! ». Le récit peut alors commencer.

Un homme encore jeune apprend qu’il est atteint d’un cancer et qu’il risque de mourir. Dans un mouvement soudain et non prémédité, il décide de quitter son travail de professeur de français, sa vie de petit bourgeois, ses amis, son amour qui tangue, pour se réfugier dans un banal village du sud-est où il sera inconnu de tous. Il pense pouvoir « trouver le repos » et « convertir le désespoir… en œuvre littéraire ».

Mais à aucun moment, il ne peut imaginer que sa venue dans ce lieu va déclencher une foutue tempête chez les habitants.

Le chagrin d’aimer, Geneviève Brisac (par Pierrette Epsztein)

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Vendredi, 20 Mars 2020. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

Le chagrin d’aimer, Geneviève Brisac, Grasset, février 2018, 162 pages, 16 €

 

Dans Le chagrin d’aimer, Geneviève Brisac explore, avec finesse mais sans concession, les relations qu’elle a entretenues avec une mère équivoque et fantasque. On déroule les pages, comme on tournerait celles d’un album de famille.

Cet ouvrage met en lumière à quel point les rapports mère-fille sont très souvent d’une surprenante complexité. Ils oscillent fréquemment entre amour inconditionnel et rejet, entre agacement et attendrissement, entre exaspération et patience, entre fierté et honte, entre douceur et violence, entre rapprochement et abandon. Ce sont tous ces sentiments irrationnels que Geneviève Brisac sonde en se fiant à l’éclosion de sa mémoire, depuis son enfance jusqu’à la mort de sa mère.

Dans ce récit, Geneviève Brisac ne cherche nullement à nous égarer dans de longues digressions. Poussée par l’urgence du dire, elle nous plonge au cœur de ses émotions. Pour aller à l’essentiel, elle utilise une écriture sèche et nerveuse, ne se privant ni d’une langue triviale, parfois crue, ni d’une ironie cinglante.

Des routes, Carole Zalberg, Anne Gorouben (par Pierrette Epsztein)

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Mardi, 14 Janvier 2020. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

Des routes, Carole Zalberg, Anne Gorouben, Les éditions du Chemin de fer, novembre 2018, 72 pages, 14 €

 

Des routes, c’est l’histoire d’un été radieux. C’est le temps des vacances. C’est la joie d’une mère et d’une fillette insouciante qui jouissent du sable d’une plage chaude sous un soleil éclatant pour « fuir un quotidien lassant ou simplement pluvieux ». Et la mère rappelle à l’enfant : « C’était l’été des vacances sur cette île où tu te gavais de tomates et de melons, tu t’en souviens ? ».

C’est l’aventure d’un « petit caillou rouge » qui a beaucoup voyagé, perdu et retrouvé au fond « d’un tiroir à tout et n’importe quoi ».

C’est l’histoire « d’un trésor, C’est un bout de pays, un morceau de chemin. Moi, quand je l’écoute, je l’entends murmurer », dit la mère à sa fillette.

C’est l’histoire d’une petite fille fureteuse et réfléchie, étonnée de tout, posant sans cesse des questions dans un désir insatiable de comprendre, sensible à la moindre détresse.

Fils de MémoireS (par Pierrette Epsztein)

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Jeudi, 19 Décembre 2019. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

 

Pour faire naître un projet, un porteur de projet est indispensable. Cela commence par un désir irrépressible, ancré en soi, qui mûrit et prend forme d’abord dans une tête. Et puis un jour, vient le moment de sa mise en œuvre. Et là, il faut longuement réfléchir au comment, au pourquoi et avec qui le faire exister. Cela prend du temps. Mais quand on est tenace, opiniâtre, infatigable, comme l’est celle qui a porté cette noble idée de promouvoir la culture dans tous ses états, un jour la naissance advient. Et la personne dont je vais maintenant dévoiler le nom et qui possède toutes les qualités c’est Jeanne Orient. Il fallait être sacrément hardie en ces temps de relâchement du lien social pour ne jamais baisser les armes. Elle a commencé par des interviews avec des personnes dont elle admirait le travail, notamment lors du Festival Quartier du Livre qui se tenait à la mairie du cinquième arrondissement de Paris. Puis, elle a poursuivi avec ce dessein de créer l’évènement : Fils de MémoireS. Elle avait pour visée de réunir des auteurs autour d’un thème précis. Ce fil en est maintenant à sa troisième édition et se poursuivra à raison d’une rencontre mensuelle. J’ai assisté à la première qui s’est tenue au café de Flore et dont je suis revenue enthousiaste, vu la qualité des personnes participantes et la haute teneur des échanges. J’ai manqué la deuxième.